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Le bio dans le sang !

Actu - Le bio dans le sang !

« Mes deux grands-parents étaient agriculteurs, je passais mes vacances là. J’avais aussi un oncle qui était à son compte et un autre qui a pris la relève de mon grand-père… Bref, j’ai toujours été prédestiné à faire ça ! », explique Jean-Philippe Poussard, jeune producteur agricole dans la vingtaine.

Après ses études secondaires, Jean-Philippe s’inscrit à l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA), à Saint-Hyacinthe, en production horticole. Il fait ses premières armes chez son oncle, en production de grain biologique, puis effectue deux autres stages sur des fermes de grande culture biologique (soja, blé, maïs et foin). Avec ces expériences en mains et 5 années passées sur une ferme de production d’haricots, Jean-Philippe sent qu’il connaît bien la musique. Il se lance en 2009, en achetant un parc à machinerie et loue des terres à Saint-Rémi dans la MRC de Jardin-de-Napierville en vue d’y faire de l’agriculture bio.

À l’hiver 2010, il rencontre Marielle Joanisse, sa complice et associée, dans un cours de français qu’il suit pour finir son diplôme d’études collégiales (DEC). « Elle étudiait en psychologie. Elle a tout de suite voulu embarquer dans mon projet de production agricole, mais à condition qu’on fasse de la production maraîchère ». Les deux jeunes producteurs se lancent dans l’aventure au printemps 2010, en produisant concombres, courgettes, haricots et aubergines bio pour les grossistes.

Cette expérience n’est toutefois pas à la hauteur de leurs attentes. Les grossistes se montrent extrêmement difficiles sur la conformité des légumes : « En bio, plus de légumes poussent croches : on jetait presque 50% de la récolte à certaines périodes de l’année ! Nous nous sommes adaptés, mais à l’automne, nous n’étions plus capables de vendre, car il y avait des surplus de Californie sur le marché et les grossistes trouvaient ça plus facile d’acheter d’eux que de nous ».

Une agriculture de proximité

Les deux jeunes décident donc de labourer leurs terres et appellent Mathieu Roy, Conseiller pour le réseau d’Agriculture soutenue par la communauté (ASC) d’Équiterre, pour qu’il évalue le potentiel de leur ferme en vue de devenir Fermiers de famille. « On voulait rester en production et surtout ne pas laisser tomber notre projet de devenir producteurs agricoles ».

Pour leur mise en marché, ils souhaitent surtout approvisionner les citoyens de la Vallée du Haut-St-Laurent. Avec le soutien de la Conférence régionale des élus (CRÉ) Vallée-du-Haut-Saint-Laurent, ils ont implanté l’an passé des points de chute en milieu de travail : Liberté et Assurance Larreau. Cette année, ils ont ajouté le point de chute de Cascades à Candiac. Ils ont aussi démarré un point de chute à la gare de train de banlieue de Sainte-Catherine, en partenariat avec l’Agence métropolitaine de transport (AMT). Leurs autres points de chute sont à Montréal.

Jean-Philippe est formel : « Dès la première année, on a tout de suite vu la différence. C’est bien plus encourageant de faire ce type d’agriculture, car malgré tous les obstacles, tu échanges avec les gens pour qui tu le fais, tu as un contact différent avec eux. Pour les consommateurs aussi c’est mieux : ils sont en lien avec le producteur et ne sont plus un numéro. Sur 120 acheteurs cette année-là, 118 ont dit que les légumes étaient beaux et bons et qu’ils allaient revenir ! Quand je travaillais avec les grossistes, j’avais seulement deux acheteurs et quand ils m’appelaient, ce n’était pas pour me dire de jolies choses », dit-il en riant.

En plus d’être heureux et prospères grâce aux 250 familles qui soutiennent leur production, que souhaitent-ils pour l’avenir ? « Notre objectif cette année est de desservir 350 partenaires (particuliers ou familles) et éventuellement de se rendre à 400, en tentant d’offrir des paniers bio le plus longtemps possible, dans le but un jour d’en livrer sur une base hebdomadaire à l’année. Nous souhaitons aussi que plus de gens achètent local et mangent des légumes frais et biologiques car beaucoup d’études le prouvent aujourd’hui, les pesticides ont des effets sur la santé humaine et en particulier sur les enfants de 0 à 10 ans, qui sont plus vulnérables ».

On leur souhaite de continuer à nous approvisionner en délicieux légumes exempts de pesticides encore longtemps… et à l’année !

Pour en savoir plus sur la ferme de Jean-Philippe et Marielle, à Saint-Rémi, visitez le : http://www.aupotagerdupaysan.com

Sur la photo: Jean-Philippe et Marielle de la ferme Au potager du paysan.

Ces propos ont été recueillis et rédigés dans le cadre d’un projet soutenu financièrement par la Conférence régionale des élus Vallée-du-Haut-Saint-Laurent et le Ministère de l’Agriculture, des pêcheries et de l’alimentation du Québec :