Skip to Content

De la Russie à la communauté métropolitaine de Montréal - Pour une nouvelle occupation du territoire

Depuis déjà plusieurs semaines, la Communauté métropolitaine de Montréal (Île de Montréal, Laval, Longueuil et les couronnes Nord et Sud) tient des consultations sur sa proposition d’un nouveau plan d’aménagement. C’est la première fois que la CMM, de son petit nom, tient ce genre d’exercice.

Certains intervenants ont grandement questionné la nécessité de s’adonner à ce genre d’exercice, alors que d’autres, tout en scandant les grands principes du développement durable, ont exigé de pouvoir continuer « à se développer » sous peine « d’étranglement économique »!

Je ne veux pas vous inonder de chiffres, mais je pense que ça vaut la peine de situer le débat :

  • Entre 1971 et 2006, alors que la population des régions métropolitaines augmentait de 62 % selon le recensement du Québec, leur superficie occupée augmentait de 261 % ;
  • Dans la région de Montréal, entre 2001 et 2006, 14 % des Montréalais de 25 à 44 ans ont quitté la ville centre pour s’installer en banlieue tandis que seulement 5 % des banlieusards faisaient le trajet inverse ;
  • Des études récentes effectuées dans la région de Toronto montrent que les habitants des banlieues à faible densité de population consomment 3,7 fois plus d’énergie pour se déplacer que les habitants des zones urbaines à plus forte densité ;
  • De 2001 à 2011, plus de 2000 hectares de nos meilleures terres agricoles ont été dézonés au profit de l’étalement urbain dans la seule région de Montréal.

Maintenant que la table est mise, j’aimerais vous amener en Russie à l’été de 2010. Vous me direz, « c'est quoi le rapport »? Quel est le lien entre la Russie et la protection du territoire au Québec? Je vous demande une petite profession de foi et de continuer à lire ce billet…

Donc, Russie, été 2010. Le pays vit ses pires feux de forêt, ou du moins certainement parmi les pires de l’histoire. On observe des centaines de feux de forêts partout au pays, à l’est comme à l’ouest, avec une grande concentration dans le sud du pays. La fumée dégagée par ces feux est tellement importante que l’on peut voir des photos de la Place rouge à Moscou recouvert d’un épais brouillard de fumée.

Les feux de forêt qui vont ravager le pays sont d’une telle importance que le gouvernement russe annonce, vers la fin de l’été, que le pays va cesser ses exportations de grains comme le blé. Or, comme la Russie est l’un des plus grands exportateurs de grains de la planète, vous pouvez imaginer ce qui s’est produit sur les marchés mondiaux ; les prix des denrées alimentaires issues de ces exportations ont explosé. Le prix du blé est passé de 4,50$ à près de 8 $ en l’espace de 6 mois !

Plusieurs experts affirment maintenant que l’ère de l’agriculture globalisée tire à sa fin et que nous allons revenir à une agriculture de plus en plus régionalisée. Comme je le disais lors de ma présentation lors des consultations de la CMM,  on se rend bien compte qu'il est de plus en plus important de protéger nos terres agricoles et mettre un frein à l’étalement urbain.

Je ne sais pas pour vous, mais moi ce qui m'importe dans le cadre de ce prochain plan d'aménagement et de développement, c'est surtout de savoir comment nous allons réussir à nourrir nos enfants dans les prochaines années. Et vous savez quoi? Je ne suis pas trop inquiet pour les promoteurs immobiliers. Ils sauront trouver des terrains autres que des terres agricoles pour répondre aux besoins de leur clientèle, des terrains en zone habitée, accessible par le transport en commun et près des services!