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La proposition secrète de plafonnement et échange confirme que le Canada n’a pas l’intention d’atteindre ses cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020

Des documents émanant Conseil des ministres présentent le plan du gouvernement pour une augmentation massive des émissions reliées au pétrole et au gaz d’ici 2020
Copenhague, 15 décembre 2009 — Selon le Climate Action Network–Réseau action climat Canada, des documents du Conseil des ministres dévoilés hier montrent que le système de plafonnement et échange prévu par le ministre de l’Environnement Jim Prentice est si faible qu’il est clair que le gouvernement fédéral n’a pas l’intention d’atteindre ses cibles de réduction des émissions de 2020. Les documents ont été décrits dans un reportage sur le réseau anglophone de la SRC et ont été analysés par des membres du Réseau action climat.

Les documents révèlent que le gouvernement du Canada entend mettre en place une approche de réglementation des émissions des secteurs du pétrole et du gaz, manufacturier et minier qui est plus de trois fois plus faible que son plan « Prendre le virage » de 2008.

« Le gouvernement ment aux Canadiennes et aux Canadiens, au Parlement et au monde entier », de dire Steven Guilbeault d’Équiterre. « Ces documents qui ont filtré montrent que le gouvernement du Canada a choisi de développer les sables bitumineux plutôt que de protéger notre climat. Le Canada négocie de mauvaise foi à Copenhague en demandant aux pays pauvres de faire plus tout en planifiant secrètement de faire moins de son côté. »

Avec « Prendre le virage », les producteurs de pétrole et de gaz auraient dû réduire leurs émissions annuelles de 48 mégatonnes (mt) en 2020, par rapport aux niveaux actuels; la nouvelle approche requiert à peine 15 mt de réductions sous les niveaux actuels en 2020.

Cela laisserait les émissions du secteur du pétrole et du gaz à 37% au-dessus du niveau de 2006 en 2020.

« Ce plan secret est un scandale. Ces documents révèlent que les cibles de réduction des émissions que le Canada présente à Copenhague — aussi faibles soient-elles — sont un leurre », de dire Graham Saul, du Climate Action Network–Réseau action climat Canada. « Le ministre Prentice doit cesser de mentir aux autres pays et admettre qu’il n’a pas l’intention de respecter son engagement. »

« Ces documents révèlent un plan détaillé visant à permettre une croissance massive des émissions par les producteurs de pétrole du Canada », de dire Matthew Bramley de l’Institut Pembina. « En raison de leurs émissions élevées et de leur croissance rapide, l’épreuve décisive pour qu’une proposition de plafonnement et échange du Canada soit crédible est la façon dont le Canada approche et entrevoit l’industrie des sables bitumineux. Le plan présenté dans ces documents échoue ce test de façon spectaculaire. »

Les documents qui ont filtré révèlent des plans pour de nombreuses mesures qui minent encore davantage la proposition de plafonnement et échange du Canada. Par exemple, des firmes pourraient atteindre leurs cibles en faisant des versements dans un fonds pour la technologie plutôt que de vraiment réduire les émissions. Le gouvernement prévoit également donner des quotas d’émission à des firmes, sans frais, plutôt que de les vendre lors d’une vente aux enchères.

Des mesures comme celles-là signifient que la proposition canadienne est beaucoup plus faible que l’approche américaine adoptée par la Chambre des représentants en juin — contrairement aux affirmations du ministre Prentice qui disait vouloir « harmoniser » les politiques canadiennes avec celles des États-Unis.

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Source :

Hannah McKinnon
Copenhague : +45 25 53 60 81

Marie-Eve Roy
Copenhague +45 41 63 37 95