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Agriculture écologique

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Table des matières

 

Viande Biologique

Viande bio, viande heureuse! Les fermes d'élevage biologique

Les fables de La Fontaine, la ferme à Mathurin, la chèvre de monsieur Séguin… Chacun de nous, enfant, a été mis en contact avec l'imagerie champêtre de la ferme par des comptines, des histoires, des jouets. Lorsque nous pensons à la ferme, ce sont encore ces images de vaches broutant dans le pré qui nous viennent à l'esprit! Pourtant, les productions animales actuelles sont devenues de véritables usines à viande, à lait ou à œufs… L'agriculture industrielle a radicalement transformé nos campagnes.

L'agriculture biologique locale propose une autre vision. Innovatrice et moderne, elle invite à coexister harmonieusement avec la nature. Les élevages biologiques québécois respectent les besoins de chaque espèce animale et permettent à l'agriculteur d'exercer son métier de manière écologique.

Les productions biologiques de lait, d'œufs, de viande rouge et de volaille, n'utilisent aucun régulateur de croissance, antibiotique, hormone, agent de conservation, colorant ou additif artificiel. Voilà pourquoi les aliments biologiques sont plus sains et ont meilleur goût!

Soucieuse de l'environnement, l'agriculture biologique locale permet une régénération des écosystèmes, préserve l'équilibre des sols et des eaux et assure le bien-être des animaux. Elle offre aussi des perspectives intéressantes pour le développement socioéconomique des régions, car elle s'intègre bien dans les communautés rurales et établit un lien durable entre villes et campagnes.

Le bien-être des animaux
Les animaux d'élevage biologique peuvent se comporter naturellement: fouiner, picorer, mâchouiller, se rouler par terre, etc. Les normes de l'agriculture biologique garantissent le bien-être et favorisent naturellement la santé des animaux. Ceux-ci reçoivent une alimentation complètement biologique (sans pesticides, ni OGM) et font de l'exercice régulièrement. Ils ont aussi accès à l'extérieur et font partie d'un troupeau ayant une densité raisonnable. L'animal bio vit dans un environnement propre, bien ventilé et éclairé par la lumière du jour. L'accès à l'eau et à la nourriture est garanti. L'animal bio dispose aussi d'un espace suffisant pour se tenir debout, se coucher, se reposer, se nettoyer, s'étirer ou battre des ailes. Par exemple, la volaille ne peut être élevée en cage. En élevage conventionnel, les poules vivent entassées dans des cages et souvent sans aucune lumière naturelle. Comme les poules ont besoin de picorer, elles finissent par se picorer entre elles dans ces conditions. C'est pourquoi les poules conventionnelles se font le plus souvent amputer le bec… En agriculture biologique, la poule peut voir la lumière du jour, aller à l'extérieur pour battre des ailes, courir ou construire un nid et y pondre ses œufs!

La santé humaine
Pour être en bonne santé, les animaux ont besoin d'une saine alimentation, d'exercice et d'un environnement où le stress est réduit. L'agriculture biologique se préoccupe de la santé des bêtes et des gens. Aucun antibiotique ou médicament ne peut être mélangé à la nourriture du troupeau. Cette pratique courante dans l'industrie conventionnelle est d'ailleurs remise en question à cause de l'antibiorésistance (1), un problème jugé sérieux par l'ensemble des intervenants du secteur de la santé humaine et animale(2). Il semble que la production industrielle de viande ne peut tout simplement pas aller de pair avec des animaux en santé sans avoir recours aux médicaments. Les éleveurs conventionnels choisissent leurs bêtes en fonction de leur capacité à prendre du poids rapidement ou à produire plus d'œufs ou de lait. Ces animaux sont ensuite entassés pour rentabiliser l'espace au maximum. Étant nombreux et rapprochés, ils sont plus sensibles aux maladies. Sans médicaments préventifs dans ces conditions, ils tombent forcément malades.

En agriculture biologique, l'animal ne reçoit d'antibiotiques que s'il est vraiment malade et souffrant, mais en aucun cas pour accélérer la croissance ou pour prévenir les risques liés au confinement d'un trop grand nombre de bêtes dans un espace restreint. Un animal bio qui reçoit des antibiotiques ne peut être vendu sous appellation «biologique»et doit donc être écoulé sur le marché conventionnel. Pour prévenir les maladies, l'agriculteur biologique choisit des races plus rustiques et mieux adaptées, il réduit la densité du troupeau, isole les bêtes malades, prolonge la période d'allaitement naturel des nouveau-nés. Ces procédés favorisent le développement du système immunitaire et réduisent presque à néant le recours aux médicaments.

L'équilibre écologique
Le sol, l'air et l'eau sont des ressources naturelles indispensables à la vie sur terre. L'agriculture biologique prend soin de l'environnement et contribue donc directement à notre qualité de vie. La ferme biologique est diversifiée afin de préserver un équilibre entre les surfaces servant à la culture et le cheptel d'élevage. Cela évite, entre autres, les problèmes causés par les surplus de lisier. Les normes biologiques exigent des producteurs qu'ils gèrent les déjections animales de façon à ne pas dégrader le sol et l'eau. Pour ce faire, les agriculteurs optimisent le recyclage des nutriments et respectent les taux maximum que le sol est capable de supporter. Les normes prévoient également que le nombre d'animaux au pâturage demeure restreint pour éviter que le sol ne se dégrade. Dans la gestion des déjections, les agriculteurs biologiques optent pour des pratiques comme l'élevage sur litière solide et le compostage. On prévient ainsi la surfertilisation et le ruissellement vers les cours d'eau.

La certification
C'est le Conseil d'accréditation du Québec (CAQ) (3) qui encadre les organismes de certification biologique. L'appellation «biologique» est protégée par la loi sur les appellations réservées (Loi A-20.02). Acheter un produit biologique certifié offre une assurance de qualité supérieure. L'inspection des fermes se fait annuellement et de façon indépendante. Ce système de certification est avant-gardiste. En effet, dans un élevage biologique, tous les animaux doivent provenir d'entreprises certifiées et doivent être identifiés individuellement ou par groupes. Des registres des troupeaux étant maintenus, cela permet de suivre un animal de la naissance jusqu'à notre assiette! Ce système innovateur est d'ailleurs en cours d'implantation dans l'ensemble de l'industrie de la viande.

Pour la santé, l'environnement, le bien-être des animaux et des gens, préférez les aliments biologiques québécois!

 

Notes:
(1) «La résistance aux médicaments antimicrobiens est un problème sérieux au Canada et un peu partout dans le monde. Le problème, appelé souvent résistance aux antimicrobiens, met la vie en péril, coûte de l'argent et menace notre capacité de traiter les infections chez les humains et les animaux. La collectivité médicale au Canada reconnaît que les plus sérieux problèmes de résistance chez les humains sont attribuables à l'utilisation excessive d'antimicrobiens dans les remèdes administrables aux humains et dans les médicaments employés dans la production de nourriture destinée aux animaux.»

Résumé du Rapport final du Comité consultatif d'experts sur l'utilisation d'antimicrobiens chez les animaux et les conséquences pour la résistance et la santé humaine
Adresse URL : http://www.hc-sc.gc.ca/vetdrugs-medsvet/amr/f_backgrounder.html (page consultée le 29 oct. 2002)

(2) Prise de position de l'ACMV (Association canadienne des médecins vétérinaires), oct 1998 Adresse URL: http://www.veterinairesaucanada.net/statements.asp?num=2 (page consultée le 29 oct 2002)

A, Sayler, (Department of microbiology, University of Illinois) De quelle façon les écosystèmes humains et animaux sont-ils interreliés? Congrès sur le rôle de l'agriculture dans la gestion de la résistance antimicrobienne. Ministère de l'agriculture et de l'alimentation de l'Ontario

Adresse URL: http://www.gov.on.ca/OMAFRA/french/livestock/animalcare/amr/agenda.html (page consultée le 29 oct. 2002)

(3) Les normes biologiques énumérées dans ce texte ont toutes été tirées du Cahier VI: Normes biologiques de référence du Québec (Document du CAQ) Le Conseil d'accréditation du Québec et les programmes qu'il administre. Janvier 2001 (amendé en février 2002 35 pages)

 

 

Qu’est-ce que la viande biologique?

Les normes
Les normes biologiques de référence au Québec touchant les conditions d’élevages et la production animale comportent plusieurs aspects.

Les techniques d’élevage doivent tenir compte des besoins des animaux. Les animaux doivent donc pouvoir adopter le comportement qui leur est spécifique .Les producteurs doivent favoriser la santé et la longévité de l’animal .L’environnement dans lequel l’animal vit doit être conçu en fonction de ses besoins physiologiques et éthologiques. C’est-à-dire que l’animal doit pouvoir se déplacer dans un espace convenable, avoir de l’air frais et voir la lumière du jour.

Dans l’environnement ou l’animal est gardé, les planchers ne doivent pas être lattés ou grillagés pour lui éviter des blessures. L’élevage de lapins ou de volailles en cage est interdit. L’animal doit avoir accès à l’extérieur aussi longtemps que possible et avoir assez d’espace pour se tenir debout, se coucher, se reposer, se retourner, se nettoyer, s’étirer, battre des ailes… Il doit avoir accès à l’eau et à sa nourriture. Lorsqu’il va à l’extérieur, l’animal doit pouvoir être protégé contre le soleil, le vent et la température excessive. Le bâtiment ou est gardé l’animal doit être pourvu d’un bon système de ventilation. La durée du jour peut être artificiellement prolongée par la lumière, mais cette période ne peut excéder 16 heures et l’on doit fermer la lumière de manière graduelle.

En ce qui concerne le logement certaines conditions sont à respecter selon le type d’espèces en élevage. Ainsi, pour les bovins, une litière doit être disponible, le plancher doit être lisse, mais non glissant. Pour les truies, l’élevage doit se faire en groupe, sauf durant les derniers stades de la grossesse et d’allaitement ou la truie et les porcelets ont besoin de calme. Les porcelets ne peuvent être garder en cage, il doivent avoir accès à des aires d’exercice permettant le fouissage. Les volailles doivent pouvoir avoir accès à l’extérieur, à une litière de paille, de sable ou de copeaux. Des perchoirs et des aires de repos doivent toujours être disponibles, en nombre suffisant et d’une densité suffisante.

L’amputation de la queue, la castration, l’ablation des dents ou du bec sont habituellement interdits sauf s’il est nécessaire de le faire pour des raisons de sécurité,ou pour améliorer le bien-être des animaux. L’animal doit vivre dans un environnement sain pourvu d’une bonne ventilation et de matériaux non-toxiques . Il doit avoir la compagnie d’autres animaux de son espèce . En matière de sécurité, l’agriculteur doit connaître le plan d’évacuation en cas d’urgence. Les équipements doivent être désinfectés et nettoyés pour prévenir la contamination.

Pour atténuer les impacts de l’élevage sur l’environnement, le nombre d’animaux au pâturage doit être restreint. Les déjections animales doivent être gérés de façon à minimiser la dégradation du sol et de l’eau. Pour ce faire on optimise le recyclage des nutriments, on établit des taux maximum d’application de lisier ou de densité animale et on gère le fumier de manière solide. En effet, les méthodes et le moment d’application des fumiers ne doivent pas accroître le potentiel de ruissellement vers les étangs, rivières ou ruisseaux.

Pour la santé humaine et animale, les animaux ne mangent aucun aliment contenant des organismes génétiquement modifiés. Les régulateurs de croissance, agents de conservation synthétiques, colorants artificiels, sous-produits et déjections d’animaux sont interdits.

Les antibiotiques et les médicaments ne doivent pas être administrés dans les rations. Tout traitement aux antibiotiques ne devra être administré qu’en dernier recours, dans le but de ne pas infliger des souffrances inutiles aux animaux. Les traitements homéopathiques sont privilégiés aux antibiotiques . Plusieurs mesures sont prises pour assurer une résistance maximale aux maladies : une alimentation saine, de l’exercice régulier, un accès à l’extérieur et une densité d’élevage approprié.

