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Un nouveau rapport souligne l’incapacité de TransCanada à expliquer comment l’oléoduc Énergie Est franchirait d’importants cours d’eau canadiens

Le rapport porte à l’attention du comité d’examen de l’Office national de l’énergie le fait que la demande de TransCanada pour le projet Énergie Est demeure incomplète

Montréal et Toronto, 1er juin 2017 — Alors que le nouveau comité de l’Office national de l’énergie (ONÉ) chargé d’examiner le projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada entame son mandat, un nouveau rapport publié conjointement par Environmental Defence, Équiterre, et la Manitoba Energy Justice Coalition met en garde contre le fait que la demande déposée par l’entreprise omet de l’information essentielle quant à la localisation exacte des traversées sur la rivière des Outaouais, le fleuve Saint-Laurent et la rivière Assiniboine, de même qu’aux méthodes employées pour aménager celles-ci.

Sans cette information essentielle, la demande déposée par TransCanada est incomplète, et conséquemment, le processus d’examen à l’ONÉ ne peut tout simplement pas commencer. Les auteurs du rapport indiquent que l’ONÉ devrait ajourner le processus d’examen du projet Énergie Est, par ailleurs déjà entaché par un scandale, jusqu’à ce que le gouvernement fédéral ait terminé le processus de modernisation en cours de cet organe réglementant les oléoducs. S’il est impossible d’ajourner les audiences, la demande de TransCanada ne peut être jugée complète tant que l’entreprise n’aura pas fourni l’information cruciale sur le franchissement de ces importants cours d’eau, et comblé nombre d’autres lacunes informationnelles.

« Il est alarmant de constater qu’il manque encore de l’information cruciale sur la localisation des traversées qui permettraient à l’oléoduc Énergie Est de franchir la rivière des Outaouais, le fleuve Saint-Laurent et la rivière Assiniboine, de même que sur les méthodes envisagées pour les aménager », dit Patrick DeRochie, gestionnaire du programme Climat et énergie chez Environmental Defence. « Un déversement dans un cours d’eau aurait des effets dévastateurs; pourtant, TransCanada n’est pas en mesure de nous dire comment ce mégaoléoduc franchirait trois des plus majestueux et des plus emblématiques cours d’eau du Canada. En l’absence de cette information primordiale, la demande concernant le projet d’oléoduc est incomplète, et le nouveau comité d’examen de l’Office national de l’énergie ne doit pas commencer à évaluer ce projet risqué ».

Une nouvelle analyse montre que TransCanada n’a pas précisé la localisation de la traversée de l’oléoduc Énergie Est sur la rivière des Outaouais ni la méthode qu’elle compte employer pour l’aménager. Une rupture d’oléoduc sur le segment agité de la rivière des Outaouais menacerait la source d’eau potable des communautés situées en aval, incluant le Grand Montréal et un territoire des Premières Nations. De plus, l’entreprise n’a pas mené les études de faisabilité essentielles concernant le franchissement du fleuve Saint-Laurent par l’oléoduc, en plus d’avoir omis une importante recommandation dans la version française d’un rapport clé.

« Les antécédents de TransCanada en matière de ruptures d’oléoducs semblent alarmants; or, cette entreprise ne peut même pas dire comment l’oléoduc Énergie Est franchirait deux des plus importants cours d’eau du Québec », souligne Steven Guilbeault, directeur principal d’Équiterre. « En aucun cas l’ONÉ ne peut commencer cette évaluation alors que TransCanada n’est même pas en mesure de fournir des détails fondamentaux quant à la protection de notre ressource la plus précieuse : l’eau douce ».

Du reste, TransCanada n’a pas mené ou n’a pas publié d’études sur les impacts de la traversée qu’elle projette d’aménager sur la rivière Assiniboine à proximité de Portage la Prairie, au Manitoba. Malgré le fait qu’un déversement pourrait contaminer l’eau potable des communautés en aval de cette traversée — notamment Portage la Prairie, et les Premières Nations de Long Plain et de Dakota Plains —, la demande de TransCanada omet des détails essentiels sur les risques et les impacts potentiels reliés à cette traversée.

« Énergie Est ne constitue qu’une source de risques pour les Manitobains; il n’offre aucun bénéfice pour eux. Si TransCanada ne peut même pas nous dire comment elle s’y prendrait pour éviter un déversement d’oléoduc dans la rivière Assiniboine, que faut-il conclure dans le cas des milliers de lacs, de rivières, d’aquifères et de ruisseaux que franchirait également l’oléoduc? », indique Nathan Laser, chef de campagne à la Manitoba Energy Justice Coalition. « Le processus d’examen du projet Énergie Est à l’ONÉ est déjà vicié par la controverse. Affirmer que la demande de TransCanada est complète ne ferait qu’enlever à l’ONÉ la crédibilité qui lui reste ».

Le rapport demande également d’ajourner le processus d’examen du projet Énergie Est jusqu’à ce que le gouvernement fédéral ait terminé la modernisation de l’ONÉ. Il demande également que TransCanada publie, dans les deux langues officielles, toute étude approfondie concernant les traversées aménagées sur la rivière des Outaouais, le fleuve Saint-Laurent et la rivière Assiniboine.

À propos d’Environmental Defence : Environmental Defence est l’organisation menant des actions environnementales la plus efficace au Canada. Nous incitons le gouvernement, les entreprises et la population à agir et à changer les choses afin d’assurer à tous une vie plus respectueuse de l’environnement, plus saine et prospère.

À propos d’Équiterre : Avec ses 140 000 sympathisants, 20 000 membres, 200 bénévoles et 40 employés, Équiterre est l’organisme environnemental le plus influent et le plus important au Québec. Équiterre propose des solutions concrètes pour accélérer la transition vers une société où les citoyens, les organisations et les gouvernements font des choix écologiques qui sont également sains et équitables.

À propos de la Manitoba Energy Justice Coalition : la Manitoba Energy Justice Coalition est une alliance de Manitobaines et de Manitobains qui se sont engagés à défendre la terre, l’air et l’eau dans leur province en reprenant possession de leur environnement et en le protégeant, de même qu’en promouvant la justice dans le secteur énergétique.

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Pour plus d’information ou pour une demande d’entrevue, veuillez communiquer avec :

Allen Braude, Environmental Defence : 416 323-9521, poste 247, 416 356-2587 (cellulaire), abraude@environmentaldefence.ca

Ou Dale Robertson, Équiterre : 514 605-2000, drobertson@equiterre.org