Skip to Content

Les dirigeants de 12 des plus importantes organisations écologistes du Canada se prononcent sur les progrès du gouvernement fédéral en regard de ses engagements environnementaux

Ottawa, le 9 mai 2018 — Un rapport publié aujourd’hui par les dirigeants des plus grandes organisations canadiennes vouées à la défense de l’environnement examine le progrès du gouvernement fédéral quant à ses engagements électoraux et de mandat en ce qui concerne les enjeux environnementaux qui touchent tout le pays.

Le rapport, intitulé Le temps presse, passe en revue les réalisations des engagements pris relativement à sept importants domaines de préoccupation, notamment les changements climatiques, la conservation de la biodiversité et de l’habitat, les évaluations environnementales, l’eau, la réforme de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (LCPE), les cadres règlementaires pour le secteur de la bienfaisance ainsi que la participation de la société civile aux politiques publiques.

Le rapport fait toutefois état de bons progrès en ce qui concerne certains enjeux, notamment les investissements financiers dans la conservation et la lutte au changement climatique, la réforme de la Loi sur les pêches, le leadership et le financement renouvelés pour la protection des terres, le soutien aux initiatives de conservation menées par des autochtones, l’atteinte de la cible de 2017 pour la protection marine et la suspension des audits réalisés auprès des organismes de bienfaisance sous des motifs politiques.

Bien que le groupe applaudi ce progrès, de lacunes persistent dans plusieurs des domaines faisant partie de l’évaluation:

  • Les cibles canadiennes établies dans le cadre de l’Accord de Paris en ce qui concerne la réduction des émissions de carbone sont rapidement devenues hors d’atteinte, et il est maintenant peu probable que le Canada atteigne ces cibles — déjà insuffisamment ambitieuses — principalement en raison du manque de règlementation des émissions provenant du secteur pétrolier et gazier;
  • Les espèces en péril ne sont pas protégées, particulièrement les espèces parapluie comme le caribou des bois et l’épaulard;
  • La loi relative aux évaluations et aux impacts environnementaux doit être peaufinée;
  • La réforme règlementaire pour les organismes de bienfaisance piétine.

Ce rapport arrive tout juste quelques semaines après que la commissaire fédérale à l’environnement, en collaboration avec les vérificateurs généraux de neuf provinces, eut produit un rapport de vérification stipulant que « la plupart des gouvernements au Canada n’étaient ni en voie de respecter leurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre, ni prêts à faire face aux impacts d’un climat en constante évolution (1) ».

Au cours du même mois, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques a de son côté rendu public un rapport concluant que le monde est confronté à une perte de biodiversité sans précédent qui nécessite des mesures immédiates : « Les meilleures informations scientifiques, récoltées par les plus grands spécialistes internationaux, pointent maintenant vers une seule conclusion : nous devons agir pour arrêter et renverser notre utilisation intenable de la nature. C’est non seulement le futur tel que nous le souhaitons qui est à risque, mais jusqu’aux vies que nous menons actuellement (2). »

La coalition d’organisations canadiennes entend poursuivre sa collaboration avec le gouvernement fédéral afin d’améliorer les conditions environnementales du pays pour permettre au Canada de concrétiser ses engagements internationaux et d’investir stratégiquement ses recettes fiscales dans des projets de conservation et de lutte au changement climatique.

AJOUT AU RAPPORT

Depuis la publication de ce rapport, il y a eu un progrès significatif sur le dossier de gestion des parcs. Le lundi 7 mai, la ministre de l’Environnement et du Changement climatique a publié sa réponse à la table ronde sur Parcs Canada, pour réaffirmer que le maintien de l’intégrité écologique soit la première priorité lors de la prise de décisions, avant leur utilisation par les visiteurs.

Voir le rapport.

Organisations signataires : Équiterre, Ecojustice, Pembina Institute, Greenpeace, SNAP, Fondation David Suzuki, Fondation du Sierra Club du Canada, Centre d’action écologique, West Coast Environmental Law Association, Environmental Defence, Nature Canada, Wildlife Conservation Society du Canada.

