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Une nouvelle étude démontre comment l’opposition publique aux projets de pipelines freine la croissance des sables bitumineux; un bénéfice pour le climat

(Washington, Toronto, Montréal) Mardi, le 27 octobre 2015 – Une nouvelle étude dévoilée aujourd’hui démontre que les pipelines permettant d’exporter les sables bitumineux hors de l’Alberta sont déjà exploités à 89 % de leur capacité.

L’étude, dévoilée par Oil Change International en collaboration avec plusieurs groupes écologistes importants, démontre que si les contraintes des marchés se poursuivent, il ne pourra y avoir de croissance dans la production des sables bitumineux et des milliards de tonnes de carbone demeureront dans le sol; une excellente nouvelle pour le climat.

Cette analyse est au centre du nouveau rapport intitulé « Garder sous terre : un terme à la croissance des sables bitumineux » et illustre comment l'opposition citoyenne à travers l'Amérique du Nord a réussi à stopper, ou du moins retarder, les nouveaux projets de pipelines permettant ainsi de garder le carbone dans le sol.

« L'opposition publique grandissante, la diminution des prix du pétrole et le manque d'infrastructures démontrent bien comment la croissance des sables bitumineux n'est pas inévitable» a déclaré Steven Guilbeault, directeur principal d'Équiterre.

« Alors qu'on lui demandait son avis sur le projet Énergie Est lors de l'élection, le premier ministre désigné, alors chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau a déclaré : « les gouvernements donnent des permis, mais c'est à la population de donner sa permission » et clairement, la population dit « non » aux pipelines à travers l'Amérique du Nord » a ajouté M. Guilbeault.

En démontrant le lien important entre la capacité des pipelines et les projets d’expansion des sables bitumineux, l'étude confirme que la construction de pipelines tels Énergie Est, Kinder Morgan ou encore Keystone XL aurait des impacts majeurs sur l'augmentation des gaz à effet de serre (GES).

Le rapport illustre comment tous les projets de pipelines hors de l'Alberta font face à d'importants défis d'ordre légal, à de l'opposition de la part de municipalités, à des barrières réglementaires et à une vaste opposition publique partout en Amérique du Nord. Tous les projets importants ont été retardés de façon significative, certains au point même d'être annulés sous peu. Aucun projet de pipeline n'a été construit depuis 2010, et ce, malgré les efforts de l'industrie pétrolière.

Afin d'évaluer les différents obstacles à la construction des pipelines, Oil Change International a mis au point un modèle d'analyse détaillé appelé Integrated North American Pipelines (INAP). Ce modèle confirme que :

  • Les pipelines actuels sont utilisés à 89 % de leur capacité;
  • L'industrie pétrolière va manquer de capacité dans les pipelines existants d'ici 2017.

Une analyse à la fois des enjeux économiques et climatiques démontre également que :

  • Un développement plus important du secteur des sables bitumineux peut difficilement se réaliser sans une augmentation importante de la capacité de transport par pipeline;
  • Le transport par rail est trop dispendieux et donc ne peut permettre une augmentation importante de la production;
  • Les émissions de GES évitées par la non-croissance du secteur correspondent à 34,6 gigatonnes de CO2 équivalent (soit l'équivalent de 232 centrales au charbon fonctionnant pendant 40 ans).

« Le modèle nous démontre un constat auquel tous les conseils d'administration de ce secteur énergétique concluent; cette industrie n'est plus un secteur où la croissance est possible » affirme pour sa part Tom Sanzillo, directeur des finances pour Institute for Energy Economics and Financial Analysis. « Avec les prix du pétrole prévus, le modèle démontre que les barrières d'accès aux marchés rendent la croissance des sables bitumineux non viable d'un point de vue économique ».

« À l'aube de la conférence de Paris sur le climat, la population nous trace la voie à suivre; en refusant ces projets d'infrastructures, nous évitons de nous enfermer dans un avenir pétrolier que ni le climat, ni l'économie ne peuvent supporter » a déclaré Hannah McKinnon de Oil Change International. « Il est maintenant temps pour nos leaders de reconnaître qu'il nous faut un avenir énergétique plus sûr et propre pour le prochain siècle » ajoute-t-elle.

Alors que le gouvernement précédent a fait face à une opposition internationale forte sur les questions des changements climatiques et de l’énergie, les barrières à la construction de nouveaux pipelines offrent au nouveau gouvernement une occasion de changer de cap.

« Ce rapport est une preuve tangible que la mobilisation fonctionne» affirme May Boeve de 350.org. «C'est une victoire pour le climat, pour le futur et pour toutes les communautés qui sont à l'avant-scène de cette bataille. Alors que le développement des sables bitumineux est freiné, il est temps pour les investisseurs et les politiciens de se tourner vers la transition d'un avenir 100 % renouvelables ».

Vous pouvez télécharger le rapport ici.

Les groupes associés à ce rapport sont: Oil Change International, Bold Nebraska, Environmental Defence Canada, Équiterre, Institute for Energy Economics and Financial Analysis, Natural Resources Defense Council, Sierra Club U.S. et 350.org.


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Pour plus d'information
Julie Tremblay, Équiterre
514 966-6992 / jtremblay@equiterre.org