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Les apiculteurs et les groupes environnementaux déplorent le laxisme de Santé Canada à l’égard des pesticides néonicotinoïdes

 

Les apiculteurs et les groupes environnementaux déplorent le laxisme de Santé Canada à l’égard des pesticides néonicotinoïdes

Les groupes considèrent que l’évaluation des risques publiée aujourd’hui est incomplète et décalée par rapport à d’autres juridictions et exigent l’interdiction immédiate de ces pesticides

Montréal, le 11 avril 2019 – Des apiculteurs et des groupes environnementaux sont en fort désaccord avec la décision finale de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) chargée d’évaluer les risques que les pesticides néonicotinoïdes représentent pour les pollinisateurs. Dans la série de décisions publiées aujourd’hui, l’ARLA conclut que les risques que ces pesticides posent pour les abeilles –dans leurs usages les plus courants– sont acceptables.

« L’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire a failli à sa mission d’éviter les risques inacceptables que certains pesticides représentent pour la population et l’environnement », affirme Louise Hénault-Ethier, directrice de projets scientifiques à la Fondation David Suzuki.

L’ARLA a pris sept ans pour compléter l’évaluation des risques que les néonicotinoïdes posent pour les pollinisateurs. Pourtant, contre l’avis des apiculteurs et faisant fi d’une littérature scientifique abondante, l’évaluation finale minimise l’impact des semences enrobées qui représentent l’utilisation la plus répandue de néonicotinoïdes au Canada, et qui sont une source majeure de contamination.

« Les conclusions de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire sur les semences enrobées s’inscrivent en faux contre des évaluations semblables de l’Union européenne qui confirment les risques pour les abeilles dans toute forme d’utilisation des néonicotinoïdes », ajoute Annie Bérubé, directrice des relations gouvernementales chez Équiterre.

L’agence interdira ou exigera des mesures d'atténuation pour certaines usages de trois types de néonicotinoïdes, mais pas avant deux ou trois ans.

Les groupes ont aussi déploré l’approche fragmentaire du Canada dans son évaluation des risques associés à ces pesticides. Des évaluations séparées qui ne sont pas encore achevées ont identifié des risques inacceptables pour les organismes aquatiques, obligeant l’ARLA à envisager une interdiction de la plupart des utilisations des trois néonicotinoïdes les plus courants : l’imidaclopride, la clothianidine et le thiaméthoxame. À ce chapitre, l’ARLA devait publier sa réévaluation globale finale sur l‘imidaclopride en décembre 2018, mais a repoussé le dépôt de sa décision qui ne sera pas rendue avant janvier 2020, au plus tôt.

Les organisations considèrent qu’il est pour le moins incohérent que l’ARLA donne aujourd’hui le feu vert à l’usage continu de plusieurs néonicotinoïdes, et qu’en même temps elle continue d’évaluer leur interdiction totale à cause des risques inacceptables qu’ils pourraient représenter pour l’environnement. Le gouvernement fédéral devrait, en ce sens, arrêter de tourner en rond et confirmer l’interdiction totale, comme l’a déjà fait l’Europe.

Rappelons que l’année dernière, l’Union européenne a interdit toute utilisation extérieure de néonicotinoïdes en agriculture.

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Ce communiqué est émis au nom de : Études d'Oiseaux Canada, Fondation David Suzuki, Équiterre, Les Amis de la Terre Canada, Nature Canada, Ontario Beekeepers’ Association et Prevent Cancer Now


Contact :

Camille Gagné-Raynauld, Équiterre, cgraynauld@equiterre.org 514-605-2000Diego Creimer, Fondation David Suzuki, dcreimer@davidsuzuki.org 514-999-6743

À lire aussi

La décision d'ARLA sur l’imidaclopride
La décision d'ARLA sur la clothianidine
La décision d'ARLA sur le thiaméthoxame
 

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