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Commerce équitable

Le café

La route conventionnelle du café

Le café que nous dégustons chaque matin est le fruit du labeur de familles agricoles de pays du Sud. La plupart de ces gens, sous-payés et marginalisés, voient leurs droits bafoués. Les paysans sont exposés à des pesticides si toxiques que les pays du Nord en interdisent l’utilisation. Des forêts sont rasées sur des centaines d’hectares et remplacées par de grandes monocultures de café. Cette pratique détruit l’habitat de milliers d’espèces animales et végétales et met en péril la survie de certaines d’entre elles.

Le saviez-vous?

La spéculation est à l’origine des grandes fluctuations du prix du café. Ce sont les Bourses de New York et de Londres qui déterminent les prix. Pourtant, le café est cultivé exclusivement dans les pays du Sud.

Table des matières

Les étapes de la route conventionnelle du café

Il était une fois le commerce international

On raconte que le café a été récolté pour la première fois dans la province de Kaffa (d’où son nom), en Éthiopie, au milieu du 12 siècle. Par la suite, des commerçants auraient apporté le grain de café au Moyen-Orient, où on l’aurait torréfié puis infusé. Après avoir séduit les contrées arabes, le café conquit l’Europe au 17 siècle. La boisson amère suscita un tel engouement que les métropoles pressèrent leurs colonies du Sud de produire du café afin de combler leur nouveau besoin.

Le commerce international des matières premières est un héritage du passé colonial. En effet, les empires coloniaux européens ont toujours modelé l’économie de leurs colonies autour du commerce de matières premières. Fruits tropicaux, riz, café, minéraux, pétrole, etc. étaient envoyés directement aux métropoles qui dictaient les lois du marché.

À l’heure actuelle, même si les anciennes colonies ont acquis leur indépendance politique, elles n’ont jamais pu être autonomes sur le plan économique. La structure de leur économie est toujours dépendante des pays du Nord.

Un producteur de café gagne en moyenne un peu plus de 1 000$ CAN par année…

Pouvez-vous imaginer quel salaire reçoit en contrepartie le président-directeur général de d'Altria (anciennement Philip Morris)?

Eh bien, il gagne plus de 23 millions de dollars us en salaire et compensation en 2001. Peut-on rester indifférent devant un tel déséquilibre?

Le profit à tout prix… Tel est le mot d'ordre de l'économie

L’économie actuelle prône le rendement et le profit maximums, une croissance illimitée et le libre-échange à l’échelle mondiale. Le néolibéralisme dans sa forme actuelle a instauré une situation extrême: accumulation des richesses pour quelques-uns, appauvrissement global pour les autres. En fait, le fossé entre le Sud et le Nord, entre les riches et les pauvres, ne fait que s’aggraver.

Les caféculteurs guatémaltèques gagnent 3 $ par jour pour cueillir en moyenne 100 livres de café…

Saviez-vous qu’il y a environ 25 millions de producteurs de café dans plus de 70 pays ?

Les monocultures d’exportation
Traditionnellement, les petites plantations de café constituaient un écosystème très riche. Cultivés à l’ombre, les caféiers étaient entourés de plantes et d’arbres variés. Cette biodiversité était un habitat idéal pour de nombreuses espèces animales et végétales. Ces petites plantations étant de plus en plus remplacées par des monocultures de café, la diversité biologique n’est plus possible et on assiste à la destruction des habitats naturels de plusieurs espèces.

De plus en plus de terres sont monopolisées pour l’agriculture d’exportation. La monoculture implique la surutilisation des sols, ce qui rend parfois les terres incultivables. Les producteurs se voient obligés d’appliquer des engrais et des pesticides chimiques, ce qui détériore encore davantage l’environnement.

Les produits chimiques… quelle «gammique» !
Forcés d’augmenter sans cesse leur production pour survivre, la majorité des caféculteurs appliquent des engrais et des pesticides chimiques. Si cette pratique permet d’augmenter la productivité pour un certain temps, elle entraîne aussi l’utilisation de pesticides de plus en plus toxiques, certaines espèces nuisibles s’adaptant rapidement aux produits chimiques et y devenant très résistantes. Comme les normes environnementales quant aux pesticides sont peu sévères sans les pays du Sud, sinon inexistantes, dans les pays du Sud, on y importe plusieurs pesticides qui sont interdits dans les pays du Nord en raison de leur haut taux de toxicité. Les effets de cette pratique sur l’environnement, la dégradation des sols et sur la santé des producteurs et de leur famille sont des plus néfastes.

