|
|
|||
|
|
Agriculture écologique
S'informerTable des matières
Les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM)Les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) Un organisme transgénique, communément appelé « OGM », est un organisme vivant dont le génome a été modifié en lui insérant des gènes étrangers par manipulation en laboratoire. Par exemple, un grain ayant reçu du matériel génétique d’une espèce différente : arbre, poisson, porc, etc. Les humains pratiquent depuis longtemps déjà l’hybridation des plantes. La différence entre l’hybridation traditionnelle et la manipulation génétique moderne (transgénèse) est que la méthode traditionnelle par croisement se fait entre individus génétiquement proches, tandis que la manipulation génétique met en relation des espèces génétiquement éloignées. Par exemple, l’insertion d’un gène bactérien dans une plante. Une autre différence entre les transferts traditionnels et la mise en place d’OGM est la technique avec laquelle les gènes sont transférés, par intervention de l’homme. Les organismes transgéniques sont fabriqués depuis les années 1980. Au départ, les OGM sont fabriqués dans le but d’accroître la productivité des cultures. On rend certaines plantes résistantes à certains herbicides ou à des insectes, principalement. Il existe actuellement trois types d’OGM : 71 % d’entre eux peuvent absorber un désherbant sans en mourir, comme le soya tolérant au RoundUp (herbicide à spectre large qui tue toute vie végétale sur son passage, commercialisé par la compagnie Monsanto); 21 % sont des plantes qui synthétisent un insecticide, comme le maïs Bt qui tue la larve de la pyrale; enfin, 7 % combinent les deux derniers caractères, le 1% restant comprend les plantes résistantes aux maladies transmises par des virus ou des champignons. Malgré tout, les OGM de première génération n’en demeurent pas moins de véritables « pompes à pesticides » (Bourry : 2001). En effet, depuis l’apparition des OGM, les ventes d’herbicides, qui représentent 85 % des pesticides vendus, ont considérablement augmenté. Cela se produit parce que ces plantes résistent à l’herbicide; on peut donc pulvériser les herbes dont on veut se défaire ainsi que la culture que l’on a semée, sans danger d’abîmer cette dernière, ce qui facilite le désherbage au champ pour les agriculteurs. Au Canada, l’augmentation fut de 50 % où les cultures de colza (aussi appelé canola) génétiquement modifié sont très consommatrices d’herbicides. Pour ce qui est des insecticides, ils n’ont pas subi de diminution depuis l’apparition des OGM aux États-Unis. Il ne fait nul doute à présent que les OGM peuvent être dommageables pour l’environnement. Plusieurs scientifiques parlent de pollution génique en raison des transferts de gènes de résistance. Ces transferts se font surtout par le pollen des plantes transporté par le vent et par les insectes sur de longues distances. Les transferts de gènes de résistance peuvent avoir des effets pernicieux s’ils ont lieu vers des espèces sauvages apparentées, car il faudra entre autres utiliser des substances chimiques de plus en plus puissantes pour les éliminer. Les plantes modifiées génétiquement pour résister à un herbicide peuvent, par pollinisation croisée, devenir tolérantes à d’autres herbicides. Par exemple, en Alberta, on a observé une triple résistance à des herbicides chez un canola OGM tolérant au RoundUp (Lafond : 2001). Vraisemblablement, il a du s’agir du transfert de gènes par le pollen de plantes résistantes à d’autres herbicides. La pollution génique, ou pollinisation croisée, peut également avoir des conséquences sur les cultures biologiques. Par exemple, Lavern Affleck, un agriculteur canadien, a retrouvé dans son champ du soya transgénique alors qu’il n’en avait jamais planté, et ce problème touche des centaines d’agriculteurs biologiques. Quelque 950 producteurs de grains biologiques de la Saskatchewan estiment avoir subi des pertes de l’ordre de 14 millions de dollars à cause de l’introduction du canola transgénique (Bourgeois : 2003). Ils tentent maintenant d’organiser un recours collectif contre Monsanto et Aventis (Bayer). Avec les OGM, on risque également une diminution de la diversité au sein de l’espèce si le gène possède un avantage sélectif, car la sélection naturelle se chargera ensuite de rompre l’équilibre écologique. Ainsi, des « espèces disparaîtront à cause du renforcement de la compétition » (Lafond : 2002). Le risque environnemental est important sur le plan de la biodiversité. Par exemple, en 1999, une étude démontra que 44 % des papillons monarques qui mangeaient du maïs génétiquement modifié succombaient. Cette étude a été par la suite contestée quant à la rigueur des conditions d’études, mais démontre tout de même que des insectes ou divers organismes non visés pourraient être touchés par cette technique. Tout cela laisse croire à un groupe important de scientifiques que la prudence est de mise et que d’autres recherches doivent être conduites. Des recherches indépendantes (c’est-à-dire non réalisées par l’industrie) et à long terme, sur l’environnement et sur la santé humaine doivent être menées.
Saviez-vous que?
