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Pipeline d’Enbridge: «Un risque élevé de rupture»

Blog - Steven Guilbeault

C’est en ces termes que Richard Kuprewicz, expert international en matière de sécurité des oléoducs, conclut son étude du projet de la compagnie Enbridge.

Ce projet vise à inverser le flux de l’oléoduc entre Montréal et Sarnia afin d’y transporter le pétrole issu des sables bitumineux de l’Alberta vers le Québec et les Maritimes.

Richard Kuprewicz a plus de 40 ans d’expérience dans l’industrie de l’énergie. Il a occupé des postes de direction au sein d’entreprises d’oléoducs et il a prêté main-forte à divers acteurs dans le cadre d’enquêtes importantes sur la rupture d’un oléoduc à Kalamazoo. Cet accident avait causé le pire déversement pétrolier en sol nord-américain, avant celui de Lac-Mégantic.

M. Kuprewicz a déposé une étude devant l’Office national de l’énergie (ONÉ) la semaine dernière, dans le cadre des audiences qui portent sur le projet d’Enbridge (voir certaines de ses conclusions ci-dessous).

Cet expert agit pour le compte d’une coalition de groupes écologistes qui interviennent dans les audiences de l’ONÉ. Mais les groupes ont d’abord dû faire approuver le choix de ces experts par l’ONÉ, et c’est également l’Office qui défraie les coûts de ces expertises (un processus tout à fait normal pour ce genre d’organisme).

Les écologistes ont également eu recours aux services d’un groupe d’experts en économie et réglementation d’énergie nommé The Goodman Group. Celui-ci se spécialise dans l’évaluation des impacts économiques d’importants projets énergétiques. Il a récemment rédigé une étude influente sur les impacts du projet Keystone XL.

Ce groupe conclut que «vu la proximité extraordinaire de l’oléoduc no 9 avec les populations, l’eau et l’activité économique, les coûts d’une éventuelle rupture varient de graves à catastrophiques.»

Vous pensez toujours que le projet d’Enbridge est intéressant pour le Québec?

CONCLUSIONS DE L'Étude

Les conclusions de l’étude de Richard Kuprewicz sur le projet d’Enbridge, en gros :

  • il y a un risque élevé de rupture de l’oléoduc no 9, peu d’années après la mise en œuvre du projet, en raison de fissures et de corrosion;
     
  • l’approche d’Enbridge quant à la gestion de la sécurité de cet oléoduc n’empêchera pas qu’il y ait rupture;
     
  • si rupture il y avait, le système de détection des fuites et les plans d’intervention d’urgence d’Enbridge seraient inadéquats. Il faudrait jusqu’à quatre heures pour que s’amorce une intervention d’urgence pour les régions métropolitaines de Toronto et de Montréal.

Chronique du journal Métro