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Un outil pour soutenir l’électrification des transports et inverser la tendance des gros véhicules énergivores

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Cet automne, Équiterre participe activement à 2 grandes consultations publiques qui seront déterminantes pour l’atteinte des cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES) du Québec, notamment pour le secteur des transports. La première concerne le contenu du futur plan Électrification et Changements Climatiques (PECC), et la deuxième, le financement de la Politique de mobilité durable (PMD) adopté l’an dernier.

Équiterre met entre autres de l’avant la nécessité de s’appuyer sur la stratégie Réduire-Transférer-Améliorer et nous proposerons des outils concrets pour y arriver.

2 tendances contre-productives : engouement pour les véhicules électriques et pour les vus à essence

À cet effet, nous nous penchons sur deux tendances présentement observées au Québec. D’un côté, nous constatons que l’engouement des Québécois pour les véhicules électriques ne cesse de croître, alors que les ventes de véhicules électriques rechargeables connaissent une hausse fulgurante depuis cinq ans et ont pratiquement doublé l’an dernier, explosant de 80 %. De l’autre côté, les réductions de gaz à effet de serre (GES) qui devraient s’observer par ce changement progressif dans le parc automobile sont complètement anéanties par la préférence marquée des consommateurs québécois envers les camions légers, tels que les véhicules utilitaires sports (VUS) et les camionnettes de type « Pick up ».

Dans les jours qui viennent, Équiterre proposera au gouvernement du Québec une mesure concrète pour s’attaquer de front à ce problème majeur, tout en permettant au Québec de générer des revenus afin de poursuivre ses efforts en électrification des véhicules personnels.

En voici un aperçu.

GES DU SECTEUR DES TRANSPORTS : DES VÉHICULES PLUS GROS ET PLUS ÉNERGIVORES DANS LE PARC AUTOMOBILE QUÉBÉCOIS

En matière de réduction des GES, le secteur des transports fait piètre figure comparativement aux autres secteurs de l’économie du Québec. Tandis que les émissions de GES totales ont diminué de 9,1 %, entre 1990 et 2016, celles du transport ont crû de 21,9 %. Cette hausse est dû au sous-secteur du transport routier qui a vu ses émissions croître de 52,3 % depuis 1990. La hausse du nombre de camions légers dans le parc automobile, dont les émissions de GES ont crû de 125 % durant la même période, en est grandement responsable, avec 29,6 % des émissions totales de GES du transport routier. À l'échelle mondiale, les VUS sont les 2e plus grand contributeurs de l'augmentation des émissions de GES après le secteur de l'énergie.

Une tendance inquiétante s’observe depuis quelques années au Québec. Bien que l’efficacité énergétique des véhicules se soit améliorée et que l’engouement pour les véhicules électriques ne fléchisse pas, le parc automobile du Québec, maintenant constitué à 36 % de camions légers (VUS, camionnettes et fourgonnettes), contribue à augmenter les GES du secteur des transports. Alors que les VUS ne formaient que 15 % du parc en 1990 il se vend depuis au Québec plus de camions légers que de voitures, et cette tendance ne semble pas s'essouffler (figure 1).

Évolution du nombre de camions et de voitures vendus au Québec, 1990-2018

Source : l’État de l’énergie du Québec 2019

HAUSSE DES VUS : UNE TENDANCE LOURDE DE CONSÉQUENCES

Cette tendance est lourde de conséquences pour l’économie, l’environnement et la santé publique. Comme ces véhicules consomment plus de carburant, ils émettent plus de GES. Les experts en santé publique s’inquiètent également des risques accrus sur la sécurité des autres utilisateurs de nos routes, plus vulnérables face à ces véhicules en cas de collision (piétons, cyclistes et conducteurs de véhicules plus petits).

APPUYER L’ÉLECTRIFICATION ET RENVERSER LA TENDANCE DE L’AUGMENTATION DES VÉHICULES ÉNERGIVORES

Afin de poursuivre cette lancée en électrification des transports, les incitatifs à l’achat doivent être maintenus encore quelques années, au moins jusqu’à ce que la parité des prix avec les véhicules à essence soit atteinte.

Mais cet engouement pour les véhicules électriques pèse lourd sur les finances publiques. En tenant compte de l’augmentation annuelle des ventes de véhicules électriques, le financement du programme Roulez vert devra être revu.

INSTAURATION D’UN OUTIL POUR SOUTENIR L’ÉLECTRIFICATION DES TRANSPORTS

Afin de contribuer à la réflexion entourant le financement de la Politique de mobilité durable, Équiterre a demandé à la firme Dameco de se pencher plus spécifiquement sur un outil qui permettrait à la fois de créer une source de revenu pour financer l’électrification des transports au Québec tout en agissant sur la tendance de l’augmentation des camions légers (VUS, « picks up », etc.).

Imposer une contribution à l’électrification sur les véhicules énergivores dont les revenus serviront à financer le programme de subventions à l’achat de véhicules zéro émissions rejoint cet objectif. Dans le jargon, cela est nommé un système de « redevance-remise ».

Actuellement, 2 frais (redevances) sont imposés aux propriétaires de véhicules énergivores. Le premier est un frais unique lors de l’immatriculation du véhicule neuf. Le deuxième est un frais annuel d’immatriculation, déterminé en fonction du nombre de cylindres du véhicule. Par exemple, l’acquéreur d’un véhicule parmi les plus polluants (cylindrée 7 et plus), paiera à l’acquisition un frais fixe de 205 $ et, annuellement, un frais d’immatriculation additionnel fixe de 385 $. Ces frais sont si bas qu’ils n’ont peu ou pas d’influence sur les choix des consommateurs.

Un tel système de remise-redevance permettra de générer des revenus qui serviront à accélérer l’électrification des transports et d’agir sur la tendance de l’augmentation des véhicules énergivores.

Restez à l’affût de la proposition d’Équiterre!