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Merci Monsieur!

Blog - Steven Guilbeault

Mai 2005, je travaille à cette époque pour Greenpeace. Je reçois un téléphone de l’adjointe de Jacques Parizeau qui me dit que le premier ministre aimerait me rencontrer, sans me dire pourquoi… Je n’ai pas encore rencontré M. Parizeau à cette époque, mais évidemment, si un premier ministre de cette trempe demande à vous voir, vous dites: «Oui monsieur».

La rencontre eut lieu au bureau qu’il occupait alors à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec sur la rue Viger, un édifice magnifique, où je fus reçus par un Jacques Parizeau des plus enthousiastes qui voulait me parler de…la bourse du carbone.

S’ensuit l’une des discussions les plus fascinantes que j’ai eu le plaisir d’avoir de ma vie d’écologiste; nous avons discuté pendant deux heures d’économie verte, de lutte aux changements climatiques, de marché du carbone, etc.

C’était une discussion incroyable, il avait à peu près tout lu sur le sujet, comprenait les avantages pour le Québec, les forces et les faiblesses de ce système. J’avais l’impression d’avoir devant moi un expert de la question qui avait travaillé toute sa vie sur ces dossiers.

Il s’avère que M. Parizeau avait raison. Près d’une décennie plus tard, le Québec ira de l’avant avec l’établissement de cette fameuse bourse du carbone, d’abord avec la Californie, et maintenant avec l’Ontario et bientôt l’État de Washington.

Comme me l’avait prédit M. Parizeau, le faible taux d’émission de GES du Québec devient un atout de plus en plus considérable dans un monde où la lutte aux changements climatiques devient de plus en plus importante.

Comme l’avait aussi perçu M. Parizeau, une course à l’innovation s’est amorcée et nous avons chez-nous plusieurs des atouts pour nous démarquer dans cette course, à condition de nous y mettre le plus rapidement possible.

Outre cette approche de visionnaire, Jacques Parizeau était aussi un grand bâtisseur du Québec moderne et un véritable social-démocrate. Il aura été un grand militant pour sa cause et, que l’on soit en accord ou non avec elle, on ne peut qu’admirer le dévouement, la ténacité et la droiture avec laquelle il l’a défendue.

Je ne l’ai revu qu’à quelques reprises après cette rencontre et c’est toujours avec le même dynamisme qu’il me parlait de l’économie verte comme fer de lance de l’économie du Québec du 21e siècle.

Je me considère privilégié d’avoir pu croiser son chemin, merci Monsieur pour tout ce que vous avez fait pour notre société.

Pour suivre la chronique La vie en vert de Steven Guilbeault dans le journal Métro.