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Une mine d’or dans nos déchets

Je vous parlais la semaine dernière de la possibilité de produire de l’éthanol à partir de nos déchets, une approche qui reflète une tendance de plus en plus importante dans le développement des technologies ainsi que dans les décisions d’investissement. Dans cette catégorie, Montréal compte un entrepreneur qui est devenu un leader mondial en la personne de Guy Drouin, fondateur de Biothermica.M. Drouin a eu l’idée de créer son entreprise en 1987 avec comme but de produire de l’énergie autrement qu’en faisant des barrages ou de construire des réacteurs nucléaires. Il dit avoir été très influencé par la lecture du livre Limits to Growth, publié au début des années 1970 par le MIT, l’une des plus prestigieuses universités américaines.

Le premier projet d’envergure de l’entreprise Biothermica fut le complexe Gazmont, un projet très novateur à l’époque. Aujourd’hui ce type d’initiative est devenue commune partout dans le monde. L’usine de Gazmont exploite ce que M. Drouin aime appeler «le plus important gisement de gaz naturel à l’est des Rocheuses» : l’ancien site d’enfouissement de la carrière Miron.

Gazmont capture les gaz, essentiellement du méthane, qui s’échappent de la matière en décomposition de l’ancienne carrière pour les brûler afin d’en faire de l’électricité. Gazmont fournit également de la chaleur à son voisin, la Tohu, ce qui permet à cette dernière de réduire sa facture de chauffage.

À terme, M. Drouin aimerait fournir de la chaleur à un réseau élargi dans le secteur autour de la carrière. On retrouve de tels réseaux partout dans le monde.

Loin de s’arrêter à faire des projets en sol québécois, Biothermica a exporté sa technologie au Salvador et, plus récemment, aux États-Unis. Dans ce dernier cas, on capture le méthane qui se trouve dans les mines de charbon.

Biothermica a été l’une des premières entreprises canadiennes à vendre des crédits de carbone sur le marché européen, mais pas par choix, puisque le marché n’existait pas encore au Canada.

Vingt-cinq ans et 22 prix et reconnaissances plus tard, l’intérêt pour l’innovation de M. Drouin ne fait que croître, une excellente nouvelle pour nous tous.

Chronique du Journal Métro