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Merci Mme Brochu, PDG de Gaz Métro

Blog - Steven Guilbeault

J’ai assisté cette semaine à un déjeuner-causerie de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) dont la conférencière n’était nulle autre que Sophie Brochu, présidente-directrice générale (PDG) de Gaz Métro.

Selon Mme Brochu, et contrairement à ce que TransCanada essaie de nous faire avaler, le projet Énergie Est, loin d’être bénéfique pour le Québec, aura des impacts économiques, et environnementaux, néfastes.

Pourquoi? Essentiellement parce que TransCanada doit convertir l’une de ses lignes transportant du gaz naturel de l’ouest pour y faire passer le pétrole des sables bitumineux. Or, TransCanada propose aux distributeurs de gaz naturel du Québec et de l’Ontario de leur construire une nouvelle conduite de gaz, mais aux coûts de 2,2G $, en plus d’offrir une capacité réduite de transport de gaz de l’ouest.

Les conséquences de cette décision de TransCanada seraient multiples:

  • Une augmentation de la facture des clients de Gaz Métro au Québec de 100M $ par année, soit une hausse de 155 %.
  • Comme le gaz qui provient de l’est du pays serait limité en quantité, certains clients de Gaz Métro se tourneraient vers le mazout lourd, un sous-produit du raffinage du pétrole très polluant.
  • Cette augmentation de l’utilisation du mazout entraînerait une augmentation des gaz à effet de serre au Québec de 300 000 tonnes de CO2 par année ainsi qu’une augmentation de la pollution atmosphérique locale.

TransCanada a tellement indisposé les représentants du « Québec inc. » que Michel Leblanc, PDG de la CCMM, a posé la question à savoir si le projet Énergie Est était dans l’intérêt économique du Québec, et ce, devant les centaines de personnes présentes au dîner-conférence.

Qu’un groupe écolo dénonce un projet comme Énergie Est n’est pas exactement une nouveauté, mais je ne me souviens pas de la dernière fois que le PDG de la Chambre de commerce l’a fait.

Il faut remercier Mme Brochu pour cette sortie publique et de nous avoir sensibilisés à cet enjeu. Nous devons, du même souffle, nous demander pourquoi cette prise de conscience n’est pas venue du gouvernement du Québec! Lorsque Philippe Couillard déclarait récemment: « il faut qu’on participe à l’économie canadienne », proposait-il que l’on sacrifie la santé de l’économie québécoise au profit de celle de l’Alberta et du Canada?