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Le transport des sables bitumineux prévu par Enbridge vers l’Ontario et le Québec augmentera la pollution et les risques de fuites de pétrole

Montréal, le 17 mai 2012 – Le plan annoncé par la compagnie Enbridge Inc., mercredi soir, augmentera les risques de fuites de pétrole et la pollution atmosphérique au Québec et en Ontario. En effet, afin d’exporter davantage de pétrole des sables bitumineux albertains vers les États-Unis, Enbridge fera transiter ce pétrole sur le territoire des deux provinces. Cette annonce survient quelques jours seulement avant le début des audiences publiques sur le renversement du flux du pipeline Trailbreaker en Ontario.

« Enbridge veut refiler les risques de déversements toxiques et hausser la pollution atmosphérique sur le territoire québécois et ontarien afin d’exporter le pétrole des sables bitumineux. Le pire est que la compagnie ignore le débat public actuel en outrepassant les audiences publiques qui débuteront prochainement sur les risques d’un tel renversement du flux » indique Gilian McEachern de l’organisme d’Environmental Defence. « L’Office national de l’énergie ne doit pas se laisser berner et doit faire un examen complet du projet prévu par la compagnie », ajoute-t-elle.

Faire transiter du pétrole brut des sables bitumineux à travers ce genre de pipeline serait l’équivalent de déplacer du papier sablé, liquide, extrêmement chaud qui gratte les parois d’un tuyau, ce qui augmente les risques de fissures de pipelines plus âgés et moins solides – le pétrole des sables bitumineux étant plus lourd et difficile à transporter que le pétrole conventionnel. Aux États-Unis, les pipelines qui sont utilisés depuis le plus longtemps pour transporter du pétrole des sables bitumineux au Dakota du Nord, au Minnesota, au Wisconsin et au Michigan, semblables au pipeline Trailbreaker, ont créé des fuites dont la superficie était trois fois supérieure à la moyenne nationale entre 2007 et 2010. De plus, les déversements de pétrole issus des sables bitumineux sont plus difficiles à nettoyer et, lorsqu’ils surviennent, font plus de dommage à l’environnement et à la santé publique que les déversements de pétrole conventionnel.

En août dernier, Enbridge a demandé à l’Office national de l’énergie la permission de renverser le flux d’une partie du pipeline nº 9 qui relie Sarnia (Ontario) à Montréal en présentant le projet comme une « Phase 1 ». « Malgré le fait que les audiences publiques débuteront le 23 mai prochain à London en Ontario, l’annonce d’Enbridge démontre clairement son intention d’inverser l’entièreté du pipeline. L’Office national de l’énergie doit donc évaluer l’ensemble du projet Trailbreaker et non seulement le renversement d’une simple partie de ce dernier », déclare Steven Guilbeault, coordonnateur général adjoint d’Équiterre.

Le projet Trailbreaker ferait transiter le pétrole des sables bitumineux dans les régions les plus densément peuplées du Canada, dont Montréal. En outre, les sondages démontrent que les Québécois sont opposés aux sables bitumineux en raison des impacts environnementaux de cette industrie.

Environmental Defence et Équiterre seront des intervenants officiels lors des audiences publiques de l’Office national de l’Énergie sur ce projet. Alors que ses partisans font valoir les bienfaits économiques du projet pour le Québec et l’Ontario, Enbridge n’a pas réussi à démontrer les impacts économiques de ce plan pour ces provinces.


Pour plus d’informations, consultez :

L'impact des pipelines servant au transport du pétrole issu des sables bitumineux

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Source :
Eveline Trudel-Fugère
Équiterre
514-792-5222