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Northern Gateway et Énergie Est, même combat

Blog - Steven Guilbeault

Sans étonner qui que ce soit, le gouvernement Harper a donné son appui au très controversé projet de pipeline de Northern Gateway, qui doit éventuellement transporter le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta vers la côte ouest de la Colombie-Britannique afin qu’il soit exporté vers les marchés asiatiques.

La réponse ne s’est pas fait attendre… Du gouvernement de la Colombie-Britannique (BC) en passant par les Premières Nations, les environnementalistes, la Ville de Kitimat (où se trouve le port pétrolier), les libéraux et les néo-démocrates, tous et toutes ont dénoncé ce projet qualifié de «cow-boy» par plusieurs analystes.

Le consensus est aussi très large quant au fait que ce projet ne verra fort probablement jamais le jour. En fait, même le gouvernement Harper n’y croit plus; lui qui est d’habitude si prompt à sortir tambours et trompettes pour toutes ses annonces n’a même pas daigné mandater un porte-parole pour annoncer sa décision… Un communiqué de presse a été mis sur un site internet vers 17h15 mardi dernier. C’est tout, aucun ministre, aucun député, personne chez les conservateurs pour défendre le projet, rien!

Ce qui m’amène à vous parler d’un projet deux fois plus gros que celui de Northern Gateway, soit Énergie Est, de la compagnie TransCanada (525 000 barils par jour pour le premier, 1 100 000 barils par jour pour le second).

Le contraste ne pourrait être plus frappant.

La Colombie-Britannique a depuis longtemps posé ses conditions (cinq au total, trois sur les aspects environnementaux, une sur d’éventuelles redevances et une autre sur les Premières Nations). Le Québec semble avoir délégué cette responsabilité, tant sous les libéraux que sous le gouvernement du Parti québécois, au gouvernement fédéral.

Si les libéraux et les néo-démocrates déchirent leur chemise en dénonçant la folie de Northern Gateway, Énergie Est semble être l’invention du siècle, sous prétexte que, contrairement au projet dans l’ouest, celui de l’est vise à approvisionner les raffineries de l’est du pays… Ah ouin?!

Une étude récente montre pourtant qu’entre 750 000 et 1 million de barils, sur un total de 1,1 million, seraient acheminés non raffinés vers l’Inde, l’Europe et les États-Unis.

Peut-être que MM. Trudeau et Mulcair peuvent m’expliquer sur quoi reposent leurs positions tout à fait contradictoires. 

Pour suivre la chronique La vie en vert de Steven Guilbeault dans le journal Métro.