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Une première en Amérique du Nord : l’Ontario règlemente l’usage des pesticides néonicotinoïdes. Québec doit emboîter le pas

Montréal, 24 mars 2015 – Le gouvernement ontarien a annoncé hier un projet de règlementation visant à réduire de 80 % les superficies cultivées avec des semences de maïs et de soja traitées aux pesticides néonicotinoïdes (« néonics ») d’ici 2017. Il s’agit d’une première en Amérique du Nord, puisqu’il n’y a que l’Europe qui, en 2013, a imposé un moratoire sur l’usage de trois néonics sur des cultures attirant les abeilles. Équiterre demande au gouvernement du Québec d’aller au moins aussi loin que son voisin, en passant à l’action tout en tirant des leçons de la proposition ontarienne.

« La preuve n’est plus à faire quant à l’impact négatif des néonics sur la santé des abeilles. Une bouchée sur 3 dépend de la pollinisation effectuée par les pollinisateurs comme les abeilles, et la quasi-totalité des aliments qui nous apportent nos vitamines et minéraux en dépend. Le gouvernement du Québec doit agir rapidement et interdire dans les plus brefs délais ces pesticides dangereux, tant en agriculture qu’à des fins esthétiques », a déclaré Sidney Ribaux, directeur général d'Équiterre.

Équiterre demande à Québec d’inclure tous les néonicotinoïdes et leurs différents usages, de même que tous les pesticides systémiques, et non seulement trois néonicotinoïdes utilisés en enrobage des semences sur le maïs et le soya, comme le propose l’Ontario pour le moment. « L’Ontario indique qu’il s’agit d’un point de départ. Le Québec peut d'ores et déjà apprendre de l’expérience ontarienne et affirmer son leadership en proposant le meilleur modèle pour protéger les pollinisateurs », a renchéri Nadine Bachand, chargée de projet chez Équiterre.

Utilisés depuis à peine une dizaine d’années, les néonics sont devenus la classe d’insecticides la plus utilisée dans le monde, occupant 40 % du marché des insecticides. Au Québec, la quasi-totalité des semences de maïs-grain et 30 % des semences de soya sont enrobées de néonics, ce qui représente plus de 500 000 hectares de cultures chaque année. Ils se trouvent également dans certains pesticides destinés aux pelouses.
Réduire, voire éliminer les néonics pourrait également avoir des co-bénéfices sur la santé humaine. L'Autorité européenne de sécurité des aliments a conclu que les néonics peuvent avoir une incidence sur le développement du système nerveux humain. Or, nous savons que ceux-ci se retrouvent dans les rivières et les puits échantillonnés par le ministère de l’Environnement du Québec.

Le 6 novembre dernier, Équiterre et la Fondation David Suzuki postaient au premier ministre du Québec 18 000 lettres de citoyens lui demandant d'interdire la vente et l’usage des pesticides néonics, demandes qui demeurent sans réponse actuellement de la part du gouvernement. L’appel à l’action se poursuit et les citoyens sont invités à demander au gouvernement du Québec de se ranger du côté de la science et d’interdire l’usage des néonics : www.action.equiterre.org

En juin dernier, un groupe international de 29 scientifiques indépendants dévoilait ses résultats après avoir analysé 800 publications révisées par des pairs – un travail colossal réalisé sur quatre années. Leur analyse met en lumière les effets négatifs des néonics sur les abeilles, de même qu’un risque élevé pour un grand nombre d’espèces utiles, dont les papillons, les vers de terre et les oiseaux.

La proposition est disponible sur le site du gouvernement de l’Ontario pour consultation et commentaires du public pour une période de 45 jours.

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Pour plus de renseignements :
Nadine Bachand, chargée de projet Choix collectifs, agriculture et pesticides, Équiterre
514 213-3287