Qu’en est-il des producteurs dans tout ça ?
Les producteurs et les travailleurs de plantations d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie sont coincés dans l’engrenage de la pauvreté. Rarement propriétaires de la terre qu’ils cultivent, ils sont isolés et disposent de peu de ressources. Obligés de limiter leur production aux besoins de l’exportation, et ce, au dépens de l’agriculture de subsistance, il est très fréquent que leur famille souffre de malnutrition.

Les grandes plantations
Les grandes plantations se font de plus en plus omniprésentes dans la culture du café. Elles emploient les petits travailleurs pour quelques mois, le temps de la récolte. Les conditions de travail y sont extrêmement difficiles et les salaires très bas. En Amérique centrale, ces plantations appartiennent à de grandes familles qui sont très souvent liées à l’oligarchie politique, militaire et économique. Au El Salvador, 36 familles produisent 60% du café alors que 15 000 petites fermes se partagent 6% des terres caféières. Au Costa Rica, le nombre de petites fermes ne cesse de diminuer. En dix ans, leur nombre a chuté de 20%.

Les compagnies multinationales… et leur emprise mondiale

Une multinationale est une société qui détient des filiales dans plusieurs pays. Même si chaque compagnie multinationale a un siège social, ses activités s’étendent à plusieurs pays par le biais des filiales qu’elle y établit. Une multinationale asouvent le pouvoir nécessaires pour faire fi des contraintes des gouvernements, tant ceux du Nord que ceux du Sud.

Les multinationales implantent leurs filiales dans les pays en voie de développement, étant donné que la main-d’oeuvre y est très bon marché, que les impôts y sont bas et que les droits des travailleurs y sont généralement moins contraignants et moins respectés qu’au Nord (pas de prestations sociales ni d'assurance chômage, discrimination des femmes, travail des enfants permis, absence de liberté syndicale, faibles normes environnementale, etc.). La présence des multinationales dans ces pays n’améliore généralement pas les choses, bien au contraire. Leur influence et leur poids dans les pays du Sud et dans les marchés boursiers sont gigantesques.

Plusieurs de ces compagnies ont un chiffre d’affaires beaucoup plus élevé que le produit intérieur brut (PIB) de certains pays producteurs de café. Par exemple, Altria et Nestlé ont des ventes annuelles 3 à 5 fois plus élevées que les PIB du Guatemala et du El Salvador… De plus, la mainmise sur le marché du café est exercée par un nombre très restreint de grandes compagnies. Altria détenait en 2001 (propriétaire de Kraft), Nestlé et Sara Lee détiennent à elles seules plus de 45% du marché mondial du café. Ce sont à ces grandes compagnies que revient la majorité des bénéfices. Quand vous payez 5$ pour un paquet de café, le producteur du Mexique, par exemple, reçoit à peine 0,40 $. C’est moins que la tasse de café que vous payez au restaurant ou au café du coin!

Au nord… Consommation…

Les Nord-Américains consomment 40% de toute la production mondiale de café.

Même si 70% de la consommation de café a lieu à la maison, les consommateurs de café apprécient de plus en plus les cafés raffinés… Ainsi, l’on constate la prolifération des cafés gourmets ou cafés-bistros où l’on peut déguster le café de son choix: café au lait, espresso, allongé, cappuccino, etc. Toutefois, ces petits cafés sont pour la plupart des franchises (appartenant à une chaîne), les cafés indépendants étant une minorité. Second Cup, par exemple, dont le centre des activités est à Toronto, détient près de 400 filiales à travers tout le Canada. A.L. Van Houtte possède un réseau de 60 cafés-bistros au Québec. Quant à Starbucks, il prévoit ouvrir sa 2000 franchise pour l'an 2000. La plus importante chaîne de cafés-bistros du monde, ses revenus de 4 milliard par année

Entre 2001 et 2003, les ventes de café certifié équitable au Canada ont fait un bond spectaculaire, passant d’une valeur de 8,3 millions de dollars à 19,4 millions!

Au Québec, le café équitable est distribué dans plus de 1500 points de ventes offrant l’une ou l’autre de la centaine de marques différentes offertes au public.

Le café fait de plus en plus partie de notre quotidien. Au Canada, il se boit, tous les jours telle de café que cette quantité suffirait pour transformer le Stade olympique de Montréal en un immense bol de café!…

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