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Pour en finir avec notre dépendance au pétrole

Blog - Steven Guilbeault

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai été sidéré de voir les photos et les images du déraillement de train à Lac-Mégantic cette fin de semaine. Au moment d’écrire ces lignes, plusieurs personnes manquaient à l’appel. On craint le pire, et toutes nos pensées vont aux victimes et aux sinistrés de cet accident.

Il n’aura hélas fallu que quelques heures pour qu’on voie apparaître sur les réseaux sociaux des commentaires disant que ce genre d’accident ne se produirait pas si le pétrole était transporté par pipeline…

Ce type de commentaire, alors qu’on s’interroge encore sur le nombre de victimes, est déplacé, mais pire encore, ça pue l’opération de relations publiques à plein nez.

Avant d’aller plus loin, quelques questions demeurent toujours sans réponse en ce moment : d’où provenait le pétrole transporté par ce train et surtout de quel type de pétrole s’agissait-il? Certaines informations portent à croire qu’il s’agirait en fait de pétrole brut lourd provenant du Dakota du Nord, et donc, selon toute vraisemblance, de pétrole de schiste (ces informations n’ont pas encore été confirmées).

Si c’est le cas, il faut savoir que le pétrole lourd, soit celui issu du schiste ou des sables bitumineux, doit être mélangé à du benzène, un produit hautement volatile et cancérigène, afin d’en faciliter le transport. Or, dans plusieurs cas d’accidents, dont celui de Kalamazoo, qui constitue encore à ce jour le plus important déversement de pétrole en sol nord-américain (et un accident de pipeline, non de train), la compagnie Enbridge a mis plusieurs heures avant d’informer les autorités locales de l’incident. Avis aux fans des oléoducs : les accidents impliquant le transport par pipeline de la compagnie Enbridge, pour ne nommer que celle-là, ont doublé au cours des années 2000, pour des quantités de pétrole transportées quasiment inchangées…

Notre besoin constant de pétrole a pour conséquence que cette substance est présente en tout temps sur nos routes, sur nos cours d’eau (notamment sur le Saint-Laurent), sur nos rails, dans les pipelines… La solution au problème de sécurité que pose le transport du pétrole, ce n’est pas de débattre des avantages de tel ou tel mode de transport, mais de nous libérer de notre dépendance au pétrole.

Chronique du journal Métro