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Le rôle d’Hydro-Québec

Blog - Steven Guilbeault

La demande de hausse de tarifs d’Hydro-Québec auprès de la Régie de l’énergie soulève depuis plusieurs jours les passions. Je me suis abondamment prononcé sur le fait suivant: je crois que notre société d’État coupe les coins ronds en faisant porter l’odieux de cette hausse aux achats d’énergie éolienne. Ce que je vous propose, c’est de regarder de plus près le rôle d’Hydro-Québec.

Pour certains – et je ne cherche en aucune façon à les dénigrer –, le rôle d’Hydro-Québec est d’abord de s’assurer de satisfaire les besoins en électricité du Québec au moindre coût possible. Cette position est défendue d’une part par les groupes de protection des consommateurs, et, d’autre part, par les industriels qui voient dans toute hausse une atteinte à leur compétitivité.

Pour l’État, Hydro est devenue une vache à lait, une machine à imprimer de l’argent, et toutes les raisons sont bonnes pour maximiser les profits puisqu’une grande partie de ceux-ci retourne à l’actionnaire, soit le gouvernement du Québec.

Je me permets de rappeler, à ceux qui prétendent qu’Hydro est au bord du gouffre financier à cause de l’éolien, des surplus ou de je ne sais trop quoi, que les dividendes versés par la société d’État au gouvernement en 2013 était de 2,2G$ (ce même dividende n’était que de 645M$ en 2012).

Il y a ensuite ceux, dont je fais partie, qui croient que notre société d’État a un rôle important à jouer dans notre économie et que ce rôle peut parfois se traduire par des choix qui ne résultent pas nécessairement dans des tarifs plus bas pour les uns ou dans la maximisation des profits pour les autres.

Je constate qu’historiquement le développement et la vitalité de plusieurs régions du Québec ont été liés à notre société d’État. Pour aider à l’émergence de filières prometteuses comme l’éolien et l’électrification des transports, plusieurs des choix qui ont été faits au cours des dernières années se justifient pleinement.

Pour les consommateurs à faible revenu, je propose d’aller encore plus loin avec les programmes d’efficacité énergétique de façon à réduire, voire à éliminer l’impact des hausses de tarifs, ce qui est très réalisable. Aux adeptes du profit maximal, je propose de regarder l’ensemble des retombées des activités d’Hydro avant de crier au loup quant à l’éolien ou à l’électrification.

Pour suivre la chronique La vie en vert de Steven Guilbeault dans le journal Métro.

PS Une filière en marche et d'avenir !

Voir article «Hydro-Québec et l’industrie éolienne : l’épreuve des faits», par l' Association québécoise de la production d’énergie renouvelable (AQPER), JdeQc, 16 aout14. http://www.journaldequebec.com/2014/08/16/hydro-quebec-et-lindustrie-eol...

Les Castors

Les castors d'HQ n'ont-ils pas une réaction épidermique depuis tirs face à l'éolien ? Et même jusqu'à un certain point face à l'efficacité énergétique ? C'est connu, c'est la rareté, bien plus que l'abondance, qui cré les solutions ingénieuses … Pourtant, avec notre méga potentiel éolien et l'importance de cette énergie - et de l'efficacité énergétique - pour le futur du monde, le développement (énergétique et industriel) de ces 2 filières sont des investissements autant stratégiques aujourd'hui que ne l'ont été la création d'HQ et les investissements en hydroélectricité au 20e siècle. Mais je crains que nous soyons encore loin de pouvoir compter sur les castors pour le faire avec enthousiasme … Benoit @GoEcoSynergies

Bonne gouvernance

M. Guilbeault, le problème ne réside pas dans la mission d'H-Q car celle-ci semble généralement claire. Il serait plutôt au niveau des décisions permettant d'assurer la bonne gouvernance. Sans vouloir jeter le blâme sur H-Q, la décision d'opter pour l'énergie éolienne (et les nouveaux barrages tels que ceux de la Romaine) est nettement plus politique que stratégique. Les éoliennes seront très probablement subventionnées par les clients d'H-Q jusqu'à leur fin de vie en raison du contexte énergétique actuel fort particulier en Amérique du Nord. Cela a été décidé en grande partie afin de créer des emplois. Loin de moi l'idée de douter des bonnes intentions derrière cela, il en demeure que les retombées sont limitées et que l'expertise va essentiellement à la fabrication des mâts et des pâles (et non des groupes électro-mécaniques). Or, l'efficacité énergétique permet des retombées économiques (et d'emplois) fort impressionnantes et probablement supérieures à n'importe quel nouveau projet de production électrique. Cela constituerait en mon sens, de la bonne gouvernance tout en respectant le rôle d'H-Q. Je vous invite à consulter le rapport de l'ENE sur le sujet : http://www.env-ne.org/resources/detail/lefficacite-energetique-moteur-de... Pour la version complète du rapport : http://www.env-ne.org/resources/detail/lefficacite-energetique-moteur-de... Sincèrement, Nicolas Lacroix