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Se détourner des énergies du passé

Actu SB ours

Deux ans après la tragédie de Lac-Mégantic chez nous, l’actualité entourant la pertinence d’entretenir un modèle économique axé sur les énergies fossiles demeure plus que jamais d’actualité. Les scientifiques, les gens d’affaires, les syndicats, les professionnels de la santé, les jeunes, les économistes et les décideurs du monde entier (et même le Pape François) joignent à présent leur voix à celle des écologistes pour encourager les gouvernements à se détourner des énergies fossiles et miser sur un modèle de développement durable.

Et vous, quel est l'enjeu environnemental qui vous préoccupe le plus et qui devrait être prioritaire durant la prochaine campagne électorale fédérale? Remplissez notre sondage à ce sujet.

Ce qu'en disent les scientifiques

Un nouveau rapport intitulé Health and climate change : policy responses to protect public health, publié le 23 juin dans la réputée revue scientifique médicale britannique The Lancet, portant sur les menaces des changements climatiques en lien avec la santé publique, établissait que : « les conséquences des changements climatiques pour une population mondiale de neuf milliards de personnes [à l’horizon 2050] risquent de saper les gains en santé et en développement des 50 dernières années ».

De leur côté, 100 scientifiques canadiens et américains demandaient publiquement au début juin un moratoire à l’expansion des sables bitumineux. Ceci sans compter les mises en garde périodiques du GIEC, qui démontraient clairement et pour la première fois, en 2013, que les activités humaines, notamment l’usage des énergies fossiles, ont conduit à une hausse exceptionnelle de la concentration des gaz à effet de serre, ce qui modifiait le climat à un rythme jamais observé par le passé.

Ce qu'en disent les politiciens

Les 22 et 23 juin dernier, les ministres de l’environnement des provinces réunis à Winnipeg ont renouvelé leur engagement à lutter contre les changements climatiques et formé un nouveau comité pour faciliter un engagement continu sur cette question.

À l’issue de leur Sommet de juin, les pays du G7 admettaient quant à eux l’urgence d’agir pour freiner les impacts des changements climatiques et fixaient une cible de réduction de 40 à 70 % des émissions de GES en 2050 par rapport au niveau de 2010, en ajoutant que nous devions nous affranchir des énergies fossiles d'ici la fin du siècle.

Ce qu'en disent les économistes

En juin, une nouvelle étude de la firme Mercer, Investing in a time of climate change, démontrait les impacts potentiels des changements climatiques sur l’investissement et que les investisseurs ne pouvaient plus supposer que la croissance économique demeurera largement dépendante d’un secteur énergétique alimenté par les énergies fossiles.

L’automne dernier, un rapport publié par la Global Commission on the Economy and Climate, intitulé Better Growth, Better Climate: The New Climate Economy — auquel ont notamment contribué 24 dirigeants de 19 pays issus du monde de la politique et des affaires — faisait quant à lui la démonstration que croissance économique et protection de l’environnement étaient conciliables et à un moindre coût.

De plus, au cours des derniers mois, les termes « désinvestissement » (indiquant un retrait des investisseurs des secteurs pétroliers, gaziers et charbonniers) et « décarbonisation » (« ensemble des mesures et techniques mises en place en vue de limiter l’utilisation des hydrocarbures comme sources d’énergie ») sont devenus monnaie courante dans le langage économique.

Deux leviers pour façonner un monde qui nous ressemble

Malgré tous ces signaux que le temps est venu d’entrer dans un modèle de développement axé sur le développement durable et les énergies renouvelables, nos élus poursuivent dans la voie des énergies fossiles, en approuvant le projet de renversement du flux du pipeline d’Enbridge, malgré de graves manquements de la compagnie aux règles de l’ONÉ et en demandant un BAPE (à rabais) sur le projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada. Au fédéral, l’engouement du gouvernement pour les projets de pipelines et de pétrole issu des sables bitumineux est un secret de polichinelle. Même chose pour l’engagement de ce gouvernement – le seul au monde à s’être retiré du protocole de Kyoto – envers la réduction des GES (avec la cible la plus faible du G7). Pire : selon une étude du Fonds monétaire international, les subventions publiques mondiales consacrées au secteur des énergies fossiles devraient dépasser les 5300 milliards de dollars en 2015.

L’engagement citoyen, doublé d’une volonté politique, sont les seuls véritables leviers permettant de bloquer des projets appartenant au passé, comme ce fut le cas pour le controversé projet Northern Gateway en Colombie-Britannique ou le projet Keystone aux États-Unis.

Si vous n'avez pas encore signé la pétition Non aux sables bitumineux!, il est encore temps!