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Que fera M. Couillard pour l'environnement?

Chroniqueuse invitée
Blog - Catherine Potvin

En pleine campagne électorale, le 30 mars, le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat, connu par son sigle GIEC, a publié son rapport sur les impacts socio-économiques des changements climatiques. Un coup d’épée dans l’eau au Québec…

Maintenant que le nouveau gouvernement a été élu, il faut remettre le sujet sur la table. Je ne repasserai pas sur les principales conclusions du rapport, Steven Guilbeault en a déjà parlé dans son blogue il y a peu de temps. Je veux souligner une seule phrase, dont je vous fournis une traduction libre : « Les choix effectués en matière d’adaptation et d’atténuation dans un avenir proche détermineront les risques encourus à cause des changements climatiques pendant le 21ième siècle », associant un haut niveau de certitude à cette affirmation.

Bien que les enjeux environnementaux aient été évacués de la campagne électorale, il faut espérer qu’ils referont surface dans les mois à venir. Le rapport du GIEC parle beaucoup de l’impact des changements climatiques sur la santé humaine. Est-ce que cela rendra le sujet intéressant pour notre nouveau Premier ministre?

De plus, un évènement d’importance aura lieu sous la gouverne de M. Couillard, soit la 21nième Conférence sur les changements climatiques à Paris, en décembre 2015. Cette conférence est un peu celle de la dernière chance. Son mandat a été déterminé lors de l’échec retentissant de la conférence de Copenhague en 2009. Comme les pays ne sont pas arrivés à s’entendre sur des cibles ambitieuses de réductions d’émissions, ils ont repoussé la décision à 2015. Que fera M. Couillard dans ce dossier?

Le Québec a des cibles louables de réductions d’émissions, mais il reste beaucoup à faire pour y arriver. La nouvelle attirance de la classe politique, toute tendance confondue, pour le pétrole (oléoducs et Île d’Anticosti…) semble contredire notre engagement de lutter contre les changements climatiques. Si on regarde du côté du Canada, on trouve aussi pas mal de confusion avec une Colombie-Britannique très progressiste et un gouvernement fédéral sourd et aveugle.

Je lance donc un vœu en ce début de mandat. Pourquoi ne pas explorer, non pas le pétrole, mais la possibilité d’exporter de l’hydroélectricité vers l’Ontario afin de « verdir » les sources d’énergie au lieu de chercher à développer au Québec une filière pétrolière? Cela s’appellerait miser sur nos forces et tenir compte de l’avenir.

Philippe Couillard incarne le désir de travailler avec le Canada. La lutte aux changements climatiques offre une excellente opportunité de laisser derrière nous les rivalités entre provinces et de coopérer.