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Pétrole: pour un contre-manifeste

Blog - Steven Guilbeault

On a beaucoup parlé la semaine dernière du Manifeste pour tirer profit collectivement de notre pétrole, dont les signataires les plus connus sont l’ancien premier ministre Bernard Landry et l’ex-ministre péquiste Joseph Facal.

Je tiens d’abord à saluer le premier objectif de ce manifeste, de l’aveu même des signataires, qui est de lancer un débat public sur la question de l’exploration et ultimement de l’exploitation du pétrole en sol québécois.

De fait, cette sortie nous permet de discuter d’enjeux importants comme l’énergie, l’environnement et les changements climatiques, ainsi que de la prospérité du Québec.

Premier constat du manifeste : le Québec est très endetté, la population vieillit rapidement, et il va falloir trouver de nouvelles ressources financières afin de maintenir nos programmes sociaux.

La solution à nos problèmes de financement public? Le pétrole. Le manifeste avance qu’«une des façons d’y parvenir est de tirer profit de nos ressources naturelles». D’ailleurs, selon les auteurs, «des milliards de barils de pétrole seraient disponibles à l’île d’Anticosti, à Old Harry et en Gaspésie.»

Regardons brièvement comment le Québec tire présentement profit de ses ressources naturelles. En 2013, les redevances que nous avons tirées de l’exploitation de la forêt québécoise se sont élevées à 5 M$, somme qui ne tient pas compte des sommes investies par Québec pour le reboisement. Il y a ensuite les ressources minières ou les revenus obtenus au moyen des redevances en 2013, qui étaient de 170 M$.

Dans le cas des mines, on a vu dernièrement l’industrie s’opposer avec véhémence à l’augmentation des redevances ou encore au resserrement des règles environnementales, lorsque le gouvernement du Québec a essayé de moderniser la loi sur les mines.

Il y a également l’eau, ressource collective par excellence, dont nous tirons des milliards de dollars par le biais d’Hydro-Québec et que nous avons nationalisée. Par contre, en ce qui concerne l’eau embouteillée, nous la donnons littéralement, vu les redevances ridiculement basses que nous en tirons, soit environ 2 M$.

Avant de songer au potentiel du pétrole, augmentons les revenus de ce que nous cédons pour presque rien.

Je m’attarderai à d’autres aspects de ce manifeste la semaine prochaine.

Pour suivre la chronique La vie en vert de Steven Guilbeault dans le Journal Métro.

d'accord avec vous m. Guilbeault et en désaccord avec m. Landry

J'ai écouté une partie de l'entrevue de m. Landry et cela paraissait si sensé de lier les ressources, et dans ce cas-ci le pétrole, à notre problème d'endettement présent ou futur pour justifier de nouveaux forages et sites d'exploitation. Cela ressemble à la pensée «c'est la faute des autres». L'endettement étant un problème et le pétrole en est un autre. Mettre un enrobage sucré pour nous faire avaler l'exploitation de pétrole, voilà ce qu'il a fait, ou si vous voulez, «du pelletage par en avant». Depuis bien longtemps notre endettement existe et ce n'est pas en ajoutant des pétro-millions/milliards que NOTRE problème d'équilibre entre CE QUE L'ON DÉPENSE et CE QUE L'ON RECOIT (in and out) va se régler. Si les humains ne changent pas leur système de pensée, alors ce système continuera à nous ramener à la case départ : il faut plus d'argent car nous dépensons trop, il faut plus d'argent… Parlez-en à quelqu'un qui a trop dépensé avec sa carte de crédit (selon son revenu) et qui doit demander une autre carte d'une autre compagnie pour payer le solde de la première ou, à quelqu'un qui doit faire son budget familial avec un revenu déterminé. Oui, cette personne peut acheter un billet de Loto-Québec et gagner avec une chance incroyable, ou perdre un montant qui l'aurait aidé. La liberté ne s'achète pas, elle demande un engagement profond et sincère à perdre les dépendances pour devenir indépendant et libre. Vive le Québec libre des pétro-dollars.