Skip to Content

Le premier ministre Stephen Harper doit livrer la marchandise à Copenhague

Copenhague, le 17 décembre 2009 - Les négociations à Copenhague sont en état de crise à moins de 48 heures de la fin du Sommet. Une coalition d’ONG canadiennes demandent, à l’arrivée des leaders mondiaux, d’arriver à une entente juste, ambitieuse et contraignante sur le climat.

Tous les yeux de la planète sont tournés vers Copenhague avec des attentes très élevées quant à la conclusion d’un traité qui préviendrait les conséquences catastrophiques des changements climatiques. Le niveau de mobilisation sans précédent que l’on constate à travers le Canada et à travers le monde signifie que les leaders mondiaux ne peuvent arriver, ou quitter Copenhague, les mains vides. Le temps d’agir est depuis longtemps dépassé et le monde veut que des actions concrètes soient prises.

« L’annonce de la Secrétaire d’État Hillary Clinton de fournir un support financier de 100 milliards de dollars aux pays en développement est une avancée importante; il pourrait bien s’agir du début de la percée que nous cherchions ici à Copenhague », explique Dale Marshall de la Fondation David Suzuki. « Pour arriver à un accord ambitieux, nous avons par contre besoin de plusieurs autres bonnes nouvelles de la part de nos leaders, particulièrement de la part du premier ministre Stephen Harper ».

« Le Canada a été fortement critiqué lors de ces négociations pour ces positions largement considérées comme étant inadéquates et injustes, et pour l’absence d’un plan pour réduire les émissions du pays », a expliqué Virginie Lambert-Ferry de Greenpeace Canada. « Le Premier ministre Harper a maintenant moins de 48 heures pour renforcer la position du Canada et fournir un réel élan à ces négociations. Cela commence par un objectif de réduction d’émissions plus ambitieux pour le Canada; la science nous démontre que nous avons besoin d’un objectif de 25 à 40% sous les niveaux de 1990 d’ici 2020 ».

Monsieur Harper doit aussi prendre un véritable engagement concernant le financement relié au climat, un aspect sur lequel le Canada a échoué jusqu’à maintenant lors de ces négociations.

Plusieurs estimations démontrent que le support financier que les pays en voie de développement ont besoin pour s’adapter aux impacts des changements climatiques et pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre devrait s’élever à plusieurs centaines de milliards de dollars. Cet automne, les chefs de gouvernement européens ont affirmé que plus de 100 milliards de dollars par année sont requis d’ici 2020. Aujourd’hui, la Secrétaire d’État des Etats-Unis, Mme Hilary Clinton, a fait une déclaration similaire, demandant la création d’un fonds de de plus de 100 milliards de dollars US par année d’ici à 2020. Il y a ici un fort support pour la création d’un fonds à court terme afin de pouvoir répondre aux besoins urgents et plusieurs pays parlent d’un fonds d’environ 10 milliards par année de 2010 à 2020.

Le Canada n’a pas encore reconnu publiquement l’ampleur du financement dont les pays en voie de développement ont besoin à long terme. Le gouvernement n’a pas non plus fait d’annonces en ce qui a trait au financement, ici à Copenhague.

Les analyses montrent que la juste part du Canada est d’environ 3 à 4 % du total requis. Sur un fonds dédié aux besoins à court terme, cela représente environ 320 à 400 millions par année de la part du Canada. Pour un fonds à long terme, cela représente au moins 3 à 4 milliards par année de nouvel argent provenant des fonds publics canadiens.

« Le financement est un enjeu déterminant dans ces négociations. C’est ce qui fera que ça passe ou ça casse. Et Stephen Harper doit s’assurer que le Canada fasse sa juste part ici à Copenhague », explique Clare Demerse de l’Institut Pembina. « Cela signifie de mettre du nouvel argent sur la table, et non pas de présenter de nouveau de vielles annonces, ou encore de tenter de piger dans le fonds d’aide au développement qui est essentiel à la lutte à la pauvreté. Une entente juste à Copenhague doit d’abord permettre de répondre aux besoins urgents à court terme et prévoir un plan pour la mise en place d’une solution globale dès 2013 ».

Le Climate Action Network Canada-Réseau action climat Canada est une coalition nationale regroupant plus de 50 organisations environnementales, confessionnelles, de développement, syndicales, autochtones, de santé et de jeunes, engagée à faire une réalité des mesures sur le changement climatique prises par le Canada.

-30-

Source:

Marie-Ève Roy
mroy@equiterre.org
Denmark: +45 416 33 795

Éveline Trudel-Fugère
Canada: 514-605-200
etfugere@equiterre.org