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Commerce équitable

Le café

La route équitable du café

Le commerce équitable permet aux consommateurs d’utiliser leur pouvoir d’achat pour s’opposer aux inégalités des échanges internationaux. Il soutient le travail de familles productrices de café qui luttent pour l’amélioration de leurs conditions de vie et pour le respect de l’environnement.

Le saviez-vous?

  • Plus de 5 millions de petits producteurs et d’artisans bénéficient du commerce équitable.
  • En Europe, le café équitable est distribué par l’intermédiaire de plus de 35 000 points de vente, sous 130 marques différentes. On trouve aussi à ces endroits du chocolat, du thé, des bananes, du sucre, du jus d’orange et du miel certifiés équitables. On y retrouve aussi de l’artisanat.
  • Le Parlement européen ainsi que les parlements suisse, hollandais, britannique, allemand et belge, et maintenant celui de la Colombie-Britannique, servent du café équitable.

Table des matières

Les étapes de la route équitable du café

Vers de nouveaux rapports Nord-Sud

Le commerce équitable offre un meilleur prix aux producteurs de café, leur permettant de mettre sur pied leurs propres projets de développement durable. Il crée des relations de partenariat basées sur le respect et les bénéfices mutuels entre les producteurs du Sud et les consommateurs du Nord.

La plupart d’entre nous se sentent impuissants face aux problèmes vécus dans le tiers-monde car les déséquilibres nous paraissent souvent trop grands et les solutions inaccessibles. Le commerce équitable est un moyen de remédier à cette situation puisqu’il nous permet d’exercer notre pouvoir d’achat en tant que consommateur. Nous pouvons choisir d’acheter certains produits plutôt que d’autres. C’est sur ce pouvoir que repose le commerce équitable.

Payer un juste prix est une question de justice et non de charité.

Il était une fois le commerce équitable

Les premières initiatives de commercialisation équitable datent des années 1950. En Amérique du Nord, les Ménonites (une communauté religieuse) mirent sur pied l’organisme sans but lucratif Ten Thousand Villages (Dix Mille Villages), qui distribue encore aujourd’hui de l’artisanat et quelques produits alimentaires par le biais de 200 boutiques au Canada et aux États-Unis. D’autres initiatives telles que Bridgehead emboîtèrent ensuite le pas au début des années 1980.

C’est cependant en Europe que le commerce équitable a pris le plus d’ampleur. En 1967, de jeunes Hollandais importèrent des scultures de bois d’Haïti afin de soutenir un groupe d’artisans avec lequel ils collaboraient. Cette initiative connut un tel succès que d’autres individus puis des organismes de solidarité internationale tels que SOS aux Pays-Bas et Oxfam-Grande-Bretagne se mobilisèrent. Des magasins ambulants, puis de véritables boutiques se multiplièrent peu à peu dans toute l’Europe, donnant naissance à 3 000 Magasins du monde.

L’union fait la force
Les producteurs sont au centre des préoccupations du commerce équitable. Le principe fondamental est de leur garantir un juste prix pour leur travail, c’est-à-dire un prix qui couvre leurs coûts de production et leur permet de faire vivre dignement leur famille.

Les paysans sont regroupés en coopérative. Ce sont ces coopératives qui planifient les projets de développement car une partie des profits générés par la vente de leur café sont réinvestis dans la communauté selon les besoins identifiés par les paysans. Dans le cas du café, on effectue de plus les premières transformations du grain à la coopérative, ce qui permet aux producteurs d’obtenir un meilleur prix.

Principes du commerce équitable du café

Commerce direct
Les organisations de commerce équitable (OCÉ) achètent directement de coopératives. Elles éliminent ainsi plusieurs intermédiaires et évitent les spéculations à la Bourse sur les prix du café. Les producteurs et les OCÉ sont des partenaires commerciaux égaux se partageant l’information librement et s’aidant l’un l’autre à atteindre leurs objectifs respectifs.

Crédit
Les coopératives ont accès à un paiement à l’avance ou à un prêt à un taux d’intérêt accessible de la part des acheteurs du Nord.

Engagement à long terme
Les coopératives peuvent compter sur l’assurance que les OCÉ vont acheter leurs produits de manière régulière, ce qui permet aux producteurs de mieux planifier leurs opérations.

Un prix juste
Les producteurs et les OCÉ fixent ensemble un prix qui tient compte des besoins des producteurs du Sud et de la réalité des marchés du Nord. Les producteurs doivent parvenir à couvrir les coûts de leur production et obtenir un profit qui leur permet de subvenir à leurs besoins. Les OCÉ, quant à elles, doivent parvenir à vendre leur café à des prix raisonnables. Dans le cas du café, une livre de café arabica doit être payée un minimum de 1,26$ US la livre. Un prix différent est payé si le café est, de plus certifié biologique soit 1,41$ US la livre.

