Skip to Content

Obsolescence : dévoilement de la première étude pancanadienne sur la fin de vie prématurée des objets

Mieux comprendre le comportement des consommateurs et agir pour freiner le remplacement rapide d'appareils électroménagers et électroniques

 

Montréal, le 24 mai 2018 - C'est aujourd'hui qu'Équiterre dévoilait la première étude pancanadienne sur l'obsolescence et le comportement de remplacement rapide d'appareils électroniques et électroménagers (AEE) des consommateurs canadiens. Cette étude a été réalisée avec la participation de plusieurs partenaires spécialisés en consommation responsable, responsabilité sociétale et économie collaborative dont RECYC-QUÉBEC, l'organisme français Halte à l'obsolescence programmée (HOP), Option consommateurs et le Consumers Council of Canada. L'Observatoire de la consommation responsable (OCR) a été mandaté pour réaliser le travail de recherche sur le sujet.

REDONNER LE POUVOIR AUX CONSOMMATEURS

L'enquête révèle que de plus en plus de consommateurs donnent une fin de vie prématurée à leurs produits, généralement des biens durables, non pas parce que ceux-ci ne fonctionnent plus, mais tout simplement pour des raisons de fonctionnalités techniques, esthétiques ou psychologiques. " Cette enquête auprès des Canadiens met en lumière des solutions pour en finir avec le prêt-à-jeter qui devient la norme et s'insinue dans nos vies. Il est grand temps de redonner le pouvoir aux consommateurs " affirme Colleen Thorpe, directrice des programmes éducatifs chez Équiterre.
Pour le dévoilement de l'étude, un évènement spécial a eu lieu aujourd'hui à la Maison du développement durable (MDD), où s'est déroulé un panel d'experts et une activité " Réparothon ", un événement communautaire et gratuit de réparation d'appareils électroniques offert par Insertech.

L'OBSOLESCENCE : UN NOUVEAU CHAMPS D'ACTION POUR ÉQUITERRE

Préoccupé par la surconsommation qui compromet les efforts de transition vers une économie sobre en carbone, Équiterre s'est engagé, dans son plan stratégique 2017- 2020, à travailler sur la lutte contre l'obsolescence des produits de consommation.
Cette surconsommation entraîne des impacts non négligeables sur l'environnement, sur la santé et sur notre économie. Cette étude représente une première étape de réflexion qui servira à jeter les bases d'une campagne de lutte à l'obsolescence. Elle apporte un éclairage actuel sur la compréhension qu'ont les Canadiens du phénomène d'obsolescence, sur les causes du remplacement rapide d'AEE et sur les pistes de solutions concrètes pour augmenter leur durée de vie, qui visent les citoyens, les entreprises et les autorités publiques.

L'ÉTUDE ET SA MÉTHODOLOGIE

Dans le cadre de cette étude, Équiterre a :
● réalisé une recension des écrits ;
● recensé plus de 80 initiatives porteuses de lutte à l'obsolescence ;
● effectué un sondage auprès d'un échantillon représentatif de milliers de Canadiens sur leur compréhension et leurs comportements du phénomène ;
● identifié plusieurs pistes de solutions.

LES FAITS SAILLANTS DE L'ENQUÊTE :

● 80 % des répondants ont acheté leur appareil neuf, indiquant une faible propension vers le réemploi.
● 86 % des répondants affirment que les AEE sont volontairement conçus pour ne pas durer.
● Moins de 50 % des consommateurs reconnaissent qu'ils jouent un rôle dans le phénomène de l'obsolescence.
● Peu conservent leur appareil aussi longtemps que la durée de vie qu'ils estiment raisonnable.
● Presque 1 consommateur sur 5 peut être qualifié d'" excessif " avec l'acquisition de 5 appareils et plus. Son profil est plus souvent celui d'un homme, plus jeune que les autres répondants (46 ans), propriétaire, ayant des revenus relativement élevés.
● Seulement 19 % des répondants font réparer leurs appareils électroménagers et 26 % pour les appareils électroniques.
● Les tactiques marketing des entreprises telles que les promotions, les programmes de fidélité et les changements de forfaits ont une influence importante sur l'obsolescence.

OBSOLESCENCE VS OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE

Équiterre dirige le débat vers la simple notion d'obsolescence plutôt que sur l'obsolescence programmée, pour éviter les débats polarisés et d'écarter toute responsabilité partagée quant au phénomène.

RÉDUCTION À LA SOURCE

L'étude indique qu'en 2016, 44,7 millions de tonnes de déchets AEE ont été produits à l'échelle mondiale, et d'ici 2021, il est prévu que ce volume augmente de 17 %. " Cette donnée nous alerte sur l'importance d'agir collectivement et efficacement sur la réduction à la source. Cela passe par un important travail de sensibilisation et d'information auprès du public et nous poursuivrons nos efforts en ce sens en plus de continuer à accompagner le citoyen vers le réemploi et nos industries, vers l'économie circulaire. ", souligne Sonia Gagné, présidente-directrice générale de RECYC-QUÉBEC.

Pour lire le rapport au complet : http://equiterre.org/rapport-obsolescence

Équiterre a reçu du financement en vertu du Programme de contributions pour les organisations sans but lucratif de consommateurs et de bénévoles d'Innovation, Sciences et Développement économique Canada. Merci également à RECYC-QUÉBEC pour sa contribution.

-30-

Pour renseignements et demandes d'entrevues :
Camille Gagné-Raynauld
Relations médias, Équiterre
cgraynauld@equiterre.org
514.-701-8134