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41 000 voix contre un pipeline de pétrole des sables bitumineux - Les craintes d’un déversement augmentent; la bataille se déplace en Ontario et au Québec

Montréal, le 24 avril 2012 - L’Office national de l’énergie (ONÉ) a reçu 41 000 commentaires de citoyens opposés à un projet d’Enbridge qui ferait transiter le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta jusque dans l’État du Maine, en passant par l’Ontario, le Québec et la Nouvelle-Angleterre.

Ces commentaires ont été envoyés par le public dans le cadre de la période de réception des commentaires relatifs aux changements proposés aux pipelines. À l’origine, ces pipelines ont été construits pour transporter du pétrole conventionnel. On propose maintenant d’y faire circuler du pétrole brut des sables bitumineux, un pétrole plus lourd, plus chaud et plus abrasif, ce qui risque d’augmenter les risques de fuite selon de nombreux observateurs. Enbridge veut également augmenter la pression à l’intérieur du pipeline, afin de faire circuler le pétrole plus rapidement, ce qui constitue une autre source d’inquiétude.

« Des milliers de citoyens canadiens et américains sont inquiets et ils se sont exprimés », a déclaré Gillian McEachern, directrice générale adjointe chez Environmental Defence. Ils craignent, avec raison, les conséquences qu’auraient un déversement de pétrole sur les lacs, les rivières et les nappes phréatiques. »

Ces craintes sont fondées, ajoute McEachern. En 2010 au Michigan, un pipeline de cette même entreprise – Enbridge – s’est brisé et trois millions de litres d’huile se sont échappés. Une rivière a été fortement polluée et le gouvernement de l’État a répertorié des effets importants sur la santé.

« Le pétrole des sables bitumineux est un pétrole sale, a poursuivi McEachern, mais cela n’empêche pas Enbridge de vouloir en faire circuler de plus en plus. Les citoyens de l’Ontario, du Québec et de la Nouvelle-Angleterre veulent se faire entendre. Il ne faut pas laisser nos choix énergétiques et l’avenir de nos cours d’eau uniquement entre les mains des puissantes entreprises du secteur pétrolier. »

Voilà pourquoi une coalition de 11 organisations a présenté ces commentaires sur les dangers de ce projet pour l’environnement et pour la santé publique. Enbridge propose de modifier son vieux pipeline – âgé de 62 ans – pour que le pétrole circule de Sarnia vers un terminal situé près d’Hamilton. À l’heure actuelle, le pétrole conventionnel coule vers l’ouest. Enbridge veut inverser la direction, ce qui risque de faire augmenter en Ontario l’apport de pétrole extrait des sables bitumineux.

« À l’heure actuelle, on n’utilise pas de pétrole des sables bitumineux dans l’Est du Canada ni en Nouvelle-Angleterre », explique Steven Guilbeault, le coordonnateur général adjoint d’Équiterre. « Les gouvernements du Canada et des États-Unis ont beaucoup de devoirs à faire en matière d’études scientifiques avant de décider d’exposer des millions de personnes et leurs sources d’eau potable à cette menace toxique. »
« Les gens ont le droit d’être bien informés avant qu’on fasse circuler du pétrole des sables bitumineux dans leur cour arrière », ajoutait Danielle Droitsch de l’organisme américain Natural Resource Defence Council. « Nous savons que l’exploitation des sables bitumineux détruit la forêt boréale et que cette industrie polluante libère dans l’atmosphère d’immenses quantités de carbone qui accélèrent les changements climatiques. Nous avons aussi vu que les bris de pipeline dans la région des Grands Lacs ont eu des conséquences néfastes sur l’eau et sur la santé humaine. C’est pour cela que tant de gens s’inquiètent. »

Les organisations environnementales craignent que cette proposition d’Enbridge soit un premier pas pour relancer le projet de pipeline Trailbreaker. Rappelons que ce pipeline transporterait le pétrole des sables bitumineux d’Alberta jusque dans l’État du Maine, en passant par l’Ontario, le Québec et la Nouvelle-Angleterre. Une fois au Maine, il serait chargé sur des pétroliers puis acheminé vers des raffineries de la Côte-Est ou outremer.

Pour en savoir davantage sur le projet et ses impacts, consultez le document en ligne.

Voici la liste des organisations qui travaillent de concert, des deux côtés de la frontière, pour alerter les citoyens face aux dangers des pipelines pour le transport de pétrole extrait des sables bitumineux : 350.org, Conservation Law Foundation, Environmental Defence Canada, Environment Maine, ENE (Environment Northeast), Équiterre, Les Ami(e)s de la Terre, Natural Resources Council of Maine, Natural Resources Defense Council, National Wildlife Federation, Sierra Club Canada.

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Pour en apprendre davantage ou pour organiser une entrevue, communiquez avec :
Loic Dehoux, 514-605-2000 (cellulaire); ldehoux@equiterre.org