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Des nouvelles de la boursière Laure Waridel : un été en Bretagne pour étudier les sols

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Marie-Élise Samson, agronome de formation, est la lauréate de cette année de la bourse Laure Waridel. Elle tente de déterminer avec les leaders mondiaux les meilleures pratiques agricoles à mettre de l’avant pour stocker le carbone dans les sols agricoles, et lutter ainsi contre les changements climatiques.

Consultez son tout premier article de blogue et sa page sur le site web d'Équiterre.

STAGE EN BRETAGNE : RECHERCHE MULTIDISCIPLINAIRE ET COLLABORATION INTERNATIONALE


Bretagne, été 2018

Les sols sont des milieux vivants, riches et très complexes. Sous nos pieds se déroule constamment un ensemble de processus physiques, chimiques et microbiologiques encore très peu connus. La compréhension de ces processus pourrait nous permettre de promouvoir des pratiques agronomiques qui assurent la santé des sols et la souveraineté alimentaire de demain. Nous pourrions peut-être même trouver des façons de stocker du carbone atmosphérique dans les sols agricoles pour contribuer à contrer l’effet des changements climatiques! Pour y parvenir, les chercheurs de différentes disciplines doivent cependant s’unir pour tenter de percer les mystères encore non résolus des sols agricoles.

C’est dans cette optique que j’ai réalisé un stage de recherche à Agrocampus Ouest en Bretagne du mois de janvier au mois de juin 2018. Cela m’a permis de profiter de l’expertise renommée internationale des équipes de recherche françaises sur les sols agricoles et la modélisation des systèmes biologiques. La modélisation est un outil informatique qui permet de mieux prédire, grâce à des modèles mathématiques complexes, les effets qu’auront à long terme certaines pratiques agricoles sur le rendement des cultures et sur l’environnement. En plus de collaborer étroitement avec l’équipe de recherche sur place, j’ai pu participer à une foule de formations et présenter les résultats préliminaires du projet lors de trois conférences distinctes.


TRAVAILLER À FAIRE DE L’AGRICULTURE UNE SOLUTION PLUTÔT QU’UN PROBLÈME


Pendant mon absence cet hiver, les collègues d’Agriculture et Agroalimentaire Canada et de l’équipe de recherche de la Dre Anne Vanasse à l’Université Laval ont veillé à la préparation des parcelles expérimentales au champ. Grâce à leur travail minutieux, les parcelles de soya ont déjà fière allure et promettent de beaux résultats! Parallèlement aux manœuvres sur le terrain, les essais en laboratoire vont bon train. Avec l’équipe, nous tentons actuellement de développer une méthode expérimentale inédite qui pourrait nous permettre de mieux comprendre le rôle à jouer des microorganismes dans les fonctions agronomiques et environnementales des sols.

 

 

L’aspect novateur de nos recherches m’a permis d’obtenir au mois de mars la très prestigieuse bourse de recherche Vanier du Canada. Cela nous permettra d’investir le temps et les ressources nécessaires pour étayer davantage nos recherches. Les résultats préliminaires sont très prometteurs. Nous espérons qu’ils pourront nous permettre de faire un pas de plus vers la compréhension du fonctionnement des sols agricoles et le développement d’une agriculture porteuse de solutions sociales et environnementales.

DIFFUSER L’INFORMATION POUR CATALYSER LES CHANGEMENTS


D’ici la fin du mois, je soumettrai un premier article scientifique concernant l’effet des pratiques agricoles de conservation des sols sur le rendement des cultures de maïs grain, de blé et de soya dans un contexte pédoclimatique québécois. Les résultats vulgarisés seront présentés cet automne aux étudiants de l’institut de technologie agroalimentaire de la Pocatière, aux étudiants en agronomie de l’Université Laval et aux producteurs membres du groupe conseil agricole de la Côte-du-Sud.

La visibilité offerte au projet par l’annonce de la bourse Laure Waridel m’a également permis de développer une collaboration avec le groupe Régénération Canada dont la mission est de catalyser un changement systémique pour faciliter la régénération des sols à l’échelle du pays. Je collaborerai entre autres à la vulgarisation et à la valorisation de la littérature concernant la régénération des sols et j’aurai peut-être aussi l’occasion de présenter certains résultats du projet lors du Symposium Sols Vivants à l’automne 2019.

 

 

Le soutien d’Équiterre et de la Caisse d’Économie solidaire Desjardins me permet de me réaliser pleinement dans l’atteinte de mes objectifs de vulgarisation et de divulgation. Je me fais un devoir de sensibiliser les gens à l’importance sociale et environnementale des sols agricoles. Je tiens donc à remercier une fois de plus tous les membres pour leur soutien précieux. Je ne manquerai pas de vous redonner des nouvelles cet hiver et de vous partager les dates des éventuelles présentations de vulgarisation.

Un bel automne à tous et à très bientôt!

Marie-Élise Samson