Citations et responsables des relations avec les médias

Tim Gray, directeur général, Environmental Defence :
« Les défis environnementaux auxquels le Canada est confronté imposent d’agir de façon plus urgente et plus ambitieuse. Bien que le gouvernement fédéral ait connu un bon départ en ce qui concerne plusieurs enjeux, notamment le changement climatique et la conservation marine et terrestre, nous voudrions qu’il se montre à la hauteur du leadership promis en période d’élection. Le fait que les progrès en matière de protection des organismes de bienfaisance contre le harcèlement politique soient au point mort est particulièrement troublant. »
Demandes des médias : Barbara Hayes, Environmental Defence, 613‑255‑5724
bhayes@environmentaldefence.ca

Megan Leslie, présidente et chef de la direction au Fonds mondial pour la nature Canada :
« Ce bulletin montre que le gouvernement fédéral fait le travail, mais les résultats ne sont souvent pas élogieux, surtout en ce qui concerne le rétablissement des espèces et la protection de l'habitat. Nous espérons que l'allocation de fonds et les plans de travail pour les 1,3 milliard de dollars consacrés à ces questions dans le budget de 2018 permettront d'obtenir de meilleurs résultats. »
Demandes des médias : Philippe Devos, WWF-Canada, 416-453-0092

Éric Hébert-Daly, directeur exécutif au bureau national, SNAP :
« Grâce à l'investissement historique destiné à la conservation consenti dans le dernier budget fédéral, beaucoup de choses pourront être accomplies au cours de la prochaine année. Cela rendra possible l’atteinte de notre engagement international de conservation de 17 % de nos terres et eaux douces. Nous avons hâte de travailler avec le gouvernement fédéral pour en faire une réalité. »
Demandes des médias : Karen Turner, CPAWS, 613-569-7226, poste 232, media@cpaws.org

Steve Cornish, Directeur général, Fondation David Suzuki :
« Le gouvernement fédéral a fait des progrès importants sur certains enjeux environnementaux clés, de l’investissement historique de 1,3 millions $ dans le budget 2018 pour la protection et la restauration de la nature jusqu’au dévoilement récent de la première règlementation sur le méthane au monde. » a déclaré Steve Cornish, directeur général de la Fondation David Suzuki. « Cela dit, si nous prenons au sérieux la protection de l’environnement et l’atteinte de nos engagements climatiques de l’Accord de Paris, le gouvernement doit passer en vitesse supérieure pour transformer les promesses en progrès significatifs sur le terrain.»
Demandes des médias: Brendan Glauser, David Suzuki Foundation, bglauser@davidsuzuki.org

Jessica Clogg, directrice générale et avocate principale, West Coast Environmental Law Association :
« Même si la Loi sur l’évaluation d’impact proposée comporte certains éléments prometteurs, elle laisse néanmoins trop de latitude au gouvernement pour fonder l’approbation des projets sur des motifs politiques plutôt que sur des données probantes. Une loi « de nouvelle génération » sur l’évaluation des impacts doit faire en sorte que les projets ne puissent être approuvés s’ils ne répondent pas à des critères légaux fondamentaux tels que la conformité aux engagements du Canada en matière de climat et le respect des droits des peuples autochtones. »
Demandes des médias : Jessica Clogg, 778-327-8964

Sidney Ribaux, directeur général d'Équiterre :
« En matière d’environnement, le gouvernement continue d’afficher une volonté de changement dans la gestion des dossiers, tant sur le fond que dans la forme. Des actions ont été menées et sont encourageantes, notamment sur le prix du carbone ou la sortie du charbon dans la production d’électricité. Il reste quelques mois pour accélérer la cadence des réformes, notamment sur la question de la transition énergétique. »
Demandes des médias : Camille Gagné-Raynauld, 514-605-2000, cgraynauld@equiterre.org

- 30 - 

(1) http://www.oag-bvg.gc.ca/internet/Francais/parl_otp_201803_f_42883.html [en ligne], consulté le 17 avril 2018.
(2) https://www.ipbes.net/news/media-release-biodiversity-nature’s-contributions-continue-%C2%A0dangerous-decline-scientists-warn [en ligne], consulté le 17 avril 2018.