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Suer écolo

par : 
Annick Girard
Blog - Annick Girard

J’aime suer. Oui oui, vous avez bien lu! Même que ma famille au complet aime suer. Ce doit être dans notre ADN. Étrange ou chance inouïe? Dans mon cas, ce n’est ni l’un ni l’autre, mais un moyen efficace de canaliser bien des petites surprises de la vie. Sans ce penchant qui me sert bien, je n’ose imaginer mes états d’âme. Salutaire donc ma drogue bien aimée. Et en plus, c’est bon pour la santé et ça s’inscrit dans toute la mouvance des saines habitudes de vie, d’un mode de vie physiquement actif, d'une saine alimentation, de l’équilibre psychologique, etc. Pour une fois, je ne suis pas trop à contre courant!

Tout comme des centaines de milliers de Québécois, j’aime particulièrement la course à pied. Ce sport cadre bien avec mes valeurs, faisant appel à très peu d’équipement et se pratiquant partout et en (presque) tout temps. Des souliers de course, un chandail respirant et hop c’est parti. Vive la simplicité!

C’est quand arrive le temps de remplacer mes chaussures de course déchirées et ma veste de sport qui accumule les effluves de sueur à chaque course (malgré un entretien adéquat, je le précise), que je me retrouve confrontée à de multiples questionnements. Quelles chaussures sont les plus durables? Comment allonger la durée de vie de ma veste sans faire faner les jolies fleurs sur mon passage? Que faire de mon équipement usagé? Dois-je vraiment remplacer mes chaussures chaque année? Quels matériaux sont les plus écologiques? À cet égard, la course à pied n’est qu’un exemple et la question se pose pour tous les sports : ski, patin, soccer, vélo, escalade, hockey, etc. Comment faire des choix écologiques dans le fabuleux monde du sport?

Il plane actuellement une fièvre de l’entraînement, de la pratique sportive et de la performance qui provoque un intérêt croissant pour l’équipement spécialisé et le dernier gadget qui fera toute la différence (!). Pas seulement en sport d’endurance, mais aussi dans le plein air, depuis longtemps marqué par ce paradoxe important. On aime la nature et explorer des paysages fabuleux, mais on accumule les vêtements ultra techniques et autres accessoires « essentiels » ayant une forte empreinte écologique. On aime prendre soin de sa santé et de son corps, mais on fait fi de la santé de la planète. Je ne prône pas un retour aux t-shirts de coton et aux bas de laine piquants, mais j’invite à une prise de conscience quant à l’offre abondante de la filière sportive, qui nous pousse à toujours consommer plus.

Je n’ai pas de réponses à toutes ces questions, je l’admets. Mes habitudes ont beaucoup varié au fil du temps et n’ont pas toujours été exemplaires. Mal informée, j’ai acheté plusieurs types et couleurs de chandails techniques, essayé différents systèmes d’hydratation et souhaité posséder toutes les pièces requises pour faire partie de la gang des « vrais ». Et puis, avec le temps, j’ai fini par toujours porter les mêmes morceaux, que je lave et remets à répétition. C’est alors que j’ai constaté qu’il était possible de faire longue route avec très peu de choses. Pour un bon départ, rien de mieux que de consommer moins, choisir qualité et durabilité.

Tout au long de notre parcours sportif, un autre défi à se poser est de trouver usagé. Pas évident pour les vêtements, question d’hygiène. À chacun d’évaluer ce qui est faisable selon ses capacités. Ce n’est pas évident pour l’équipement requis par certains sports comme l’escalade et autres pratiques de haut niveau qui exigent du matériel neuf, répondant à des exigences ou standards précis sur lesquels on ne doit pas lésiner, question de sécurité. À l’inverse, la plupart des sports amateurs, ceux pratiqués par le plus grand nombre d’entre nous, peuvent très bien être exercés avec de l’équipement usagé. Encore plus vrai pour les jeunes qui doivent souvent changer d’équipement chaque année. Pour trouver assez facilement, les voisins, les petites annonces sur le web et les commerces d’équipement usagé sont des ressources précieuses. Nos propres articles délaissés pourront également y trouver de nouveaux propriétaires.

Le dernier sprint consiste à choisir ses vêtements et ses équipements en fonction de caractéristiques écologiques. À ce titre, difficile de s’y retrouver : 100 % recyclé, biodégradable, fabrication sans produits toxiques, matériaux sans PVC, approvisionnement responsable, l’offre abonde et évolue sans cesse. Certaines allégations peuvent parfois être douteuses ou même erronées, ne faisant pas référence au cycle de vie complet d’un produit ou n’ayant pas fait l’objet d’une vérification externe rigoureuse et reconnue. Difficile donc de fournir une liste de marques et d’adresses, même si ultimement, c’est ce que tout le monde voudrait. Ce que je propose est de mettre en pratique son influence en tant que consommateur et de poser des questions aux vendeurs et aux compagnies du l’industrie du sport afin que la préoccupation environnementale devienne une considération essentielle dans la fabrication d’un produit sportif. S’informer sur la marque et l’entreprise avant d’acheter est également un réflexe à adopter.

Avant de terminer, un détour éclair, mais ô combien important sur les événements sportifs qui connaissent une popularité incroyable. Nous sommes nombreux à participer avec plaisir à ces épreuves, plus stimulantes les unes que les autres, qui motivent l’entraînement et le dépassement de soi. Mais quel dommage qu’on y distribue autant de dépliants, coupons, bouteilles d’eau, contenants individuels de toutes sortes. Et ce, sans nécessairement prévoir les dispositifs requis pour une gestion écologique des déchets. Est-ce que la fin justifie les moyens? Pourquoi la sensibilité environnementale n’est-elle pas encore au rendez-vous dans ce monde si inspirant autrement? À nous d’élever notre voix, de formuler des commentaires constructifs auprès des organisateurs et d’influencer de meilleures pratiques.

Encore une fois, nos cousins du vieux continent nous ont devancé. Depuis 2009, il existe une charte sur les pratiques sportives en développement durable. Ce document de référence présente des objectifs réalistes, adoptés par les différents intervenants du milieu. Bien que sur une base volontaire, cette initiative représente un pas de plus vers une meilleure prise de conscience du milieu sportif. Une voie à retenir pour le Québec?

Quelques marques qui se démarquent :

Pour en savoir plus :

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