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COP23 : L'adaptation aux changements climatiques

 

LES COÛTS DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Dans le monde

Une récent rapport publié par le Government Accountability Office (GAO) des États-Unis révèle que les changements climatiques coûtent déjà des milliards de dollars aux contribuables américains chaque année (à raison de 350 milliards depuis 10 ans), et ces coûts ne feront qu'augmenter au fur et à mesure que se multiplieront les tempêtes, les inondations, les feux de forêt et les sécheresses au cours des prochaines décennies, atteignant possiblement 35 milliards US par année en 2050.

Le GIEC estime quant à lui les coûts d’un réchauffement global de 2 degrés de l’ordre de 0,2 à 2 % du PIB d’ici 2050, malgré la potentielle mise en place de fortes mesures d’adaptation, alors que pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le coût des dommages directs pour la santé se situe entre 2 et 4 milliards de dollars (US$) par an d’ici 2030.

Découvrez-en plus dans notre fiche
« Les changements climatiques coûtent cher et notre inaction augmente ces coûts »

Au Canada

Selon le Catastrophe Indices and Quantification (CatIQ), les dommages couverts pour 2016 dus aux graves intempéries au Canada ont atteint les 4,9 milliards $ – écrasant le précédent record annuel de 3,2 milliards $ établi en 2013.

Selon le récent rapport de la commissaire à l’environnement et au développement durable, le Canada n’est pas du tout prêt à faire face aux changements climatiques. David Normand, directeur au Bureau du vérificateur général du Canada, déclarait à cette occasion : « Parmi les 19 ministères et organismes fédéraux audités, on a constaté que seulement 5 gèrent leurs risques liés aux changements climatiques. Les autres ont pour la plupart reconnu que des mesures d’adaptation sont nécessaires, mais il y a peu d’actions concrètes. [Le] gouvernement n’a pas de vue d’ensemble des risques reliés aux changements climatiques qui l’affectent et donc n’est pas capable de prioriser des activités pour contrer les risques, ni de dire si ses programmes et services aux Canadiens sont prêts à faire face aux changements climatiques ».

Dans le monde

Des millions de personnes déplacées

Dans son rapport Shock Waves: Managing the Impacts of Climate Change on Poverty, la Banque mondiale évalue que 100 millions de personnes pourraient se retrouver en situation d’extrême pauvreté d’ici 2030 en raison des changements climatiques.

Selon un récent rapport d’Oxfam International sur les « déracinés par le changement climatique », les personnes vivant dans les pays les plus pauvres ont 5 fois plus de chances d’être déplacées à cause des événements météorologiques extrêmes. Sur la période 2008-2016, ce sont en moyenne 21,8 millions de personnes qui ont dû, chaque année, quitter leur cadre de vie et qu’il faut s’attendre à une révision à la hausse de ces chiffres.

II

Source : Oxfam International

Le « Lancet Countdown on health and climate Change » évalue quant à lui à un milliard le nombre de personnes qui pourraient migrer d’ici la fin du siècle, à cause du réchauffement climatique.

Des impacts sur l’agriculture et la santé

Un examen de l'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) a montré que dans les pays en développement, l'agriculture (cultures, élevage, pêche, aquaculture et foresterie) représentait 26 % de tous les dommages et pertes associés aux tempêtes et inondations de moyenne et grande ampleur.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le risque global de maladies liées à la chaleur ou de décès a augmenté régulièrement depuis 1980, avec environ 30 % de la population mondiale vivant maintenant dans des conditions climatiques qui produisent des vagues de chaleur extrêmes prolongées. Entre 2000 et 2016, le nombre de personnes vulnérables exposées aux vagues de chaleur a augmenté d'environ 125 millions.

Au Canada


Les dérèglements climatiques sont bien réels et le Canada commence à en ressentir lui aussi les effets (inondations, feux de forêts, vagues de chaleur, etc.).

La plus grande catastrophe naturelle de 2016 au pays, les incendies de Fort Mc Murray (qui viennent tout juste d’être éteints!), ont entraîné le déplacement de 90 000 personnes, détruit 2 400 résidences et autres bâtiments, en plus de perturber l’économie locale. À environ 3,5 milliards de dollars, il s’agit des pertes assurées les plus coûteuses de l’histoire du Canada – plus du double du montant de la précédente catastrophe naturelle la plus coûteuse enregistrée.

Des événements météorologiques extrêmes et des catastrophes naturelles continuent de survenir à travers le pays et de manière plus fréquente. Quelques-uns des événements les plus marquants de 2016 sont :

  • 23 au 26 mars, tempête de verglas dans le sud de l'Ontario (Fergus, Orangeville, Barrie, Newmarket)
  • 3 au19 mai, incendies de Fort McMurray  (Wood Buffalo, Fort McMurray)
  • 24 au 25 juin, tempêtes dans le nord de l'ontario et les Prairies (Saskatoon, West Hawk Lake, Killarney, Thunder Bay)
  • 28-30 juin, tempêtes dans les Prairies (Calgary, Edmonton, Okotoks, Southern Saskatchewan and Manitoba)
  • 8 juillet, tempêtes dans le sud de l'Ontario (Bradford, Markdale, London)
  • 8 au 11 juillet, tempêtes dans l'ouest du Canada (Edmonton, Calgary, Estevan, Southwestern Manitoba)
  • 15-16  juillet, tempêtes dans les Prairies Storms (Calgary, Swift Current)
  • 18 au 20 juillet, tempêtes dans le sud des Prairies (Medicine Hat, Outlook, Winnipeg)
  • 22 juillet, temête de grêle à Moose  (Moose Jaw)
  • 27 juillet, tempêtes au Québec et en Ontario (Toronto, Saguenay)
  • 30 juillet au 1er juillet, tempêtes dans les Prairies (Calgary, Airdrie, Fort McMurray, Yorkton, Melville, Winnipeg)
  • 28 au 30 septembre, inondations à Windsor (Windsor, LaSalle, Tecumseh)
  • 9 au 11 octobre, inondations dans l'Atlantique (Cape Breton Regional Municipality, the Connaigre Peninsula, the central region and south coast of the island portion of Newfoundland and Labrador)

Sans oublier les inondations majeures dans plusieurs régions du Québec au printemps 2017.


Financer l’adaptation aux changements climatiques 


Lors de la COP15 à Copenhague en 2009, il a été décidé de mobiliser 100 milliards $ par an pour la lutte contre les changements climatiques, jusqu’en 2025. Sur cette somme, le Canada a annoncé en 2015 une contribution de 2,65 milliards $ pour aider les pays en développement à gérer les effets des changements climatiques.

Assurer les mécanismes de financement pour aider les pays en développement sera l’un des grands enjeux de cette COP23.
 

STEVEN GUILBEAULT NOUS PARLE D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES :