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Bernard, Laurent et Alain Lemaire, les trois frères de Cascades

Blog - Sidney Ribaux

Le 26 mars 1964, un homme et ses garçons ont décidé de fonder une entreprise qui allait profondément changer leur communauté. Jusque là, l’entreprise familiale consistait à ramasser des déchets… Bon, «déchets» n’est plus le mot «politically correct» dans les cercles écolos, mais force est de reconnaître qu’à l’époque, c’est ainsi qu’on parlait du papier, du carton, du verre et du métal qu’ils récupéraient et qu’ils revendaient ici et là, parfois jusqu’aux États-Unis.

En 1964, cette famille entrepreneuriale décidait de faire d’une pierre deux coups: relancer le vieux moulin fermé de la ville dans le but de transformer eux-mêmes le papier récupéré en pâte. Il en manquerait peu pour qu’ils fassent le saut vers la fabrication de papier.

C’est ainsi que fut fondé Cascades. 50 ans plus tard, les trois frères Lemaire, Bernard, Laurent et Alain, s’impliquent encore dans l’entreprise même s’ils viennent tout juste de céder la direction de la multinationale à un p’tit nouveau, Mario Plourde, qui n’est avec Cascades que depuis 29 ans!

Cascades n’a jamais cessé d’innover, si bien qu’elle demeure encore aujourd’hui dans une classe à part. Il s’agit de la seule entreprise de pâtes et papiers qui ne mise pas en priorité sur la fibre vierge (donc la coupe d’arbres), mais plutôt sur le recyclage. Cascades s’occupe d’ailleurs encore de la cueillette de matières recyclables. Elle est première de classe pour la plupart des indicateurs environnementaux (consommation d’eau, énergie, gaz à effet de serre, etc.), et continue de se donner des objectifs pour s’améliorer. Les idées viennent d’ailleurs souvent des employés qui sont encouragés à proposer, innover et entreprendre.

Sur la plan social, les réalisations de Cascades sont grandes, mais j’en retiens deux: cette décision de Bernard, au tout début, de partager une partie des profits avec les employés. C’est quand même rare! Aussi, cette décision de conserver le siège social à Kingsey Falls, un village de 2000 âmes, alors que l’entreprise est présente sur deux continents et emploie aujourd’hui 12 000 personnes! Ils auraient pu vendre, ils auraient pu déménager, ils auraient sans doute ainsi pu faire encore plus d’argent. Mais ils sont restés.

Voilà trois hommes qui n’ont jamais oublié d’où ils venaient. Trois mots pour décrire ces trois frères: entrepreneurs, écologistes et engagés.

Lorsque j’ai rencontré Alain Lemaire pour la première fois, c’était pour lui demander un don pour construire la Maison du développement durable. À l’époque, nous n’avions pas d’argent et aucune expérience dans le domaine de la construction. Plusieurs ne croyaient pas au projet. Alain, lui, a dit oui tout de suite. Il a été un des premiers à soutenir le projet. Sans doute avait-il détecté un brin de «Cascadeur» en nous!

Au fil des ans, Cascades a souvent collaboré avec Équiterre, en étant tantôt un bailleur de fonds, tantôt un conseiller et parfois un allié pour demander des politiques publiques pro-environnement.

Il n’est pas surprenant que le seul point de livraison pour les paniers bio d’Équiterre à Kingsey Falls se trouve au siège social de Cascades.

Cascades est sans doute l’exemple québécois le plus probant du mariage entre développement économique, protection de l’environnement et engagement social. Il nous démontre que c’est faisable. Il inspire entrepreneurs et écologistes.

Le 29 avril dernier, Bernard, Laurent et Alain Lemaire ont été nommés membres honoraires d’Équiterre.

Messieurs, je suis persuadé que votre père serait fier de vous!

Pour suivre le blogue Maison du développement durable de Sidney Ribaux dans le journal Métro.