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Équiterre appuie le projet de parc éolien du Massif du Sud

Équiterre s'est montré favorable à l'implantation du projet du parc éolien du Massif du Sud lors des audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) le 26 janvier dernier. Dans son mémoire, Équiterre a démontré que le projet s’inscrit dans la vision du développement des sources d’énergie renouvelable, de l’indépendance de la province aux énergies fossiles et de la lutte aux changements climatiques. Il a été aussi souligné que ce projet de parc éolien a été amélioré depuis sa création, entre autres pour réduire son impact sur l’habitat de la grive de Bicknell.

Par contre, l'organisme tient à souligner que ce projet doit se réaliser à la satisfaction et dans le respect des préoccupations citoyennes, que des efforts doivent être faits pour réduire au maximum l'impact sur la faune et la flore, et qu'un projet d'aire protégée doit être implanté dans la région. Le nombre d’éoliennes présentes dans l’habitat de la grive de Bicknell par exemple, devrait être réduit, voire même éliminé complètement, afin de ne pas affecter négativement cette espèce.

Précisions quant aux impacts du projet sur la Grive de Bicknell

L’énergie éolienne est une filière intéressante puisqu’elle est généralement reconnue comme ayant moins d’impacts négatifs sur l’environnement. Cependant, certains parcs éoliens peuvent engendrer des impacts négatifs significatifs, notamment sur l’avifaune. Le Regroupement QuébecOiseaux, qui s’intéresse à l’étude et à la protection des populations d’oiseaux, s’intéresse donc particulièrement au développement de cette ressource. En ce qui a trait au projet du Massif du Sud, notre principale préoccupation concerne la Grive de Bicknell, une espèce menacée pour laquelle le Québec a une responsabilité particulière puisqu’il abriterait environ 95 % de son habitat de reproduction dans le monde. Dans son mémoire, Équiterre dit soutenir le projet du Massif du Sud en considérant les efforts déployés pour réduire son impact sur l’habitat de cette espèce. Tout en reconnaissant le travail réalisé en ce sens par le promoteur, notre organisme tient à préciser que les prémisses de base avancées pour évaluer les impacts du projet sont erronées. En effet, dans son étude d’impact, le promoteur sous-estime grandement l’étendue de l’habitat de cet oiseau. À titre d’exemple seulement, mentionnons que 40 % des observations de grives répertoriées depuis 2006 ont été faites à l’extérieur de ce que le promoteur considère comme étant l’habitat qui devrait être préservé pour cette espèce… L’habitat qui sert à la reproduction est donc beaucoup plus vaste et nous avons utilisé une approche développée par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada afin de le délimiter plus adéquatement. Cette analyse révèle que ce sont 18 éoliennes, et non pas six, qui seront implantées dans l’habitat de la Grive de Bicknell. En réalité, les pertes d’habitat causées par la déforestation seraient sept fois plus importantes que celles rapportées par le promoteur. Et elles viennent s’ajouter à celles causées par les activités anthropiques existantes. Il est important de rappeler que le Massif du Sud est considéré comme l’un des trois plus importants sites de reproduction connus pour cet oiseau au Québec. En terminant, pour en connaître davantage sur les impacts appréhendés de ce parc éolien sur l’avifaune et plus particulièrement sur la Grive de Bicknell, nous vous invitons à consulter le mémoire que nous avons déposé dans le cadre des audiences publiques (http://bit.ly/fKXQdX).

Un projet imparfait certe, mais un projet amélioré et nécessaire

À travers son programme Choix de société, Équiterre prend position publiquement en faveur de la lutte aux changements climatiques par la réduction de la dépendance au pétrole et le développement d’énergies vertes. Le projet éolien du Massif du Sud s’intègre à cette vision. Équiterre a pris position dans ce projet controversé et reconnaît cependant que celui-ci, comme tout projet énergétique, demeure imparfait de par ses impacts environnementaux, ici en particulier par son chevauchement partiel avec l’habitat de la grive de Bicknell. Considérant la demande croissante d’électricité au Québec et dans l’est de l’Amérique du Nord, la nécessité d’opérer une transition des transports vers des énergies moins polluantes telles que l’électricité québécoise, les impacts croissants dans changements climatiques au Québec, les iniquités générées par ces impacts dans les pays en développement et le retard pris au Canada et dans le monde sur la lutte aux changements climatiques, Équiterre supporte les projets éoliens qui ont adoptées une démarche de développement durable et qui sont supportés localement. Pour Équiterre, le projet éolien du Massif du Sud a adopté une vision de développement durable avec son soucis de protection de l’environnement par les efforts du promoteur quant à l’habitat de la grive de Bicknell et à l’érosion, ses bénéfices sociaux par la création d'emplois, de bourses d'études et le financement d'organismes communautaires locaux et présente enfin une rentabilité financière intéressante (faible coût de 0,084$/ kWh) et une redistribution des redevances profitables aux MRC, municipalités et voisins du projets. Équiterre a décidé de son positionnement sur cette base, mais reçoit avec intérêt les préoccupations du Regroupement Québec Oiseau quant à la redéfinition de l’habitat de la Grive de Bicknell et de la mention d’un nombre plus important d’éoliennes dans celui-ci. Nous suivrons aussi de près les actions du promoteur pour réduire l’impact de son projet sur cet habitat. Dans son mémoire, Équiterre recommandait d’ailleurs que des efforts soient fait en ce sens, tel que le retrait ou le déplacement d’éoliennes et qu’une aire protégée suivant les catégories définies par l’UICN soit implantée sur les lieux.  

