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Nous vivons maintenant dans le PPATP

Blog - Steven Guilbeault

Qu’est-ce que le PPATP? Le «Pays du pétrole à tout prix», nom qui convient parfaitement au Canada, comme nous l’a encore démontré récemment le gouvernement Harper.

Commençons par la côte ouest. Le gouvernement fédéral a retiré de la liste des espèces menacées la baleine à bosse du Pacifique et a changé son statut, qui devient « préoccupant ». Cette différence est tout sauf académique.

Cette décision arrive à quelques semaines d’une autre décision du fédéral dans le dossier controversé du pipeline Northern Gateway, de la compagnie Enbridge. Ce projet implique notamment une augmentation importante du nombre de pétroliers sur la côte ouest, qui transporteraient le pétrole issu des sables bitumineux vers l’Asie.

Or, le statut « menacé » de la baleine à bosse compliquait beaucoup les choses pour le fédéral, puisque les espèces sur cette liste se voient attribuer une attention spéciale. Cela limite beaucoup les activités industrielles susceptibles de les affecter.

Parallèlement à cette décision, nous avons également appris cette semaine que la compagnie TransCanada avait obtenu des permis pour faire des levés sismiques près de Cacouna, à deux pas de Rivière-du-Loup, dans le but d’y construire son port en eaux profondes visant l’exportation du pétrole de l’Ouest vers les marchés européens.

Ces permis, délivrés par Pêches et Océans Canada (POC), ont été sévèrement critiqués par les organisations préoccupées par la protection des bélugas, une autre espèce en péril, parce que les levés sismiques seront faits près d’aires de reproduction de ce mammifère marin. Il est difficile de comprendre comment et pourquoi POC a décidé de procéder ainsi.

Devons-nous être étonnés que la ministre de l’Environnement, Leona Aglukkaq, ait affirmé en octobre dernier que les ours polaires se portent bien… parce que son frère, un chasseur, le lui a dit? Ça en dit long sur le sérieux de la démarche du gouvernement Harper et sur l’évident conflit d’intérêts dans lequel il se vautre.

Pour suivre la chronique La vie en vert de Steven Guilbeault dans le journal Métro.