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Mesures de soutien à l’adaptation agricole : les recommandations du Rapport St-Pierre aux oubliettes?

Montréal, le 26 octobre 2010 – À la suite de l’annonce de la Stratégie de soutien à l'adaptation des entreprises agricoles hier par le ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Pêcheries du Québec, M. Laurent Lessard, Équiterre tient à rappeler que le rapport St-Pierre regorge de recommandations basées sur une vaste consultation sur l’avenir de l’agriculture au Québec. Réalisée il y a maintenant plus de deux ans, les recommandations tirées de cette consultation n’ont toujours pas été concrétisées.

Tout en reconnaissant l’importance d’une stratégie de soutien pour accompagner les entreprises les plus touchées par la réforme des programmes de soutien agricoles, Équiterre croit qu’il est impératif de se doter d’une vision à long terme et de poser des gestes sans plus tarder pour garantir un virage vert pour l’agriculture québécoise.

À l’instar des rapports St-Pierre et Pronovost, Équiterre estime que tout soutien financier aux agriculteurs doit absolument être écoconditionnel, c’est-à-dire versé seulement lorsque les normes environnementales en vigueur sont respectées, mais aussi conditionnellement à l’adoption de bonnes pratiques agroenvironnementales. Parmi les autres mesures à inclure sans tarder:

· Mettre en place des paiements liés à des pratiques écologiques et sociales, soit qui occasionnent des retombées plus larges que la seule production d’aliments à des fins économiques – aussi appelée la multifonctionnalité de l’agriculture (préservation de bandes-riveraines allant au-delà des normes, soutien à l’emploi rural, soutien à la diversification des cultures adapté à l’environnement local, etc.) avec bonification pour les entreprises mettant en marché des productions biologiques certifiées.

· Appuyer des initiatives permettant aux petites fermes d’une même région de se doter d‘outils ou d’infrastructures à usage collectif (telles que les coopératives d'utilisation de machinerie agricole).

« Le Québec est en retard par rapport à l’Europe et aux États-Unis qui ont intégré la multifonctionnalité dans leurs programmes après avoir constaté les limites de ceux-ci. Nous avons nous aussi conclu il y a maintenant deux ans que nos programmes avaient des lacunes. Il est maintenant temps de les corriger », explique Sidney Ribaux, coordonnateur général d’Équiterre.

Il est crucial que le gouvernement dote le Québec d’une politique et de programmes solides de rétribution financière pour les producteurs qui adoptent des pratiques écologiques, inspirés de ce qui se fait ailleurs au monde et adaptés au Québec.

« Il est temps que le soutien financier aux entreprises agricoles soit harmonisé aux impératifs du développement durable. Les mesures d’adaptation proposées par le rapport Saint-Pierre, tels que des incitatifs pour une protection accrue des cours d’eau, d'une surface en aire protégée et une activité agricole diversifiée, s'inscrivent dans cette voie », affirme Nadine Bachand, Chargée de projet - choix collectifs, agriculture et pesticides.

Rappelons que le gouvernement du Québec s’est engagé à revoir la politique agricole du Québec depuis la publication du rapport Pronovost en février 2008.

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Source :
Éveline Trudel-Fugère
Équiterre
514-605-2000
etfugerre@equiterre.org