Parc éolien du Massif du sud

Dans l'optique de notre émancipation des énergies fossiles, Équiterre a bien raison de s'intéresser au développement éolien et d'en faire la promotion. Par contre l'organisme fait fausse route en appuyant le projet du Massif du sud ou tout autre projet qui se fera en zone habitée portant encore de vastes territoires "vierges", à caractères écologique et touristique importants et près de grands centres urbains. Au lieu de déboiser et cicatriser à tout jamais de nouveaux territoires, les compagnies d'éoliennes devraient plutôt être obligées par le gouvernement du Québec de récupérer des terrains déjà "aménagés" pour y implanter leur quincaillerie, comme par exemple les couloirs de lignes à haute tension d'Hydro-Québec. Elles devraient aussi s'installer en mer, loin des côtes... Les coûts d'exploitation seraient assurément plus élevés pour ces compagnies, vu l'éloignement et les défis techniques plus grands, mais la paix sociale en région et la perception de la population québécoise face à l'énergie éolienne en sortiraient gagnantes à coup sûr. Équiterre doit soutenir l'énergie éolienne, non pas en appuyant des projets du type de celui du Massif du sud, mais plutôt en faisant les pressions nécessaires auprès du gouvernement du Québec pour qu'il encadre adéquatement le développement de cette industrie, dans le respect de son territoire et de sa population.   

L'éolien, une énergie propre qui a ses contraintes

Comme c’est le cas pour tout projet énergétique, Équiterre reconnaît que le projet éolien du Massif du Sud impose certains impacts sociaux et environnementaux. Malheureusement, les projets éoliens, pour qu’ils soient viables, doivent offrir un coût par kWh qui soit compétitifs dans un marché québécois où les prix sont bas. Pour y arriver, les parcs doivent être établis dans un environnement venteux, à une proximité des réseaux de transport et des marchés de consommateurs. Ces conditions se trouvent donc près des régions habitées, avec toutes les contraintes de paysage et d’acceptabilité sociale qui s’imposent.

Parc éolien du Massif du Sud

J'ai le goût de dire: enfin un appui même à un projet d'énergie renouvelable! Il y a des réserves bien évidemment mais pas de fin systématique de non-recevoir. J'ai déjà mentionné que ce n'était pas facile d'aller de l'avant avec des projets de développement économique au Québec. Par contre, je suis d'accord avec la prudence a priori puisque, lorsque le train est en marche et que les milliards d'investissement entrent en jeu (référence sables bitumineux de l'Alberta) il est virtuellement impossible de faire marche arrière et toutes les justifications pour continuer sont bonnes, même les faussetés scientifiques et les demis-vérités. Nous finirons par trouver un équilibre gagnant-gagnant entre économie et environnement, pour le moment on se retrouve trop souvent dans une dynamique d'affrontement perdant-perdant!  

Notre choix

Merci pour votre commentaire éclairé. Les projets énergétiques ne se font pas sans impacts sociaux et environnementaux. C'est pourquoi ils doivent être évalués, ce que fait bien le BAPE, et être rejettés lorsqu'ils sont mal planifiés et innacceptables pour les citoyens. Plusieurs projets éoliens ont été rejettés pour cette raison. Par contre, certains ont le mérite d'avoir été améliorés, modifiés, intégrés aux communautés par leurs emplois ou la redistributions des bénéfices et ceux-là devraient être acceptés, sachant qu'ils ne se feront jamais sans traces. Les projets éoliens de ce type, lorsqu'ils sont mis dans le contexte de rareté grandissante des énergies fossiles, d'augmentation innévitable et rapide des prix du pétrole, de transition obligés de nos systèmes énergétiques vers les énergies propres et d'impacts grandissant des changements climatiques, deviennent alors beaucoup plus souhaitables.