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Commission parlementaire sur les enjeux de recyclage et de valorisation locale du verre : Équiterre demande au gouvernement de prioriser la réduction à la source

Québec, le 15 août 2019 – La crise climatique et la crise du système du recyclage doivent nous amener à mettre en place des programmes structurants dans la gestion des matières résiduelles (GMR) pour encourager la réduction à la source, constate Équiterre. C'est ce que l'organisme démontre dans son mémoire présenté aujourd’hui à la Commission parlementaire sur les enjeux de recyclage et de valorisation locale du verre.

Les principales demandes de l’organisme sont :

  • la modernisation et l’élargissement du système de consignation;
  • la hausse de la valeur des redevances à l'élimination;
  • l’attribution d’une enveloppe budgétaire importante et récurrente à la réduction à la source;
  • et la modification du nom légal de RECYC-QUÉBEC.

« Maintenant que les campagnes de sensibilisation sur la récupération ont porté fruit, c'est la réduction qui doit maintenant prendre l’avant-scène. Un changement de paradigme doit se faire. » déclare Colleen Thorpe, directrice générale d’Équiterre. « Alors qu’il s’agit d’une priorité gouvernementale, force est de constater qu’il y a eu une quasi-absence de financement des initiatives en réduction à la source au courant des dernières années, et cela doit changer. »

Pour un plus grand financement des projets en réduction à la source

La recommandation phare du mémoire d’Équiterre est qu'une enveloppe budgétaire récurrente doit être attribuée au financement de projets en réduction à la source et doit être équivalente ou supérieure à celle attribuée aux systèmes de récupération et de recyclage.

Pour l’élargissement de la consigne et la valorisation du verre

« Équiterre se prononce en faveur de l'élargissement de la consigne, tant pour des raisons environnementales, sociales qu'économiques : il s'agit d'une solution concrète pour redonner une juste valeur au verre, soutenir les valoristes et accroître son taux de réutilisation et de recyclage », fait valoir Mme Thorpe. « Les bouteilles de vin et les bouteilles d'eau sont une première étape, mais il faut aller plus loin pour moderniser et revoir en profondeur le système de consignation. »

Favoriser la réduction à la source est d'autant plus important dans un contexte de rareté de ressources naturelles. La consigne permet de diminuer le besoin de nouveaux contenants et donc l’extraction de ressources naturelles. Cette diminution signifie également une diminution des besoins énergétiques et des émissions de gaz à effet de serre (GES) reliées au transport, et ce, même en tenant compte du transport nécessaire pour la récupération et le nettoyage des contenants.

« Dans le contexte d’un virage vers l’économie circulaire, la consigne contribue au fait de voir les objets comme des ressources plutôt que des déchets, et favorise leur réintégration dans un cycle de fabrication grâce au tri à la source qui permet entre autres à la matière d'avoir une meilleure valeur », ajoute la directrice générale d’Équiterre.

Équiterre et ses partenaires démontrent au gouvernement du Québec l’appui de la population envers ces mesures par le biais d’une pétition actuellement en ligne qui a été signée par plus de 20 000 personnes.

Pour que RECYC-QUÉBEC change de nom

Équiterre fait la recommandation que le nom légal de RECYC-QUÉBEC, soit la Société québécoise de récupération et de recyclage, soit modifié pour devenir la Société québécoise de la réduction et du réemploi. Cette suggestion se base sur le mandat de RECYC-QUÉBEC qui est de « Promouvoir, développer et favoriser la réduction, le réemploi, la récupération et le recyclage de contenants, d’emballages, de matières ou de produits ainsi que leur valorisation dans une perspective de conservation des ressources. »

« Bien que modifier le nom de RECYC-QUÉBEC soit un acte symbolique, cela enverrait un signal fort. Cela refléterait davantage la vision de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles qui est axée sur la réduction à la source. Bien sûr, cela devrait être associé à des actions et des budgets qui reflètent ce changement de paradigme », constate Mme Thorpe.

Pour la conservation des ressources, atténuer la crise climatique et la crise du recyclage
Équiterre se prononce sur la GMR car elle fait partie des enjeux rattachés à la transition écologique, tant en ce qui a trait à la révision des modes de consommation pour réduire à la source qu'au développement d'alternatives permettant de moins générer de déchets. En plus d'avoir un impact sur l'utilisation des ressources, la GMR est directement reliée aux émissions de GES.

« Les changements d'habitudes au niveau de la réduction à la source ont un fort potentiel pour accroître la résilience et réduire les émissions de GES, en cohérence avec les engagements climatiques du gouvernement du Québec. Si le Québec souhaite tirer le maximum de co-bénéfices de sa transition vers une société sobre en carbone, le recyclage doit céder sa place à la réduction à la source », conclut Mme Thorpe.

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Pour plus d’informations ou pour organiser une entrevue :

Camille Gagné-Raynauld, Relations médias, Équiterre
cgraynauld@equiterre.org, 514 605-2000