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L’Ontario s’engage à réduire l’usage des pesticides néonicotinoïdes de 80 % : Le Québec doit se rattraper

Montréal, 26 novembre 2014 – Une première en Amérique du Nord, le gouvernement ontarien annonçait hier la mise en place d’un plan d’action visant à protéger les abeilles et autres insectes pollinisateurs des effets négatifs des pesticides néonicotinoïdes (« néonics »). Équiterre et la Fondation David Suzuki demandent au gouvernement du Québec d’aller au moins aussi loin que son voisin.

Dans un document de consultation, l’Ontario propose un règlement afin de réduire de 80 % les superficies cultivées avec des semences de maïs et de soja traitées aux néonics d’ici 2017.

Au Québec, 99 % des semences de maïs-grain et 30 % des semences de soya sont enrobées de néonics, soit plus de 500 000 hectares de cultures chaque année. « Le gouvernement de M. Couillard doit agir rapidement et interdire dans les plus brefs délais ces pesticides dangereux. La science est claire. Il existe des solutions de rechange. Québec doit également interdire l’usage des néonicotinoïdes à des fins esthétiques, qui sont notamment abondamment utilisés pour lutter contre les vers blancs sur les pelouses. Si l’Ontario n'a pas annoncé d'interdiction des pesticides néonicotinoïdes à des fins esthétiques hier, c'est qu’ils sont déjà interdits et que le Québec devrait en faire tout autant », a indiqué Sidney Ribaux, directeur général d’Équiterre.

« Malgré les dangers actuels et les avantages douteux que présentent les pesticides néonics, l’Amérique du Nord a été inexplicablement lente à réagir - jusqu'à maintenant », a déclaré Lisa Gue, chercheure et analyste à la Fondation David Suzuki. « Nous espérons que le Québec et d’autres provinces, ainsi que le gouvernement fédéral, s’inspirent de l'annonce faite hier en Ontario et qu’il prendra les mesures nécessaires afin de bannir les pesticides néonics partout au Canada », a conclu Mme Gue.

Le 6 novembre dernier, Équiterre et la Fondation David Suzuki postaient au premier ministre du Québec 18 000 lettres de citoyens lui demandant d'interdire la vente et l’usage des pesticides néonics, demandes qui demeurent sans réponse actuellement de la part du gouvernement. L’appel à l’action se poursuit et les citoyens sont invités à demander au gouvernement du Québec de se ranger du côté de la science et d’interdire l’usage des néonics : www.action.equiterre.org

En juin dernier, un groupe international de 29 scientifiques indépendants dévoilait ses résultats après avoir analysé 800 publications révisées par des pairs – un travail colossal réalisé sur quatre années. Leur analyse met en lumière les effets négatifs des néonics sur les abeilles, de même qu’un risque élevé pour un grand nombre d’espèces utiles, dont les papillons, les vers de terre et les oiseaux.

De plus, une étude québécoise démontre que le traitement des semences par les néonics n’augmente pas le rendement des cultures agricoles.
Santé Canada est responsable de l’approbation des pesticides au Canada. Les gouvernements des provinces ont le pouvoir de règlementer l’usage et la vente des pesticides sur leur territoire. La proposition est disponible sur le site du gouvernement de l’Ontario pour consultation et commentaires du public pour une période de 61 jours.

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Pour plus de renseignements :

Manon Dubois, directrice des communications, Fondation David Suzuki
514-679-0821

Nadine Bachand, chargée de projet Choix collectifs, agriculture et pesticides, Équiterre
514 213-3287