Sur la planète, en 1995, on cultivait 1 million d’hectares en OGM; en 1998, près de 30 millions d’hectares; en 1999, près de 40 millions d’hectares. Depuis 2000 (en raison de la mobilisation des consommateurs européens et des faibles rendements), on stagne à 41 millions d’hectares. Les OGM de seconde génération sont des organismes génétiquement modifiés dont le génome altéré peut posséder diverses propriétés pour la santé humaine. C’est le cas par exemple du riz doré, un riz transgénique enrichi en bêta-carotène (vitamine A). On nomme ce type d’OGM « alicament », car on prétend qu’il possède des vertus médicinales. Du fait de sa teneur plus élevée en bêta-carotène, le riz doré est proposé comme une solution aux régions où les gens souffrent de problèmes de vision attribuables à une carence en cette vitamine, notamment en Inde. Les OGM de seconde génération s’inscrivent dans une stratégie de communication de la part des firmes en biotechnologie. En créant des aliments comme le riz doré, les multinationales font la promotion de leur création en misant sur la moralité. Elles peuvent ainsi traiter de « criminel contre l’humanité » des groupes qui font pression contre les OGM. Par contre, les OGM comme le riz doré, selon plusieurs, ne régleront en rien les problèmes de malnutrition ou de carence en bêta-carotène des populations du tiers-monde, problèmes causés par un manque d’accès à une nourriture suffisante en matière de diversité, de qualité et de quantité. Par exemple, pour qu’un enfant intègre une dose quotidienne suffisante de vitamine A, il lui faudrait manger 3,7 kilogrammes de ce riz doré en une journée, ce qui constituerait un véritable tour de force. Le même enfant aurait son apport quotidien de vitamine A en mangeant deux carottes, un bol de riz et une mangue. De plus, le riz étant breveté, les paysans auraient donc à payer des redevances aux compagnies qui le leur fourniraient, ce qui risquerait d’entraver leur autonomie et leur sécurité alimentaire. Un enjeu important entourant la question des OGM est sans aucun doute celui de la propriété intellectuelle. En créant une semence transgénique et en la faisant breveter, la firme possède alors sur celle-ci les droits de propriété intellectuelle. En raison de ces droits, nous nous retrouvons à l’intérieur d’un système où les mêmes firmes réalisent les recherches, créent les semences, les vendent et fournissent les données sur leurs propres produits (Shiva : 2001). Ici, Agriculture et Agroalimentaire Canada et Santé Canada ne font pas eux-mêmes les recherches sur les semences transgéniques. Les données sont fournies par les firmes qui fabriquent les OGM et non par des chercheurs indépendants. On homologue une semence transgénique, si cette dernière possède un certain niveau de ressemblance avec la semence originale. C’est le principe d’équivalence substantielle. Les multinationales savent pertinemment que les OGM ne passent pas dans l’opinion publique. C’est une des raisons pour lesquelles les aliments qui en contiennent ne sont toujours pas étiquetés dans plusieurs États. À ce jour, aucune étude n’a pu conclure à l’innocuité des OGM tant du côté de l’environnement que de celui de la santé humaine. Pourtant, on estime que plus de 60 % des aliments transformés se retrouvant sur les tablettes de l’épicerie en contiennent sous la forme de lécithine de soya, de farine de maïs ou d’huile de soya ou de canola, par exemple. La stratégie des sociétés transnationales pour faire accepter les OGM dans l’opinion publique n’est pas de prouver qu’ils ne présentent aucun danger, mais de prétendre qu’ils sont une panacée aux problèmes de l’humanité (malnutrition, environnement). Or, rien n’est plus faux!
sources consultées Lafond, Serge. « OGM - Qu’en est-il du point de vue écologique? », Dossiers Organismes transgéniques, Centre d’agriculture biologique du Québec URL : http://www.cab.qc.ca Bourgeois, Rénald. « Grain biologique contaminé. La Terre de chez nous, vol. 73, no 48 janvier 2003. p. 25. Lafond, Serge. « OGM- Qu’en est-il du point de vue écologique? », Dossiers Organismes transgéniques , Centre d’agriculture biologique du Québec, 2002. URL : http://www.cab.qc.ca Shiva, Vandana. « Le terrorisme alimentaire : Comment les multinationales affament le Tiers-Monde. (traduit de l’anglais par Marcel Blanc) France : Éditions Fayard, 2001. 197 p. Québec. Conseil de la science et de la tehnologie. « OGM et alimentation humaine : impacts et enjeux pour le Québec. » Avis, Québec 2002, 178 p. Fortin, Christian et al. Institut nationale de santé publique du Québec. « Aliments génétiquement modifiés et santé publique », document synthèse, Québec, octobre 2001, 37 p. Sinai, Agnès. « Enquête sur une stratégie de communication : Comment
Monsanto vend les OGM », Le Monde Diplomatique, juillet 2001, p. 14-15. URL : Rédaction : Sophie Caron, Isabelle Joncas, Nadine Bachand |
||
| Contact | |||
| Accueil • Organisme • Outils d'action • Agriculture écologique • Transport écologique • Efficacité énergétique | |||