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Sables bitumineux : de nombreux groupes de l’Ontario, du Québec, du Vermont, du New Hampshire et du Maine soulignent les impacts néfastes d’un projet de pipeline

Montréal, le 19 juin 2012 – Dix-huit organisations américaines et canadiennes dévoilent un nouveau rapport démontrant les impacts que pourraient avoir un projet controversé de pipeline sur l’eau potable et plusieurs espaces naturels du Canada et de la Nouvelle-Angleterre. Selon les auteurs du rapport, le projet, qui ferait transiter du pétrole des sables bitumineux à travers l’Ontario, le Québec, le Vermont, le New Hampshire et le Maine, est hautement risqué. Un déversement impliquant du pétrole des sables bitumineux serait critique pour les cours d’eau, la faune et l’industrie touristique.

Le rapport « À contre-courant : l’Est du Canada et la Nouvelle-Angleterre dans la mire de l’industrie des sables bitumineux » met en lumière de nombreux dangers associés à ce projet. « Contrairement au pétrole conventionnel, les propriétés corrosives uniques des sables bitumineux augmentent le risque de fuites lorsqu’ils sont transportés par pipelines. Le gouvernement américain se questionne présentement à savoir si ce pétrole hautement corrosif et toxique peut être transporté de manière sécuritaire par des pipelines. Il y a donc de quoi s’inquiéter », déplore Steven Guilbeault, coordonnateur général adjoint d’Équiterre.

Rappelons qu’en mai dernier, la compagnie Enbridge a annoncé son plan d’inverser le débit du pipeline âgé de 62 ans, amenant du pétrole de Sarnia en Ontario, jusqu’à Montréal au Québec. Une demande a déjà été faite en ce sens auprès de l’Office national de l’énergie. Inverser le flux de ce pipeline n’est qu’une première étape d’un plus gros projet proposé par Enbridge et Pipelines Montréal, qui vise à faire transiter des sables bitumineux vers Portland au Maine pour l’exportation. L’industrie des sables bitumineux cherche désespérément un moyen d’exporter son pétrole sale à cause de la controverse entourant les projets Keystone XL et Northern Gateway.

« Ce qui est inquiétant c’est qu’Enbridge est responsable des plus grands déversements de pétrole provenant des sables bitumineux aux États-Unis, des déversements qui ont dévasté la rivière Kalamazoo au Michigan. Au Canada, s’il y avait des fuites, le Fleuve St-Laurent et le Lac Ontario pourraient être grandement atteints », explique Monsieur Guilbeault.

Au-delà des risques de déversements, ce projet a évidemment un impact extrêmement négatif sur la lutte aux changements climatiques. En mai dernier, une étude publiée par le département de recherche du Congrès américain confirmait que les sables bitumineux représentent la source de pétrole contenant la teneur la plus élevée en carbone, une source encore plus polluante que le pétrole conventionnel, le gaz naturel ou les autres énergies fossiles.

Les groupes demandent au gouvernement canadien et américain de rejeter le projet d’Enbridge, qui vise à inverser le flux du pipeline, et de mettre en place une étude sur le projet dans son entier, une étude qui analyserait les risques sur l’environnement et sur la santé humaine.

Parmi les groupes signataires du rapport au Québec, on retrouve Équiterre, Environnement Jeunesse, Greenpeace et Nature-Québec.

Le rapport complet est disponible sur le site d’Équiterre


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Source:
Loïc Dehoux
Équiterre
514-605-2000