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Les dommages de Copenhague, ou comment relancer les négociations à Bonn

Après le semi-échec du Sommet de Copenhague de décembre dernier, les négociateurs internationaux se donnent un premier véritable rendez-vous climatique à Bonn, du 31 mai au 11 juin prochains.

Cette rencontre est certes moins spectaculaire, mais son déroulement sera crucial à la relance des échanges. La tournure du Sommet de Copenhague a déçu plusieurs pays, qui se sont sentis exclus des tractations menées principalement par la Chine et les États-Unis. Il en a résulté un accord mou que nombre d’États refusent encore de signer puisqu’il ne répond pas à leurs demandes. Aujourd’hui, nous nous trouvons en terrain inconnu. Que peut-on espérer de la rencontre de Bonn? Tout en demeurant prudent, je pense que le travail mené par les ONG permet d’apporter une réponse optimiste à la question.

Soyons franc : la côte sera longue et ardue à remonter. Le Sommet de Copenhague a créé un schisme au sein de l’ONU sur la question des changements climatiques. Il incombe aux délégués de mesurer l’étendue des dommages afin de relancer les pourparlers sur une base solide. Les grands émetteurs devront regagner la confiance des pays en voie de développement, en particulier de ceux qui sont le plus touchés par les changements climatiques. Les négociations souffrent d’un manque de leadership. Toujours sans politique climatique, il serait surprenant que les États-Unis se présentent à Bonn avec plus d’ambition qu’ils n’en avaient à Copenhague. Mais le leadership peut être mené ailleurs. La clé qui permet d’avancer demeure la même : engager les États industrialisés à montrer une volonté réelle d’apporter des solutions pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre et atténuer les impacts des changements climatiques. Avec mes collègues des ONG membres du Réseau action climat international, nous nous affairerons tout au long de la rencontre à rappeler aux délégués de ces pays le rôle crucial qu’ils doivent jouer pour le bien des peuples qu’ils représentent ou de ceux qui souffrent directement des ratés de Copenhague.

Du 31 mai au 11 juin, je vous entretiendrai de l’évolution des négociations, en ayant bien à l’œil le travail mené par la délégation canadienne. Notre objectif est de repartir de Bonn avec un plan de match solide en vue du Sommet de l’ONU sur les changements climatiques à Mexico, en décembre prochain.