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Entente historique entre la Chine et les États-Unis sur le climat?

Blog - Steven Guilbeault

Toute personne s'intéressant à la question du climat espérait ce moment depuis longtemps; une entente sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) des deux plus grands pollueurs de la planète.

Après tout, c'est en partie le manque de volonté de la Chine et des États-Unis qui avait fait de la conférence de Copenhague l'échec que l'on connaît.

Depuis ce moment, il est devenu clair que toute entente internationale ne serait possible que si les deux géants arrivaient à s'entendre sur un plan d'action.

Il semble bien que c'est ce qui est arrivé hier.

L'entente prévoit que les États-Unis devront réduire leurs émissions de 26 % à 28 % d'ici 2025 sous les niveaux de 2005 alors que la Chine s'engage à plafonner ses émissions d'ici 2030, et d'aller vers une pente descendante par la suite.

Dans le cas des États-Unis, il s'agit de passer de réductions annuelles de 1 % par année tel que prévu sous l'accord volontaire de Copenhague, à 2 % par année à partir de 2020.

Cela ne sera pas une mince affaire; l'élection de mi-mandat a augmenté la majorité des républicains à la Chambre des représentants et leur a donné la majorité au Sénat. À la Chambre haute, les républicains envisagent même de nommer le sénateur Jim Inhofe comme responsable des dossiers environnementaux, ce même sénateur qui a fait paraître un livre alléguant que les changements climatiques sont la plus grande arnaque du siècle... Cela en dit beaucoup non seulement sur le personnage, mais aussi sur le sérieux avec lequel les républicains traitent cet enjeu.

Quant à la Chine, malgré des défis colossaux (croissance économique, augmentation de la demande énergétique, urbanisation, etc.), le gouvernement central semble avoir fait de la lutte aux changements climatiques l'une des pierres angulaires du développement de l'empire du Milieu.

La protection du climat en tant que tel n'est peut-être pas la principale raison qui motive l'importance accordée à cette question autant que les problèmes de qualité de l'air qui sévit dans les grandes villes chinoises d'une part, mais également les gains économiques que tire la Chine de son virage vers les technologies plus propres.

Cette entente passe-t-elle le test de l'exigence scientifique en matière de réduction de GES? Pas si l'on se fie au dernier rapport du GIEC qui estime que l'ensemble des grands émetteurs planétaires devrait être sur une pente descendante en matière d'émissions de GES dès 2020 et même de 25 % à 40 % sous les niveaux de 1990, et non 2005, pour les pays industrialisés.

Cela étant, l'entente Chine/États-Unis sur le climat pourrait s'avérer historique dans la mesure où elle permettrait de redynamiser les négociations internationales sur le climat et déboucher, à Paris en 2015, sur une entente internationale encore plus ambitieuse.