Tous les animaux doivent être identifiés individuellement ou par groupe, des registres de troupeaux doivent être maintenu pour retrouver un animal et assurer une traçabilité adéquate de la ferme à l’assiette.

Au niveau du transport
Les animaux, sont transportés dans le calme pour leur éviter du stress et des souffrances physiques. Certains organismes peuvent déterminer une durée de transport maximale. L’éleveur de viande biologique n’utilise aucun stimulant électrique ou tranquilisant lors du transport des animaux.

Pour ce qui est de la transformation de la viande biologique, les additifs alimentaires sont réduit au maximum et les méthodes de transformation devront être mécaniques, physiques ou biologiques (exemple: fermentation, fumage). Les produits transformés ne doivent contenir; ni colorant, ni additifs de synthèse, ni arôme artificiel, ni préservatif ou irradiation, pour conserver leur saveur originale.

Tous les animaux d’élevage doivent provenir des entreprises certifiées et doivent être élevés selon les normes biologiques tout au long de leur vie.

En somme les principales caractéristiques pour l’élevage des animaux biologiques sont:

«Pas d’antibiotiques ni d’hormones de croissance: on fait plutôt usage de thérapeutiques alternatives, dont l’homéopathie;
Pas de farine animales dans la diète alimentaire, mais plutôt des aliments (fourrage par exemple) cultivés selon les normes biologiques sans OGM;
Pas de surpopulation animale dans des bâtiments fermés, mais des conditions de vie décentes comme de l’espace pour bouger, de la lumière solaire et de l’air frais;» (CAQ: 2003)
La certification
Il est parfois difficile de s’y retrouver lors de l’achat d’aliments biologiques. Premièrement l’appellation biologique sur les étiquettes peut inclure les mentions biologique, organique, écologique, biodynamique ou les diminutifs «éco» , «bio» etc. Vous pouvez trouver ces mentions sur le panneau principal des étiquettes, par exemple: "poulet biologique " ou bien dans la liste des ingrédients, par exemple: Quiche " oeufs biologiques, jambon biologique, lait, farine etc.) Ce qui rend ces mentions valides aux yeux de la loi, c’est le nom du certificateur. Ce nom doit toujours être inscrit de façon claire et lisible sur l’étiquette du produit. Le logo ne suffit pas, on doit également, selon la loi sur les appellations réservées, retrouver le nom du certificateur accrédité par le conseil d’accréditation du Québec .

Lorsqu’au Québec un individu achète un produit d’un producteur biologique reconnu par un organisme de certification du CAQ, il peut être assuré que le producteur s’est efforcé de respecter plusieurs normes et que par le fait même, il consomme un aliment de très grande qualité. En effet, l’inspection des fermes se fait annuellement et certaines inspections surprises peuvent être effectuées au besoin.

Les certificateurs accrédités par le CAQ, pour la production de produits biologique en sol québécois sont:

  • Garantie Bio, ICS/FVO (Farm Verified Organic)
  • OCIA Québec
  • OCPP/Pro-Cert
  • OCQV (Québec Vrai)
  • QAI Inc. (Quality Assurance International)

Dans le cas des produits biologiques qui proviennent de l’extérieur du Québec, leur organisme de certification doit, depuis le 1er janvier 2003, apparaître sur la liste publique des certificateurs reconnus conformes par le CAQ.

  • Argencert S.R.L (Argentine)
  • Autralian Certified Organic-Biological Farmers of Australia Co-op LTD (Australie)
  • Bio-inspecta (Suisse)
  • BCS Öko-Garantie GmbH (Allemagne)
  • California Certified Organic Farmers (États-Unis)
  • Consorzio Controllo Prodotti Biologici (Italie)
  • DIO-Inspection (Grèce)
  • Ecocert SA (France)
  • Hawaii Organic Farmers Association (États-Unis)
  • Instituto Biodinamico (Brésil)
  • Integra sprl, division Blik (Brésil)
  • International Certification Services ICS/FVO (États-Unis)
  • Instituto per la certificazione Etica e Ambientale ICEA (Italie)
  • Oregon Tilth Certified Organic OTCO (États-Unis)
  • Organic Certifiers (États-Unis)
  • Pennsylvania Certified Organic (États-Unis)
  • Quality Certification Service (QCS) Florida Certified Organic Grower & Consumers, Inc. FOG (États-Unis)
  • Skal International (Pays-Bas)
  • Stellar Certification services SCS (États-Unis)
  • Washington State Departement of Agriculture WSDA (États-Unis)

Pour plus d’information: Conseil d’accréditation du Québec.

 

Bien-être des animaux

Le sort d’un animal d’élevage est connu d’avance. Nous en sommes conscients. Mais est-ce une raison pour ne pas respecter sa vie. En élevage conventionnel, les animaux font face à plusieurs désagréments, sinon agression, tant sur le plan physique (mauvaise ambiance, rudesse du sol), social (isolement ou surentassement) que comportementale (impossibilité de réaliser certains comportements innés). Par exemple, au Québec 80% des producteurs laitiers gardent leurs vaches dans l’étable, car il serait trop complexe de les laisser aller au pâturage vu leur trop grand nombre et leur poids accru. Il en va de même pour les autres espèces animales comme les porcs et les poulets. Leur bien-être s’en trouve menacé.

La santé de l’animal gardé en cage devient fragile et son comportement bizarre. Une poule élevée en cage de batterie se trouve dans l’impossibilité d’ouvrir ses ailes, de picorer et de construire un nid. Elle en est réduite à mimer ce comportement. Le débecquage des poulets en élevage conventionnel est courant. Les agriculteurs le pratiquent pour que les volailles élevées dans les hangars ne se picorent pas entre elles. Tailler le bec aux volailles a des conséquences directes sur l’animal. Le bec est indispensable à la prise des grains, au toilettage et à la défense. Il joue également un rôle dans la sensibilité tactile de l’animal.

Saviez-vous que?

90% des oeufs proviennent de poules élevées en batterie.

Au Québec, la production qui génère le plus de revenus, après celle du lait, est la production porcine. Dans les bâtiments porcins, les truies sont enfermées dans des stalles métalliques ou elles peuvent difficilement bouger. Les truies demeurent presque toute leur vie enceinte. Après 3 ou 4 ans elles sont abattues, puisque quelles donnent de plus en plus naissance à des porcelets morts nés. Les truies sont fécondées de manière artificielle. On les loge dans de petites stalles collectives (5 à 6 truies par cases) ou bien (le plus souvent) dans des stalles individuelles. Elles éprouvent plusieurs problèmes au cours de la gestation, comme des problèmes de fécondation, d’avortement, de détérioration physique. Tout cela en raison du plancher grillagé (rares sont ceux qui possèdent une litière) et de la grande densité d’élevage. Les porcs d’engraissement sont confinés à des stalles collectives et sont engraissés durant vingt-six semaines avant de sortir pour l’abattoir. Certains porcs meurent avant d’être rendu à l’abattoir, lors du transport ou à l’encan en raison encore une fois du surentassement et de la chaleur qui y règne. Au Canada, environ 25% des porcs qui voient le jour n’atteignent pas le marché. Ces morts sont causées par les maladies, les parasites et l’insalubrité.

Plusieurs mutilations sont pratiquées sur les porcs. Les producteurs coupent la queue des porcelets, car ces derniers se mordillent entre eux et cela peut causer des infections. Les dents des porcs sont coupées environ cinq jours après leur naissance, pour éviter, qu’ils ne blessent leur mère et se mordent entre eux. On castre systématiquement les porcs, dans les élevages conventionnels. La castration est pratiquée, pour soi-disant améliorer le goût de la viande. Selon les scientifiques, la croyance qui veut que les porcelets souffrent moins de la castration que les plus âgés n’est pas justifiée. La castration des porcelets se fait sans anesthésie.

Saviez-vous que?

En moyenne chaque entreprise québécoise compte 200 truies et 1000 porcs en engraissement. 40% de la production porcine du Québec est exporté vers les États-Unis.

