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Santé Humaine

La santé des enfants et les résidus de pesticides sur les fruits et les légumes

L’agriculture biologique interdit l’utilisation de pesticides et autres intrants chimiques, contrairement à l’agriculture conventionnelle. Conséquemment, en se nourrissant d’aliments non biologiques, notre assiette et celles de nos enfants regorgent de résidus de pesticides. Fait inquiétant, le taux de pesticides résiduels décelés dans les fruits et légumes vendus au Canada a plus que doublé entre 1994 et 1999.

Les humains utilisent les pesticides dans plusieurs activités : en agriculture conventionnelle (qui consomme environ 80 % des pesticides utilisés au Québec), dans l’entretien des pelouses, à l’intérieur des résidences, etc. Cette utilisation massive se traduit par la présence de pesticides partout dans l’environnement.

En effet, des recherches ont démontré que jusqu’à 80 % de la charge corporelle en pesticides des enfants est due à l’exposition alimentaire, c’est-à-dire que ces pesticides sont ingérés par les aliments consommés, donc davantage que les adultes en proportion de leur poids . L’alimentation est ainsi une source importante d’exposition aux pesticides.

Selon une étude publiée en 2002 par des chercheurs de l’Université de Washington, la consommation d’aliments biologiques est un moyen relativement simple pour les parents de réduire l’exposition de leurs enfants aux pesticides . En effet, les résultats démontrent que les enfants dont l’alimentation est essentiellement biologique (75 % ou plus de leur alimentation) sont significativement moins exposés aux pesticides que ceux dont l’alimentation est essentiellement conventionnelle (75 % et plus). Dans l’urine des enfants « bio », on retrouvait entre six et neuf fois moins de pesticides que dans celle des « non-bio ». Ces données suggèrent que la consommation de fruits et légumes biologiques peut réduire l’exposition des enfants à des niveaux négligeables, ne posant ainsi plus de risques significatifs à leur santé pendant cette période critique du développement .

Une autre étude portant sur 110 enfants de milieux urbains et semi-urbains témoigne de la présence de pesticides dans l’urine de tous les enfants échantillonnés, à l’exception d’un enfant dont les parents affirmaient n’acheter que des fruits et légumes biologiques.

Pour les nourrissons âgés entre 6 et 12 mois, la nourriture commerciale pour bébés est la source alimentaire la plus importante d’insecticides organophosphorés dangereux. Aux États-Unis, les aliments commerciaux pour bébés tels que le jus de pomme, les poires, la sauce aux pommes et les pêches (fruits ayant de hauts taux de pesticides résiduels) exposent environ 77 000 enfants tous les jours aux organophosphorés en des quantités supérieures aux normes acceptables . Lors du même recensement, on a découvert qu’entre 1,5 et 2 % des pommes, raisins, poires et 15% des pêches étaient tellement contaminés par les pesticides qu’un enfant moyen d’un an pesant 25 livres excéderait la dose sécuritaire de pesticides d’un adulte en ne mangeant que deux raisins ou trois bouchées de pommes ou 10 grammes de poires ou de pêches.

De plus, les pommes, fraises, cerises, framboises, épinards, poivrons, céleris, pommes de terre et piments forts cultivés en agriculture conventionnelle contiennent les plus grandes quantités résiduelles de pesticides. Choisir ces mêmes fruits et légumes en version biologique revêt donc une importance significative.

Une fois que les pesticides sont absorbés soit par voie orale (par l’eau, les aliments), par voie dermique (par l’eau, le sol et l’air) ou par inhalation (par l’air), les effets toxiques diffèrent selon l’âge des personnes. Les jeunes enfants et les nourrissons sont susceptibles de développer des symptômes de toxicité suivant une exposition à plus faible dose en raison de leur métabolisme plus rapide, des plus grandes superficies d’absorption de leur corps et de leur régime alimentaire constitué de nombreux aliments chargés de pesticides, comme des fruits et des légumes. Ceux-ci peuvent aussi développer des problèmes neurologiques, des troubles du comportement, des perturbations du système hormonal ou des cancers qui ne se retrouvent pas chez l’adulte en raison des périodes critiques d’exposition que représentent la période de grossesse et certaines phases de la croissance .

