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La réforme de la collecte sélective : Un pansement à la crise du recyclage, mais il faut s’attaquer à la cause profonde, selon Équiterre

 

Montréal, 11 février 2020 – Équiterre accueille avec prudence l’annonce de la réforme de la gestion de la collecte sélective des matières recyclables annoncée par le gouvernement du Québec. La responsabilité élargie des producteurs (REP) pour les contenants, emballages et imprimés est importante et nécessaire, mais ne résout pas le problème de base.

« La crise du recyclage est une crise de consommation. Tant et aussi longtemps qu’on ne révise pas nos modes de production et nos habitudes de consommation, nous paierons le prix fort pour traiter les matières résiduelles. La réduction à la source est l’enjeu auquel le gouvernement devrait s’attaquer en priorité pour protéger nos ressources, et introduire des habitudes de consommation plus responsables à l’égard de la crise climatique », déclare Colleen Thorpe, directrice générale d’Équiterre.

Réduction à la source

La réforme propose des investissements dans la modernisation des installations des centres de tri pour assurer une meilleure qualité à l’issue du recyclage, et suggère d’encourager l’écoconception des produits et emballages. L’objectif d'intégration de contenu recyclé d’au moins 15 % dans les emballages de plastique d'ici 2024 s’inscrit dans cette volonté. Mais de nouveaux types d’emballages et de contenants ne feront que diminuer l’impact de ces produits en fin de vie et ne prendront pas en compte l’impact de toutes les ressources de production, de distribution et de récupération.

« Nous ne sommes pas dans une discussion technologique, nous sommes dans une discussion sociale », fait valoir Mme Thorpe.

Transparence dans la REP

La réforme du recyclage imposera des obligations aux entreprises en ce qui concerne la qualité et la quantité des matières recyclables, ainsi que la récupération et le recyclage. Selon Équiterre, ce système ne pourra pas fonctionner sans une transparence complète pour que le grand public ait accès à l’information sur les matières et pratiques de toutes les entreprises, pour le guider dans ses choix de consommation.

À terme, sur une base annuelle, Équiterre s’attend à ce que les informations sur la quantité et le type de matières mises en marché, leur cheminement tout au long de la chaîne - jusqu’à leur réutilisation ou leur recyclage - soient accessibles à toute la population. Ces conditions sont essentielles pour accroître la confiance citoyenne en ce système mis à mal depuis plusieurs années.

Un investissement important dans la sensibilisation

Bien que la réforme mentionne une campagne de sensibilisation par les entreprises, la seule façon de s’assurer que la sensibilisation mène à l’adhésion est d’y consacrer les ressources nécessaires.

« Cette sensibilisation doit miser sur la réduction et non seulement sur les bonnes pratiques de recyclage. On s’attend donc à ce qu’il y ait une campagne d’envergure portant sur les conséquences de nos choix de consommation, de l’emballage au recyclage », constate Mme Thorpe.

Pour une transition vers une société sobre en carbone

Au Québec, nous générons près de 25 tonnes de matières résiduelles à la minute. En 2017, l'enfouissement et l'incinération des déchets représentaient 5,8 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec. C'est sans compter le transport et les activités commerciales liées à la surconsommation, qui ont également une incidence sur les GES.

« Les changements d'habitudes ayant pour objectif la réduction à la source ont un fort potentiel pour accroître la résilience et réduire les émissions de GES, en cohérence avec les engagements climatiques du gouvernement du Québec. Si le Québec souhaite tirer le maximum de co-bénéfices de sa transition vers une société sobre en carbone, le recyclage doit céder sa place à la réduction à la source », conclut Mme Thorpe.

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Pour plus d’information ou organiser une entrevue :

Dale Robertson, Relations médias, Équiterre
drobertson@equiterre.org
514 605-2000