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Cachez ces déchets que je ne saurais voir

Un débat fait rage présentement dans la région de Drummondville et, malgré les apparences, il est très lié à ce qui se passe dans la région de Montréal.

C’est près de Drummondville que se trouve un des sites d’enfouissement les plus importants du Québec, site qui reçoit près des trois quarts des déchets de la région montréalaise.

La compagnie qui opère le site depuis plusieurs années, Waste Management, a demandé un permis afin d’agrandir le site existant, qui arrive à sa capacité maximale d’enfouissement.

Le BAPE s’est prononcé, du moins en partie, en faveur de la demande de la compagnie proposant au ministre de lui octroyer une partie seulement de l’augmentation demandée. La municipalité s’est prononcée en faveur du projet, mais, à l’occasion d’un référendum d’initiative populaire, les gens se sont prononcés à 62 % contre le projet. (Difficile de les blâmer; vous en voudriez, vous, d’un agrandissement de site d’enfouissement près de chez vous?) Vous voyez un peu le portrait.

Arrive en scène le ministre de l’Environnement, M. Yves-François Blanchet, qui doit jongler avec tous ces éléments puisque c’est à son ministère que revient le mandat d’octroyer un certificat d’autorisation pour que le projet puisse aller de l’avant. Je ne voudrais pas être dans ses souliers.

Le ministre n’est peut-être pas un fan de l’enfouissement, je n’en sais rien, mais s’il refuse le certificat à l’entreprise, il doit trouver un lieu qui pourra, au cours des prochains mois, accueillir plusieurs centaines de milliers de tonnes de déchets… Pas évident!

Une des solutions qui a été envisagée par certaines personnes au niveau local est d’octroyer une partie seulement de l’agrandissement et qu’une partie des déchets reçus soient «valorisés» pour en tirer de l’énergie. Le nom de l’entreprise qui peut le faire : Énerkem, une société dont j’ai déjà salué les accomplissements dans ces pages.

Ajouter Énerkem au casse-tête de Drummondville serait une très bonne chose à mon avis, même si ça ne règle pas tout. Sa technologie permettrait de créer de l’éthanol à partir des déchets et de réduire par le fait même notre dépendance au pétrole.

Le BAPE soulignait dans son rapport le fait que nous devons faire plus, beaucoup plus, pour réduire nos déchets à la source. Que dire de plus?

Chronique du Journal Métro