Des solutions de rechange existent pour protéger les enfants de ces menaces à leur santé. Il existe entre autres un projet pilote mené par Équiterre depuis octobre 2002, Garderie bio, qui facilite l’approvisionnement de cinq Centres de la petite enfance (CPE) de la région de Montréal en aliments biologiques et locaux produits par les fermes de l’ASC. Grâce à ce lien, les enfants s’alimentent en produits locaux et bio et les parents et intervenants sont informés des avantages de l’agriculture biologique québécoise.

Pour avoir plus de renseignements sur le projet Garderie bio, informez-vous auprès de votre Centre de la petite enfance participant. Si votre CPE ne participe pas au projet, mais est intéressé à en savoir plus, contactez Équiterre!

Rédaction : Josée Breton
Révision : Nadine Bachand et Sophie Caron
© Équiterre, juillet 2003

Les aliments issus de l’agriculture biologique et locale : pour la santé des enfants

Une tomate, mise avec amour dans la boîte à lunch de votre enfant, regorge de vitamines, de saveur et peut-être aussi de résidus de pesticides. Saviez-vous qu’au Québec, le plant d’où provient cette même tomate aura reçu en moyenne entre 7 et 12 traitements de pesticides avant la récolte? Malheureusement, la santé de nos enfants n’est pas épargnée par ces pratiques.

Les aliments issus de l’agriculture biologique et locale sont un bon choix pour la santé des enfants. Pourquoi? D’abord, parce que l’agriculture biologique interdit l’utilisation de pesticides et autres intrants chimiques, contrairement à l’agriculture industrielle. Conséquemment, en se nourrissant d’aliments non biologiques, des résidus de pesticides se retrouvent dans notre assiette et dans celle de nos enfants. Fait inquiétant, le taux de pesticides résiduels décelés dans les fruits et légumes vendus au Canada a plus que doublé entre 1994 et 1999 .

Qu’est-ce qu’un pesticide?
Toute substance chimique utilisée pour éliminer les parasites (insecticide, rodenticide, etc.), les mauvaises herbes (herbicides) ou les maladies des plantes (fongicides) est un pesticide. Ce dernier est un poison par définition. Ses impacts sur la santé humaine varient largement en fonction de ses composantes et du niveau d’exposition et de fragilité de chaque individu.

Comment les enfants y sont-ils exposés?
Les humains utilisent les pesticides dans plusieurs activités : en agriculture conventionnelle (qui consomme environ 80% des pesticides utilisés au Québec), pour l’entretien des pelouses, à l’intérieur des résidences, etc. Cette utilisation massive se traduit par une présence des pesticides dans tout l’environnement.

De plus, des recherches ont démontré que jusqu’à 80 % de la charge corporelle en pesticides des enfants est due à l’exposition alimentaire, donc davantage que les adultes en proportion de leur poids. L’alimentation est ainsi une source importante d’exposition aux pesticides.

Comment les pesticides affectent-ils la santé des enfants?
Plusieurs organisations internationales, comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), vont dans le même sens que les nombreuses études qui tendent à confirmer qu’il existe bien un lien entre l’exposition à long terme à certains pesticides et :

  • Une croissance et un développement anormaux ainsi qu’une défaillance dans l’acquisition des fonctions normales des organes;
  • Des perturbations du système endocrinien (hormonal). Certains pesticides, même à très faible dose, peuvent imiter ou bloquer l’action des hormones ou déclencher des manifestations hormonales qui peuvent causer, par exemple, la stérilité, un faible taux de fertilité masculine ainsi que le cancer du sein;
  • Des altérations lors du développement du système nerveux pouvant affecter les capacités intellectuelles et causer des anomalies du comportement;
  • Des cancers, incluant la leucémie, le sarcome, le lymphome et le cancer du cerveau chez les humains. Des études ont démontré que le risque de développer des cancers s’avère potentiellement plus grand si l’exposition à des carcinogènes débute dès l’enfance;
  • Un affaiblissement du système immunitaire, ce qui, chez les enfants, augmente les risques de contracter des maladies infectieuses ou de développer des cancers, augmentant ainsi le taux de mortalité.