Protection de l’environnement et développement communautaire
La majorité des coopératives impliquées dans le commerce équitable pratiquent une agriculture biologique (sans utilisation de pesticides ni d’engrais chimiques) et contribuent à la conservation de la biodiversité en cultivant le café sous le couvert des forêts.

Information du public
Les OCÉ s'engagent à diffuser auprès des consommateurs de l’information sur les producteurs et sur la nécessité du commerce équitable. Leurs états financiers doivent être transparents.

Gestion démocratique
Un paysan, un vote. Les groupes de producteurs doivent se partager les profits équitablement, et tous les travailleurs doivent avoir une voix dans le processus décisionnel et la manière dont le groupe est organisé.

La certification équitable

323, rue Chapel, 2e étage
Ottawa (Ontario) K1N 7Z2
Tél.: (613) 563-3351 ou 1-888-663-FAIR Téléc.: (613) 237-5969
Courriel: fairtrade@transfair.ca
Site internet: http://www.transfair.ca

C’est en 1988, aux Pays-Bas, qu’apparaît le premier logo de certification équitable. Celui-ci prit le nom de Max Havelaar, personnage légendaire d’un roman hollandais qui dénonçait la situation des planteurs de café en Indonésie au moment de la colonisation. Comme de plus en plus de produits faisaient leur apparition sur le marché, il était indispensable de garantir aux consommateurs le caractère équitable de ce qu’ils achetaient. A l’image de la certification biologique, des organisations indépendantes effectuent la vérification afin de s’assurer que les critères du commerce équitable sont bien respectés d’un bout à l’autre de la route du café. Il existe 19 organisations de certification équitable, toutes regroupées au sein de la FairTrade Labelling Organizations-International (FLO-International), qui coordonne et tente d’uniformiser le processus de certification. Au Québec, il est aussi possible de se procurer du thé, du cacao, du chocolat et du sucre certifiés équitables dans un millier de points de vente.

Chercher le logo de certification équitable
Au Canada, l’organisme TransFair appose son logo sur le café équitable qui répond aux principes décrits ci-dessus. Quarante-deux entreprises québecoises ont signé une licence d’importation et/ou de torréfaction pour le café équitable. Pour obtenir la liste de ces entreprises et leurs points de vente le plus près de chez vous, il s’agit de visiter des points de ventes d'Équiterre ou de visiter le site de http://www.transfair.ca

Exemples de coopératives

Choisissez la coopérative à visiter

UCIRI
(Union de Comunidades Indigenas de la region del Istmo)

Dans la province de Oaxaca au Mexique, l’UCIRI est un exemple remarquable du commerce équitable. Fondée en 1983, elle est pionnière dans le domaine. Cette coopérative rallie plus de 2 350 familles autochtones d’une cinquantaine de communautés. Chaque famille de producteurs possède son propre représentant au sein de la coopérative.

Les membres de l’UCIRI ont une école d’agriculture biologique où on enseigne des méthodes de culture qui préservent les écosystèmes. Elle est la seule école secondaire de toute la région. L’UCIRI a de plus mis sur pied un centre de santé qui veille à la formation et au soutien des intervenants de chaque communauté. Ceux-ci font surtout de la prévention en matière d’alimentation et d’hygiène. Ils valorisent également l’utilisation de plantes médicinales locales. Non sans se heurter à des embûches de taille, l’UCIRI a réussi à contourner le monopole des coyotes (élites locales) en mettant sur pied son propre système de transport collectif.

Pour plus d'information, visitez la page sur la coopérative UCIRI.

COOCAFE
(Consortium de coopératives de producteurs de café du Guanacaste et de Montes de Oro)

Situé au Costa Rica et fondé en 1988, ce consortium regroupe neuf coopératives de caféculteurs. Ses liens étroits avec ses partenaires européens ont fait de COOCAFE un modèle de commercialisation et de communication. Il a fait des efforts exemplaires de dialogue et de rapprochement entre ses producteurs et les consommateurs du Nord en établissant de nombreux contacts avec les organisations de commerce équitable et en participant à plusieurs conférences.

Très tôt, les membres de COOCAFE ont compris l’importance symbolique et économique de torréfier eux-mêmes leur café, s’octroyant ainsi une meilleure part des profits. Pour bénéficier de ses assises dans le réseau du commerce équitable et pour éviter la dépendance envers le café, les producteurs ont diversifé leur production en y ajoutant des noix de macadam et des croustilles de Yucca et de plantain.

 
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