 

sources consultées
Newberry, Ruth.C. et al. Gestion des poules de réforme. Dossier Bien-être animal. In Cahiers Agriculture, vol.8, no6. pages 477-485 novembre et décembre 1999 Adresse URL: http://www.auf.org/revues/agri/6.99/dos6.htm
(page consultée le 14 janvier 2003)

Bishop, G.E. et al. Emplacement et conception des bâtiments porcins: l’élevage des porcs. Service de plans canadiens (PLAN M-3002) Gouvernement de l’Ontario. Adresse URL: http://www.cps.gov.on.ca/french/plans/f3000/3002L.pdf
(page consultée le 10 janvier 2003)

Veissiers. I. et al. Les méthodes d’appréciation du bien être des animaux d’élevage. In. Productions animales, Revue éditée par l’INRA 1999, INRA Prod. Anim., 12, 113-121. Adresse URL:
http://www.inra.fr/Internet/Produits/PA/an1999/num992/veissier/iv992.htm#chap2

Association PMAF (protection mondiale des animaux de ferme): branche française de la Compassion In World Farming (CIWF), qui existe depuis 1967 Adresse URL: http://www.PMAF.org

S. Megret et al.Rôles du bec chez les volailles. Conséquences du débecquage 1996, INRA Prod. Anim., 9 (2), 113-119 Adresse URL: http://www.inra.fr/Internet/Produits/PA/an1999/num992/veissier/iv992.htm#chap2

Aurélie Deléglise cyber science: la science et la technologie pour tous Castration rime avec souffrance12/11/2001. Adresse URL: http://www.cycbersciences.com/cyber/3.0/N2546.asp

 

La santé humaine

En agriculture conventionnelle, les médicaments vétérinaires sont utilisés pour essentiellement trois raisons; la thérapie préventive, la guérison des maladies et la stimulation de la croissance des animaux. L’utilisation massive de médicaments n’est pas sans conséquence pour la santé humaine. Il en résulte une résistance de plus en plus puissante aux antibiotiques et un affaiblissement du système immunitaire. La résistance aux antimicrobiens prend des proportions de crise en médecine humaine et l’usage massif des antibiotiques dans les élevages d’animaux domestiques, n’est plus contesté comme l’une des causes de ce phénomène. La quantité annuelle d’antibiotiques aurait plus que doublé au cours des 15 dernières années dans le secteur agroalimentaire.

Certaines hormones de croissance administrées aux animaux peuvent avoir des répercussions sérieuses pour nous. C’est le cas par exemple de l’estradiol-17b, interdit par l’Union Européenne, mais homologué par Santé Canada. Cette hormone possède un potentiel cancérigène pour l’humain. Le boeuf recevant ce médicament grossit entre 5 et 15% plus rapidement qu’un boeuf normal.

Saviez-vous que?

La moitié des antibiotiques fabriqués sur la planète sont destinés à accroître la rentabilité des élevages.

Les méthodes conventionnelles utilisées par l'agriculture industrielle sont basées sur l'usage des herbicides, insecticides, et fertilisants artificiels. On sait maintenant que ces méthodes limitent la présence dans les aliments de certains composants essentiels, tels que minéraux, oligo-éléments, vitamines, etc.

On a relié les pesticides utilisés en agriculture conventionnelle avec une augmentation des taux de tumeur au cerveau, de leucémie, de faiblesse intellectuelle, et plusieurs autres troubles. Des chercheurs ont trouvé que ces produits chimiques sont un danger tout spécialement pour les jeunes, à cause du fait que le corps et le système nerveux de l'enfant en développement sont bien plus sensibles à ces produits.

Les légumes de l'agriculture conventionnelle contiennent des quantités plus importantes de nitrates que les légumes issus de l'agriculture biologique. Ces nitrates se transforment en nitrites dans les voies digestives de l'être humain. Les nitrites se combinent avec les amines pour former des nitrosamines. On sait que les nitrosamines causent des cancers.

Saviez-vous que?

De 1994 à 1999, la quantité de pesticides retrouvés sur les fruits et légumes a plus que doublé.