La toxicité des pesticides diffère selon l’âge des personnes. Les jeunes enfants et les nourrissons sont susceptibles de développer des symptômes de toxicité suite à une exposition à plus faible dose en raison de leur métabolisme plus rapide, des plus grandes superficies d’absorption de leur corps et de leur régime alimentaire constitué de nombreux aliments chargés de pesticides, comme des fruits et des légumes. Ceux-ci peuvent aussi développer des problèmes neurologiques, des troubles du comportement, des perturbations du système hormonal ou des cancers qui ne se retrouvent pas chez l’adulte en raison des périodes critiques d’exposition que représentent la période de gestation et certaines phases de la croissance.

Ainsi, à la lumière de preuves évidentes, les pesticides chimiques sont nocifs pour notre environnement, notre santé, et encore davantage pour celle de nos enfants.

Que faire pour contribuer à la santé de nos enfants?
Utilisons les alternatives : penser global, manger bio et local!

La consommation d’aliments biologiques est un moyen relativement simple pour les parents de réduire l’exposition de leurs enfants aux pesticides.

En effet, une étude publiée en 2002 par des chercheurs de l’Université de Washington démontre que les enfants dont l’alimentation était essentiellement biologique (75 % ou plus de leur alimentation) étaient significativement moins exposés aux pesticides que les enfants dont l’alimentation était essentiellement conventionnelle (75 % et plus). Dans l’urine des enfants « bio », on retrouvait entre six et neuf fois moins de pesticides que dans celle des « non bio ». Ces données suggèrent que la consommation de fruits et légumes biologiques peut réduire l’exposition des enfants à des niveaux négligeables, ne posant ainsi plus de risques significatifs à leur santé, pendant cette période critique du développement.

Une autre étude portant sur 110 enfants de milieux urbains et semi-urbains témoigne de la présence de pesticides dans l’urine de tous les enfants échantillonnés, à l’exception d’un enfant dont les parents affirmaient n’acheter que des fruits et légumes biologiques.

Pour les nourrissons âgés entre 6 et 12 mois, la nourriture commerciale pour bébés est la source alimentaire la plus importante d’insecticides organophosphorés dangereux. Aux États-Unis, les aliments commerciaux pour bébés tels que le jus de pomme, les poires, la sauce aux pommes et les pêches (fruits ayant de hauts taux de pesticides résiduels) exposent environ 77 000 enfants tous les jours aux organophosphorés en des quantités supérieures aux normes acceptables. Lors du même recensement, on a découvert qu’entre 1,5 et 2 % des pommes, raisins, poires et 15% des pêches étaient tellement contaminés par les pesticides qu’un enfant moyen d’un an pesant 25 livres excéderait la dose sécuritaire de pesticides d’un adulte en ne mangeant que deux raisins ou trois bouchées de pommes ou 10 grammes de poires ou de pêches.

De plus, les pommes, fraises, cerises, framboises, épinards, poivrons, céleris, pommes de terre et piments forts cultivés en agriculture conventionnelle contiennent les plus grandes quantités résiduelles de pesticides. Choisir ces mêmes fruits et légumes en version biologique revêt donc une importance significative.

Saviez-vous que…
Les aliments bio contiennent plus d’ascorbate (vitamine C) et moins de nitrates . Lorsqu’ils sont ingérés, les nitrates peuvent être transformés en nitrosamines (nitrites) carcinogènes (cancérigènes). Le plus grand pourcentage de nitrates dans les aliments produits par l’agriculture conventionnelle est dû autant à l’emploi de fertilisants azotés (engrais) qu’à l’usage d’herbicides.

L’agriculture biologique québécoise
Les normes de l’agriculture biologique telles que définies et protégées par la Loi sur les appellations réservées interdisent l’usage d’organismes génétiquement modifiés (OGM), de pesticides, d’engrais chimiques, et dans le cas de l’élevage, d’hormones et d’antibiotiques pour stimuler la croissance des animaux.

Comment nourrir ses enfants d’aliments biologiques et locaux?
À Équiterre, nous travaillons depuis 1995 dans le but de rendre les aliments biologiques plus accessibles à tous, tout en soutenant des fermes biologiques du Québec. Les initiatives suivantes constituent des alternatives intéressantes pour les adultes désirant se procurer des aliments biologiques et locaux.

