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Une autre décision inappropriée concernant les pesticides néonicotinoïdes au Canada

Une autre décision inappropriée concernant les pesticides néonicotinoïdes au Canada

Les pollinisateurs sont toujours en danger

 

Ottawa, le 31 Mai 2018 - Équiterre et la Fondation David Suzuki désapprouvent l’annonce faite aujourd’hui par l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) selon laquelle les risques pour les abeilles de la plupart des utilisations de l’imidaclopride, un insecticide néonicotinoïde, sont acceptables.

« Les résultats de l’évaluation des risques pour les pollinisateurs effectuée par l’Agence canadienne de réglementation ne concordent pas avec de nombreuses études scientifiques qui démontrent que les néonicotinoïdes causent des dommages aux pollinisateurs, y compris l’évaluation scientifique la plus exhaustive de plus de 1 600 études révisées par les pairs et les données provenant de fabricants de pesticides », affirme Lisa Gue, Fondation David Suzuki. Dans une mise à jour de son évaluation des risques de l’imidaclopride rendue publique en février, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a également confirmé la menace sérieuse que ce produit constitue pour les abeilles.

Les pays membres de l’Union européenne ont voté en faveur de l’interdiction, d’ici la fin de 2018, de toutes les utilisations agricoles extérieures des néonicotinoïdes, y compris l’imidaclopride. Les défenseurs de l’environnement affirment qu’il est essentiel de mettre en place une mesure globale similaire au Canada afin de protéger les pollinisateurs, les écosystèmes et la sécurité alimentaire.

« À l’instar des pays européens, le Canada doit rapidement mettre en œuvre un plan d’action global visant à mettre un terme à l’utilisation des néonicotinoïdes. Ces produits chimiques menacent la biodiversité, incluant les pollinisateurs essentiels à la sécurité alimentaire », poursuit Gue.

Si, à l’issue de sa dernière évaluation, l’ARLA a reconnu les risques que posent pour les abeilles certains usages de l’imidaclopride par voie foliaire ou terrestre, elle a toutefois négligé de tenir compte des risques que présente l’utilisation de l’imidaclopride en tant que traitement de semences. Les néonicotinoïdes sont principalement utilisés pour le traitement de semences au Canada, et cette pratique a été reconnue comme une source importante de contamination de l’environnement.

Une évaluation distincte réalisée en novembre 2016 avait permis de déterminer que l’imidaclopride présente des risques pour les insectes aquatiques, et l’Agence avait alors proposé l’abandon graduel des utilisations de l’imidaclopride, mais seulement à compter de 2021, au plus tôt. Cette évaluation de 2016 n’avait pas abordé les risques pour les pollinisateurs.

« Les preuves confirment le besoin urgent de cesser l’utilisation massive des néonicotinoïdes afin de protéger la biodiversité et les pollinisateurs. Des solutions de rechange aux néonics qui sont moins toxiques, abordables et efficaces sont déjà utilisées ailleurs. Les délais persistants dans l’adoption de mesures à cet égard sont injustifiés », d’ajouter Karen Ross, Chargée de projet – Pesticides et Substances Toxiques, Équiterre.

Jusqu’à maintenant, plus de 60 000 Canadiens se sont déclarés en faveur de l’interdiction des néonicotinoïdes au Canada. Agissez (pétition en français et en anglais).

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Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :

Camille Gagné-Raynauld, Équiterre, 514-605-2000, cgraynauld@equiterre.org
Diego Cremer, Fondation David Suzuki, dcremer@davidsuzuki.org, 514 999-6743