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Notre bilan transport, un verre à moitié vide ?

Blog - Steven Guilbeault

L’Agence métropolitaine de transport a rendu publique cette semaine son enquête Origine-Destination, qui nous renseigne sur les habitudes de déplacement dans la grande région de Montréal de 2008 à 2013.

On retrouve dans ce document de bonnes nouvelles, mais aussi des signaux inquiétants.

Dans la catégorie des mauvaises nouvelles, de tous les modes de déplacements, celui qui a connu la progression la plus rapide est, vous l’aurez deviné, la voiture. Le parc automobile a augmenté de 11 % alors que, durant la même période, la population n’a augmenté que de 5 %. Le parc automobile de la région montréalaise comporte maintenant 2,4 millions de voitures et le taux de motorisation avance deux fois plus rapidement que celui de la population. La croissance des déplacements en voiture est également passée à 15 % au cours de la période étudiée, ce qui représente une hausse annuelle de 2,8 %.

Du côté des bonnes nouvelles, la part du transport en commun est demeurée stable à 23 %. De plus, 74 % des déplacements au centre-ville se font grâce aux transports collectifs. La hausse annuelle du transport collectif a été de 1,9 % et de 1,8 % dans le cas des déplacements en transports actifs comme la marche et le vélo.

Une autre nouvelle qui doit retenir notre attention est la proportion de la population âgée de 45 ans et plus qui était de 43 % en 2013 comparativement à 35 % en 1998. Nous vieillissons collectivement.

Or, plus la population vieillit, plus elle a besoin de se rapprocher des services, notamment ceux de la santé. De plus, cette tranche de la population devra pouvoir compter sur des modes de transport autres que la voiture.

Des décisions importantes devront être prises pour faire face à ces changements. Pour ce faire, nos décideurs doivent être capables de voir plus loin que la prochaine échéance électorale.

La croissance de l’utilisation de la voiture individuelle ne réduira en rien notre dépendance au pétrole. Ne nous faisons pas d’illusions, nous ne règlerons pas nos problèmes de dépendance au pétrole, de congestion, de gaz à effet de serre ou de qualité de l’air avec plus de voitures sur nos routes.