1. L’agriculture soutenue par la communauté : les « Paniers bio »
L’agriculture soutenue par la communauté (ASC) préconise le partenariat entre une ferme locale et des groupes de citoyens. Les consommateurs et les consommatrices deviennent partenaires d’une ferme en achetant à l’avance une part de la récolte à venir. La ferme nourrit ses partenaires et ces derniers soutiennent la ferme en partageant les risques et bénéfices pour la saison en cours. Des paniers de produits de saison sont ainsi livrés régulièrement aux partenaires à un point de chute de leur quartier, généralement pendant 20 semaines, de juillet à novembre.

Tout en créant des liens de solidarité entre la ville et la campagne, l’ASC favorise le développement d’un modèle alimentaire plus juste. L’ASC permet ainsi une plus grande accessibilité aux fruits et légumes bio. En effet, l’achat direct de la ferme permet d’obtenir les produits biologiques à des coûts qui sont généralement inférieurs à ceux des boutiques spécialisées.

Consultez la liste des fermes sur le site Web d’Équiterre www.equiterre.qc.ca/asc/listedesfermes ou appelez-nous pour recevoir la liste!

2. Bottin Équiterre : Où faire son épicerie bio?
Pour la deuxième année consécutive, Équiterre publie un bottin des endroits au Québec où l’on peut se procurer, au détail, des aliments certifiés biologiques, locaux et équitables. Ainsi, on peut retrouver, par région, une liste et une courte description des commerces et des fermes vendant des aliments biologiques et/ou équitables.

Vous pouvez le consulter sur le site Web d’Équiterre (www.equiterre.qc.ca) ou nous appeler pour en recevoir une copie gratuite!

3. Garderie bio
Garderie bio est un projet-pilote visant à faciliter l’approvisionnement des centres de la petite enfance (CPE) de la région de Montréal en aliments biologiques et locaux. Ainsi, en 2003, quatre CPE sont jumelés à quatre fermes de l’ASC. Grâce à ce lien, les enfants pourront s’alimenter en produits locaux et bio et les parents et intervenants seront informés des avantages de l’agriculture biologique québécoise. En participant à ce projet, les CPE permettent aux enfants de réduire leur consommation d’aliments issus de l’agriculture conventionnelle et agissent pour la protection de leur santé et des territoires nourriciers québécois.

Poussent, poussent, poussent, les bons bio légumes !

Ce document a été réalisé grâce à une contribution de Santé Canada.
Les opinions exprimées dans le présent document sont celles des auteurs et ne représentent pas nécessairement les points de vue officiels de Santé Canada.

 

Sources:
1. ACIA, 1999. dans Alanna Mitchell, “Level of Residue up on Canadian Produce.” The Globe and Mail. 24 mai.

2. National Research Council. 1993 Pesticides in the Diets of Infants and Children. National Academy Press, Washington DC dans Curl, C., Fenske, R., Elgethun, K. « Organophosphorus Pesticide Exposure of Urban and Suburban Pre-school Children with Organic and Conventional Diets. » Environmental Health Perspectives. October 2002. p. 18.

3. National Research Council. 1993 Pesticides in the Diets of Infants and Children. National Academy Press, Washington DC

4. « UNEP, UNCF, WHO, FAO, Childhood Pesticide Poisoning: Information for Advocacy and Action (draft), 2000; Mott, Lawrie et al., Our Children at Risk: The 5 Worst Environmental Threats to their Health. Natural Resource Defence Council, New York, 1997 » in UNICEF, WHO, UNEP. 2002 Children in the New Millennium.

5. National Research Council. Op.cit. p. 20

6. Chambres des communes du Canada. 2000. Comité permanent de l’environnement et du développement durable. Les pesticides : un choix judicieux s’impose pour protéger la santé de l’environnement. Mai 2000, p. 25.

7. Curl, C., Fenske, R., Elgethun, K. « Organophosphorus Pesticide Exposure of Urban and Suburban Pre-school Children with Organic and Conventional Diets. » Environmental Health Perspectives. October 2002

8. ibid. p. 7

9. Worthington, Virginia. 1998. « Effect of Agricultural Methods on Nutritional Quality: A Comparison of Organic with Conventional Crops. » Alternative Therapies in Health and Medecine. Vol. 4, no 1.

10. Équiterre. 2003. Statistiques du projet de veille sur les prix

 
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