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L’ONE retarde l’inversion de la ligne 9 d’Enbridge

Blog - Steven Guilbeault

Dans un revirement des plus surprenants, l’Office national de l’énergie (ONE) a fait parvenir une lettre au ton plutôt ferme à la compagnie Enbridge.

Cette lettre lui signifiait qu’elle ne pourrait procéder à l’inversion du flux de son pipeline 9b, tel que prévu, tant que la compagnie ne répondrait pas adéquatement à toutes les conditions posées par l’ONE.

Il semble que la sortie de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), le 11 septembre dernier, par la voix de son président, le maire de Montréal Denis Coderre, ait peut-être forcé la main à l’ONE, qui n’a généralement pas l’habitude de se mettre en travers du chemin des compagnies pétrolières ou de celles transportant du pétrole, comme Enbridge.

Petit retour en arrière : en mars, l’ONE autorise Enbridge à inverser le flux de sa ligne 9 entre Sarnia et Montréal. L’ONE pose cependant 30 conditions, que la compagnie doit respecter avant de procéder à l’inversion. Parmi ces conditions, il y a l’installation de valves de sécurité de chaque côté des cours d’eau « majeurs », permettant à l’entreprise de fermer les vannes en cas de déversement.

Comment l’ONE définit-elle un cours d’eau « majeur » ? Essentiellement par le fait qu’en cas de déversement, l’environnement et la sécurité du public sont menacés.

Or, l’Office, dans sa lettre datée du 6 octobre dernier, note que seuls « 6 des 104 cours d’eau majeurs identifiés par Enbridge ont fait l’objet de l’installation de ces valves à l’intérieur d’un kilomètre alors que la majorité semble avoir été installée à plus de 10 km », (il s’agit d’une traduction libre, je n’ai eu accès qu’à la version anglaise de la lettre).

Six sur 104!!! Est-ce que c’est ça « les plus hauts standards de sécurité » qu’Enbridge affirme appliquer dans ses pipelines? Ça en dit long sur comment cette compagnie se fout bien de la protection de l’environnement et de la sécurité du public.

N’eut été de l’intervention de la CMM, on peut se demander si l’ONE aurait sévi de la sorte contre Enbridge, mais il faut au moins se réjouir du fait que l’intervention ait eu lieu.

Une chose est claire, on ne peut faire confiance à Enbridge, pas une seule minute.