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Le Canada propose d’interdire les pesticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles

Toutefois, cette mesure devrait être immédiate selon les organismes environnementaux ENVIRONMENTAL DEFENCE, ÉQUITERRE ET LA FONDATION DAVID SUZUKI


Ottawa, le 15 août 2018 —
Le projet de décision du Canada d’interdire deux importants insecticides néonicotinoïdes (« néonics ») constitue une avancée majeure sur le plan de la protection des abeilles, des pollinisateurs et des autres insectes bénéfiques.

L’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) rattachée à Santé Canada a proposé de mettre fin à toutes les utilisations extérieures de la clothianidine et du thiaméthoxame, deux néonics employés à vaste échelle. Bien que cette décision fasse écho au consensus scientifique quant aux effets nocifs de ces deux pesticides, il est inacceptable de constater qu’il faudra attendre encore de 3 à 5 ans après la décision finale -qui n'est pas attendue avant janvier 2020- avant que cette mesure entre en vigueur.

« Il n’est pas cohérent que l’ARLA décide de maintenir l’autorisation d’utiliser ces pesticides pendant encore plusieurs années alors que l’évaluation scientifique qu’elle a elle-même menée conclut que les risques sont inacceptables et menacent les écosystèmes », indique Muhannad Malas, d’Environmental Defence. « En comparaison, l’Europe agit rapidement en réponse à la crise qui frappe les pollinisateurs, et mettra fin à l’utilisation de trois importants néonics dès 2019. »

L’ARLA a autorisé l’utilisation de ces néonics malgré le peu de données qui appuyaient leur innocuité à l’époque où ils furent introduits sur le marché, une pratique controversée qui a pris fin en 2016. Bien que le consensus scientifique ne fasse aucun doute, l’ARLA a mis sept ans à statuer sur leurs risques, et l’agence propose maintenant de reporter leur interdiction à 2023 selon l’échéance la plus brève.

« L’approche du Canada consistant à “autoriser maintenant pour évaluer plus tard” a fait de notre environnement un cobaye. Le consensus scientifique indique clairement que les néonics causent des dommages importants aux écosystèmes », souligne Karen Ross, d’Équiterre. « En n’agissant pas rapidement, l’ARLA continue de ne pas remplir son mandat consistant à protéger la santé des Canadiennes et des Canadiens, de même que leur environnement. »

Afin de protéger les pollinisateurs et les autres insectes bénéfiques, le Canada doit prendre exemple sur la mesure adoptée en Europe et ainsi interdire progressivement l’ensemble des usages extérieurs d’ici la fin de l’année. Il existe déjà des moyens efficaces et abordables pour remplacer les néonics utilisés en agriculture, comme l’a démontré le Groupe de travail sur les pesticides systémiques, une autorité scientifique de premier plan sur la question des néonics.

« Bien que ces pesticides aient déjà été considérés comme une nécessité à la protection des cultures, nous savons maintenant qu’il existe des façons plus rentables et moins toxiques de cultiver nos aliments », rappelle Louise Hénault-Ethier de la Fondation David Suzuki. « L’interdiction urgente des néonics constituerait un signal important qui aiderait les producteurs canadiens à faire la transition vers des pratiques agricoles plus durables. »

Vous trouverez plus d’information sur les néonics à l’adresse suivante :

https://equiterre.org/sites/fichiers/docinfo_neonicotinoidesfr_2018.pdf

 

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Pour plus d’information ou pour organiser une entrevue, veuillez communiquer avec :

ANGLAIS : Sarah Jamal, Environmental Defence, sjamal@environmentaldefence.ca, 416 323-9521, poste 251

Brendan Glauser, David Suzuki Foundation, bglauser@davidsuzuki.org, 604-356-8829

FRANÇAIS : Camille Gagné-Raynauld, Équiterre, cgraynauld@equiterre.org,
514 605-2000