Les allergies alimentaires sont en pleine expansion. Les symptômes et manifestations cliniques qui y sont associés sont de plus en plus graves et les aliments incriminés de plus en plus nombreux. Par ailleurs, l'apparition sur le marché des aliments issus des biotechnologies, vient encore augmenter la préoccupation des consommateurs et des pouvoirs publics. L'évaluation et la prévention du risque allergique sont devenues des enjeux majeurs de santé publique et les aliments génétiquement modifiés sont maintenant mis, par certains scientifiques, au banc des accusés.

 

sources consultées
Wal, J.-M. Les allergies alimentaires. Cahiers de nutrition et de diététique, Société française de nutrition.. vol.36 no 4. p.263-266 Adresse URL: http://www.e2med.com/recherches/index.cfm?&Random=85058&cfid=1312712&cftoken=18535899 (page consultée le 4 novembre 2002)

Le bio: meilleur ou moins mauvais pour la santé? IN le bulletin.com Adresse URL: http://www.lebulletin.com/actualite/0211/021104zg.cfm
(page consultée le 4 novembre 2002)

Nader, Tony (docteur) Review of Scientific Research on the Importance of Growing Food Organically In, France médicale.com Adresse URL: http://www.francemedicale.com/agribio_science.html
(page consultée le 4 novembre 2002)

Agriculture biologique versus agriculture chimique: la première manche au bio. (Condensé de l’étude Effect of agricultural methods on nutritional quality: a comparison of organic with conventional crops, de Virginia Worthinton, Ms, ScD, publiée dans Alternative Thérapies in Health and Medicine, vol 4, No 1, January 1998. Adresse URL du résumé: http://www.reseauproteus.net/signaler/1998021100.htm
(page consultée le 4 novembre 2002)

Rapport final du comité consultatif d’experts sur l’utilisation d’antimicrobiens chez les animaux et les conséquences pour la résistance humaine. Direction des médicaments vétérinaires, Gouvernement du Canada c2002. AdresseURL: http://www.hc-sc.gc.ca/vetdrugs-medsvet/amr/f_backgrounder.html (page consultée le 29 octobre 2002)

Catherine, Dubé. Le boeuf n’est pas dans son assiette. In. Magazine Québec science Adresse URL: http://www.cybersciences.com/cyber/4.0/2001/05/ogm_boeuf.asp
(page consultée le 29 octobre 2002)

Low. Donald E (Ph.D Mount Sinai Hospital). Quel est l’enjeu de la résistance aux antimicrobiens. In Congrès sur le rôle de l’agriculture dans la gestion de la résistance antimicrobienne. Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’Ontario. Adresse URL: http://www.gov.on.ca/OMAFRA/french/livestock/animalcare/amr/agenda.html
(page consultée le 29 octobre 2002)

Association canadienne des médecins vétérinaires. L’antibiorésistance:Position ACMV. Adresse URL: http://www.veterinairesaucanada.net/statements.asp?num=2

Catherine, Dubé. Le steak à la loupe. In. Magazine Québec science Adresse URL: http://www.cybersciences.com/cyber/4.0/2001/05/ogm_boeuf.asp
(page consultée le 29 octobre 2002)

Catherine, Dubé. Cheptel sous ordonnance. In. Magazine Québec science Adresse URL: http://www.cybersciences.com/cyber/4.0/2001/05/ogm_boeuf.asp
(page consultée le 29 octobre 2002)

Mitchell. Alanna. Pesticide residues on canadian produce doubles: report. In. Globe and Mail 24 mai 1999

 

Affiche Une vraie farce : les antibiotiques et les hormones de croissance

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Antibiotiques, hormones de croissance, pesticides et OGM. Avez-vous l'impression qu'on se moque de vous? Prenez le contrôle des aliments qui se retrouvent dans votre assiette. Renseignez-vous sur les avantages de l'agriculture biologique.

" Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es."
Brillat-Savarin

Les antibiotiques cités sur l’affiche
L’acide arsanilique, le chlorhydrate de chlortétracycline et la tylosine sont des antibiotiques utilisés en production porcine et en production de volailles pour stimuler la croissance des animaux, améliorer la conversion alimentaire, stimuler l’appétit de l’animal et prévenir les maladies entérite. Ces médicaments sont systématiquement mélangés aux rations animales. L’acronyme "ppm" signifie partie par million et est une mesure par laquelle Santé Canada calcule la concentration résiduelle d’antibiotique permise dans la viande une fois l’animal abattu. Ainsi, sur les tablettes d’épicerie, les muscles de porcs et de poulet pourront contenir jusqu’à 0,5 ppm d’acide arsanilique, 1,0 ppm de chlorhydrate de chlortétracycline et 0,2 ppm de tylosine. (Santé Canada : loi sur les aliments et drogues).

Les contrôles sur les viandes sont effectués par l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Elle s’assure que les taux de résidus ne dépassent pas les limites permises par Santé Canada. Par contre, le nombre de tests au Canada a beaucoup diminué depuis quelques années. Depuis 1997, il est passé de 104 000 par année à 39 000... sur 651 millions d’animaux abattus. (Québec Science mai 2001)

Pour les élevages d’animaux, les antibiotiques sont utilisés essentiellement pour trois raisons : prévenir les maladies, stimuler la croissance et traiter les maladies. En élevage porcin, 10% sont utilisés pour le traitement, 53% pour la prévention et 43% comme stimulateur de croissance. (Fédération des producteurs de porc du Québec : Table filière porcine)

La moitié de la production mondiale d’antibiotiques sont utilisés comme stimulateur de croissance et comme médicaments pour animaux dans l’agriculture. (Québec Science; mai 2001)

Santé Canada sait que l'utilisation de quatre antimicrobiens comme stimulateurs de croissance (la tylosine, la spiramycine, la bacitracine et la virginiamycine) chez les animaux de ferme destinés à l'alimentation humaine a été frappée d'interdiction par l'Union européenne. Ils sont par ailleurs encore permis ici. Par exemple, dans la loi sur les aliments et drogues, la limite maximale de résidus (en ppm) permise pour la tylosine est de 0,2 ppm. Ces stimulateurs de croissance antimicrobiens ont été interdits par la CEE en raison de leur similarité structurelle aux antimicrobiens utilisés en médecine humaine. (Direction des médicaments vétérinaires)

Six types d’hormones utilisés pour stimuler la croissance bovine ont également été interdits par l’Union européenne en raison de leur potentiel cancérigène, mais sont toujours tolérés et utilisés ici. Il s’agit de l’estradiol, la progestérone, la testostérone, le zéranole, l’acétate de trenbolone et l’acétate de mélengestrol. Un boeuf sous hormones grossit de 5% à 15% plus rapidement qu’un boeuf normal. Pour ce qui est des humains, ils présentent une sensibilité différente, face aux hormones, en fonction de leur âge. Un enfant sera plus sensible qu’un adulte, parce qu’il est en croissance.

 

Références:
Direction générale de la protection des consommateurs. Hormones :la protection prévaut. Consumer voice c2000/2 Adresse URL : http://europa.eu.int/comm/dgs/health_consumer/library/pub/cv/cv002/cv002-10_fr.html

Dubé, Catherine. Le steak à la loupe. IN Québec Science. mai 2001 p.21-24

Dubé, Catherine. Cheptel sous ordonnace. IN Québec Science. Mai 2001 p.25-26.

Fédération des producteurs de porcs du Québec. Table et filière porcine du Québec, : L’usage des médicaments. In. document de travail P.30

Santé Canada, Loi sur les aliments et drogues : Tableau III Drogues pour usage vétérinaire (janv. 2002) p. 209

Agence Canadienne d’inspection des aliments (produits animaux, santé des animaux et production) : section aliments du bétail. Adresse URL : http://www.inspection.gc.ca/francais/anima/feebet/feebetf.shtml (page consultée le 20 décembre 2002)

Direction des médicaments vétérinaires. La résistance aux antimicrobiens. Adresse URL : http://www.hc-sc.gc.ca/vetdrugs-medsvet/f_foire_aux_questions.html (page consultée le 20 décembre 2002)

 
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