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Du beurre et du sel, mais sans pesticides svp!

Blog - Sidney Ribaux

Imaginez un soleil chaud, une odeur de BBQ, vous êtes pieds nus sur le gazon, votre maillot de bain encore mouillé de votre dernière saucette et vous tenez une assiette avec un épi de maïs brûlant. Que prenez-vous sur votre blé d’Inde? Du beurre? Du sel?

Le blé d’Inde fait partie de notre tradition estivale. On l’associe à la fête, à la légèreté, au bonheur. C’est ce que les Anglais appellent du « comfort food ».

Peut-être ai-je la nostalgie de mon enfance à la frontière des Cantons de l’Est et de la Montérégie. Quand j’étais petit, je jouais à cache-cache dans les champs de blés d’Inde; ils étaient à un jet de pierre de notre maison. Ma mère habite toujours dans cette maison, mais lorsqu’on la visite, je ne laisse pas mes enfants aller jouer dans ces champs.

Je réalise aujourd’hui que le maïs est l’une des cultures pour lesquelles on utilise le plus de pesticides. Qui plus est, ces pesticides sont parmi les plus nocifs de la planète. Ils sont si nocifs qu’en Europe, ils sont pratiquement bannis.

Le mot pesticide le dit clairement : pest (insecte) cide (tuer). Il s’agit de produits chimiques qui tuent des herbes ou des insectes. Le problème est que ce qui est mauvais pour une plante ou une chenille, l’est souvent aussi pour un autre insecte, voire un oiseau ou un petit mammifère. Si un produit rend malades ces petites bestioles, il en fait souvent autant pour les humains.

Évidemment, tout est une question de dosage. Fumer une cigarette ne vous tuera pas. Fumer plusieurs cigarettes, chaque jour, pendant des années, risque de vous rendre malade. En fait, cela risque de vous tuer.

C’est la même chose pour les pesticides. Généralement, on utilise un dosage qui pourra tuer les bestioles visées sans pour autant nous rendre malades sur le champ. Le problème est l’exposition répétée à ces produits.

Je pense aux agriculteurs et à leurs enfants qui sont aux premières loges de cette guerre contre les (mauvaises) herbes et les insectes. Les pesticides qui ont déjà été bannis, l’ont souvent été après que des chercheurs aient fait le lien avec des cancers beaucoup plus fréquents chez les travailleurs agricoles. Évidemment, on ne ressort pas du champ de maïs avec le cancer du jour au lendemain, et les études qui réussissent à établir ces corrélations prennent des années, parfois même des décennies à réaliser.

En Europe, on a décidé d’adopter une approche préventive : dès qu’il y a quelques études et qu’on soupçonne un risque, on impose un moratoire. Au Canada, on autorise le produit sans avoir toute la preuve et même lorsque des études démontrent un risque, on laisse les entreprises continuer de les vendre en attendant d’autres études… de l’industrie!

J’ai énormément de respect pour le travail d’agriculteur. Ils nous nourrissent. Ils façonnent le paysage de nos campagnes. Les pesticides ne sont pas leur choix. C’est souvent un produit imposé par une industrie qui contrôle la recherche et qui impose ses règlements.

Du beurre? Oui. Du sel? Oui. Mais pas de pesticides, SVP!

Cet été, je vous recommande fortement de consommer du blé d’Inde biologique. Je vous propose aussi de faire comme 11 000 autres personnes l’ont déjà fait et d’écrire au premier ministre Couillard pour lui demander d’interdire les pesticides dangereux pour la santé et l’environnement en cliquant ICI.

Bon été!

Pour suivre la chronique Maison du développement durable de Sidney Ribaux dans le journal Métro.

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