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Les positions d'Équiterre sur la future politique agricole québécoise

Dans le cadre de la politique agricole et de la loi-cadre qu’entend adopter le gouvernement du Québec en 2011, Équiterre fait valoir l’adoption de mesures visant trois grands enjeux de notre agriculture : le développement de l'offre et de l’accessibilité des aliments biologiques; le développement de l'offre et de l’accessibilité des aliments locaux, et; le soutien à la relève agricole québécoise.

Développement de l'offre et de l’accessibilité des aliments biologiques

L’agriculture biologique est un modèle d’agriculture durable qui doit être mieux soutenu en raison de sa contribution positive à la protection de l’environnement et de l’exemplarité de ses pratiques. Pensons notamment aux pesticides, engrais chimiques et autres polluants qui ne se retrouvent ni dans l'air ni dans les cours d'eau, ainsi qu'aux techniques de conservation des sols. Or, les entreprises biologiques d’ici n’arrivent pas à satisfaire la demande locale : 85 % des produits biologiques vendus au Québec proviennent de l’étranger (1).

Les mesures annoncées à l’été 2010 par le gouvernement du Québec afin de favoriser le développement de l’agriculture biologique sont un pas dans la bonne direction. Équiterre estime toutefois que des mesures supplémentaires et systémiques gagneraient à être incluses dans la politique agricole québécoise afin de réellement favoriser l’essor de l’agriculture biologique et de rendre plus largement accessibles les aliments biologiques. Celles-ci pourraient inclure, par exemple, le remboursement des frais de certification. Pensez-y, ces agriculteurs paient pour prouver aux consommateurs qu'ils polluent moins qu'un agriculteur conventionnel!

Développement de l'offre et de l'accessibilité des aliments locaux

Sur le plan de l'achat local, le Québec est un peu mieux, mais a beaucoup de chemin à faire puisqu'entre 50 % et 70 % des aliments consommés dans la Belle Province sont importés. Les coûts environnementaux du transport de ces aliments sont énormes. En fait, ils parcourent en moyenne 2600 km avant de parvenir à notre table, pour la plupart en camion diesel polluant.

Québec devra montrer l'exemple en adoptant des objectifs d'achat local pour ses écoles et hopitaux. Enfin, il devra imposer aux grandes chaines d'alimentation des objectifs d'approvisionnement d'aliments locaux.

Ces mesures stimuleront la consommation de produits frais biologiques et locaux avec tous les bénéfices que l'on connait sur les communautés rurales, l'économie, la santé et l'environnement et contribuera donc au développement des circuits courts de mise en marché de produits biologiques.

Le soutien à la relève agricole

Évidemment, pour faire tout ça encore faudrait-il avoir encore des agriculteurs. Or, il est malheureusement très difficile actuellement pour la relève de s’installer en agriculture, l’accès à la terre et aux autres biens de production étant très ardu. Au Québec, il faudrait qu’environ 1100 jeunes s’établissent en agriculture chaque année pour conserver à long terme le nombre actuel de fermes. Or la relève se situe plutôt entre 600 et 800 jeunes et stagne depuis plusieurs années (2). Parmi les causes de cette problématique figure le prix croissant des terres agricoles, leur valeur moyenne ayant plus que triplé entre 1990 et 2008, passant de 1620 $ à 5710 $ l’hectare (3). La problématique de la relève est donc étroitement liée à la question du territoire agricole.

Équiterre milite par conséquent pour que le territoire agricole québécois soit traité comme un patrimoine collectif et qu’il soit mieux protégé autour des villes afin d’éviter le dézonage pour l’établissement résidentiel ou commercial. Équiterre croit par ailleurs que des mesures doivent être prises afin de faciliter de nouvelles implantations agricoles et diversifier la production sur tout le territoire, principalement en région.

Pour approfondir ce dossier

Interventions publiques d'Équiterre

Par le biais de communiqués de presse, de billets de blogue, de lettres ouvertes et de rencontres avec des décideurs, Équiterre travaille activement à influencer les choix que nous faisons collectivement pour que notre agriculture et notre alimentation soit plus écologique, plus saine et plus solidaire. Si vous partagez nos idées, signez le manifeste du citoyen-mangeur!

 

Sources et notes :

(1) Rapport Pronovost, 2008. Agriculture et agroalimentaire : assurer et bâtir l’avenir.
(2) Fédération de la relève agricole du Québec, dans Rapport Pronovost, 2008. Agriculture et agroalimentaire : assurer et bâtir l’avenir.
(3) La Financière agricole du Québec, 2009. Valeur des terres agricoles dans les régions du Québec.

Publication(s): 
Tel que démontré dans cette récente monographie d’Équiterre (décembre 2013), le secteur agricole est fortement dépendant des énergies fossiles et affecté par des hausses de prix de l’énergie fossile. De fait, chaque augmentation de 0,01...