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Le GNL ne devrait pas faire son entrée dans les règles de l'article 6, ni dans la stratégie des ITMOs du Canada

RÉACTION CONJOINTE – Réseau Action Climat Canada (dont Équiterre, la Fondation David Suzuki et ENvironnement JEUnesse)

Madrid, le 13 décembre 2019 - Pour atteindre et dépasser les engagements actuels du Canada dans le cadre de l'Accord de Paris, ce que le ministre de l’Environnement Jonathan Wilkinson a dit vouloir à la COP25, le Canada doit maintenir l'intégrité de ses politiques climatiques actuelles s’appliquant à sa source d'émissions la plus importante et à croissance la plus rapide : le secteur des combustibles fossiles. Nous demandons au gouvernement de veiller à ce que l'industrie pétrolière et gazière soit un partenaire responsable dans les efforts nationaux de réduction des émissions.

Compte tenu des commentaires formulés cette semaine à la suite de la rencontre entre le premier ministre Justin Trudeau et le premier ministre de l'Alberta Jason Kenney, nous sommes préoccupés par le fait que le lobby des combustibles fossiles réclame à nouveau des changements qui affaibliraient l'efficacité de la stratégie climatique du Canada et entraveraient la capacité du pays à atteindre et dépasser ses objectifs de Paris pour 2030, et à atteindre la carbo-neutralité en 2050.

Afin d'éviter tout retard supplémentaire dans la mise en œuvre d'une action climatique urgente, nous recommandons de :

  1. Respecter la réglementation canadienne sur la pollution par le méthane. Le Canada risque de ne pas atteindre ses objectifs de réduction du méthane et d'accroître l'écart par rapport aux engagements qu'il a pris dans le cadre de l'Accord de Paris si des règlements provinciaux plus faibles sont approuvés. L'Alberta et la Saskatchewan ont toutes deux proposé des règlements qui sont plus faibles que la norme fédérale. ECCC ne devrait pas accorder l'équivalence à l'Alberta ou à la Saskatchewan tant que leur réglementation n'aura pas été sensiblement améliorée. L'analyse montre que les technologies actuelles du secteur pétrolier et gazier permettraient d'atteindre des réductions d'émissions supplémentaires d'au moins 75 % en fixant un nouvel objectif pour 2030, ce qui est l'une des mesures les plus faciles et les moins coûteuses à prendre pour réduire la pollution par le méthane provenant du secteur pétrolier et gazier au Canada.
  2. Éviter d'affaiblir les règles sur l'échange de crédits d'émissions pour les exportations de gaz naturel et de gaz de fracturation. En ce qui concerne la façon dont le Canada pourrait utiliser les ITMOs (Internationally Transferred Mitigation Outcomes), nous sommes préoccupés par la proposition avancée par de nombreux intervenants provinciaux et du secteur pétrolier et gazier selon laquelle des crédits d'émissions pourraient être générés par l'exportation de GNL vers les pays qui dépendent du charbon. L'Accord de Paris reste le meilleur espoir de la communauté internationale pour lutter contre la pollution par le carbone et l'augmentation de la température mondiale qui menace la stabilité de notre climat. Ses institutions et mécanismes ne peuvent être utilisés pour prolonger et développer l'utilisation des combustibles fossiles. À cette fin, nous demandons au gouvernement canadien de signaler à nos partenaires que nous nous opposons à toute attribution de crédits d’émissions pour l’u​tilisation d’hydrocarbures en vertu de l'article 6.

Céder à la pression des producteurs de GNL pour que les hydrocarbures soient acceptés dans la mise en œuvre de l'article 6 comme moyen de réduire les émissions de GES est une idée fallacieuse qui minerait la crédibilité et l'efficacité de l'article 6 et ne permettrait pas de protéger le climat.

Le Canada doit agir rapidement pour respecter et dépasser son engagement de Paris et s'engager sur la voie de l'objectif net zéro d'ici 2050. La réduction des émissions de GES de l'industrie pétrolière et gazière est essentielle à la réalisation de ces objectifs.

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** Faits saillants ( en anglais )
 

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