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Avant-propos

Depuis 1996, l’implantation du commerce équitable est au centre des préoccupations d’ÉquiTerre — anciennement appelé A SEED. Grâce à l’élaboration de matériel éducatif, la présentation de conférences diaporama, une exposition de photographies et une bonne couverture médiatique visant à promouvoir principalement le café équitable, les consommateurs se sont éveillés à l’importance d’un commerce qui respecte les travailleurs ainsi que l’environnement. OXFAM-Québec, Transfair, ENvironnement JEUnesse et les Groupes de recherches d’intérêt public (GRIP) des universités McGill, Concordia et l’UQAM sont nos partenaires dans la campagne Un juste café. Nos efforts communs ont porté fruit, puisque la quantité moyenne de café équitable vendu mensuellement au Québec est passée de 25 kilogrammes à plus de 600 kilogrammes en moins de trois ans.

La réponse des consommateurs à la mise en marché du café équitable est encourageante et est de bon augure pour l’avenir du commerce équitable en Amérique du Nord. Malgré tout, ce n’est qu’un début et d’énormes défis restent à surmonter, particulièrement en ce qui concerne la mise sur pied d’un réseau de distribution étendu.

Pour promouvoir adéquatement le commerce équitable, ÉquiTerre s’est inspiré du succès européen dans ce domaine en visitant la Belgique, la France, la Suisse et les Pays-Bas. Cette tournée a eu lieu en mai 1998 et s’est avérée fort instructive. Laure Waridel et Sara Teitelbaum ont visité huit organisations, trois torréfacteurs et quatre certificateurs en Europe et ont poursuivi leur recherche une fois de retour au Canada.

Les auteures du présent rapport ont travaillé à la promotion du commerce équitable au Québec et elles bénéficient d’un bagage important dans les domaines de la coopération internationale et de la protection de l’environnement. Laure Waridel coordonne la campagne Un juste café et est l’auteure des livres Une Cause café et L’EnVert de l’assiette. Quant à Sara Teitelbaum, elle a grandement contribué à la mise sur pied de la campagne Un juste café sur les campus universitaires avant de participer au projet de recherche d’ÉquiTerre en Europe.

Nous vous présentons donc ici le fruit de leur recherche. Nous espérons que ces pages sauront inspirer de nouvelles actions stratégiques qui permettront l’avancée du commerce équitable en Amérique du Nord et, par le fait même, contribueront au développement durable des communautés de milliers de familles du Sud.

Elizabeth Hunter,
Directrice générale

Pour consulter les documents recueillis en Europe ou pour toute autre information, n’hésitez pas à contacter


2177, rue Masson, bur. 317, H2H 1B1
Montréal (Québec) Canada
Tél.: (514) 522-2000 Téléc.: (514) 522-1227
Courriel: info@equiterre.qc.ca
www.equiterre.qc.ca

Nous tenons à remercier

Au Canada...

Sara Mayo du Groupe de recherche d'intérêt public de l'Université McGill (GRIP-McGill), Janice Astbury et Rosa María Dueña de la Commission de coopération environnementale pour leur soutien. Bob Thomson de TransFair Canada, Lucie Poirier, Isabelle St-Germain, Elizabeth Hunter et Christian Leclerc d’ÉquiTerre pour tous leurs commentaires. Eliane Rocheleau pour la traduction de l’avant-propos. Dominique Bourduas, Claudine Decaux et Jonathan Lessard pour la traduction du chapitre 1 et des sections Pays-Bas et Belgique en français. Louise Dufour pour la révision minutieuse des textes. Noah Chaikel pour ses vérifications pointues et la traduction de la version de ce document en anglais.

Nous devons aussi un grand MERCI à tous les bénévoles de la campagne Un juste café qui se démènent pour l’avancement du commerce équitable en Amérique du Nord. Leurs efforts sont le moteur d’un mouvement bâtisseur de solidarité.

En France...

Alexandra Leroux et Simon Pare de la Fondation Max Havelaar France, Bernadette de Peslovan et Ben Lefy de la Fédération des Artisans du Monde, Laurence Querol de Solidar’Monde pour nous avoir permis de mieux comprendre les enjeux du commerce équitable en France. Merci aussi à Eva Dayot et à sa famille pour leur accueil.

En Belgique...

Denis Lambert, Carole Crabbé, Michelle Dion, Pascale et Valérie des Magasins du Monde Oxfam, Luc Steurs de Max Havelaar Belgique, Anemie Demedts et Marc Bontemps de Oxfam Wereldwinkels pour avoir pris le temps de nous intégrer à leurs horaires chargés. Merci aussi à Lise et Fanny pour nous avoir fait partager leur toit.

En Suisse...

Erik Grobet, Barbara Bordogna et toute l'équipe de bénévoles de l'Association pour le commerce équitable de Genève (ACEG), Didier Deriaz, Jan Suter et Max Leuzinger de la Fondation Max Havelaar Suisse, Frank Engler de Fritz Bertschi AG, Marc-A. Bloch et Élizabeth Louper de La Semeuse, Bernadette Oriet et Philippe Hirsiger de l'Association romande des Magasins du Monde et Daniel Froidevaux de la Commission Tiers-Monde de l’église catholique pour leur générosité et leurs stratégies inspirantes. Quant à l'accueil, un immense merci à Erik Grobet, Mary Waridel, Renée et Charles Jan ainsi qu’à la famille White.

Aux Pays-Bas...

Hans Bolscher, Guillermo Denaux, Jos Harmsen, Marc van Tilburg et Rita Oppenhuizen, de la Fondation Max Havelaar Pays-Bas, Harold Goessens de Fair Trade Organisatie, Jan Willem Top de Neuteboom et Marjoleine Motz du Fair Trade Labelling Organization (FLO), pour nous avoir permis d'avoir une perspective plus juste des défis du commerce équitable en général. Merci à Ann Doherty, Christian et toute l'équipe d'A SEED Europe pour nous avoir
si bien accueillis.

Introduction

Les pratiques actuelles du commerce mondial ne permettent pas le développement durable des pays du Sud. Au nom du remboursement de la dette et de la croissance
économique de ces pays, on met la priorité sur l’exportation, et ce, souvent au détriment des besoins de la population locale et de l’environnement. Le prix des matières
premières des pays du Sud croît moins rapidement que le prix des produits finis des entreprises du Nord. Dans la population, l’écart entre les riches et les pauvres, au Nord
comme au Sud, continue de s’accroître, alors que quelques entreprises multinationales enregistrent des profits records.

L’importance du commerce équitable réside donc dans la nécessité de trouver des solutions d’application locale à ces problèmes globaux. Son objectif est de promouvoir le
développement durable par le biais de relations commerciales basées sur la justice et le respect de l’environnement, cela dans une perspective qui permet l’autonomie des
groupes du Sud.

Le commerce équitable est né en Europe au milieu des années 1960, au moment où les pays du Sud réclamaient des échanges plus justes, plutôt que de l’aide internationale.
L’idée a germé. Depuis, la commercialisation équitable d’artisanat et, plus tard, de produits alimentaires a permis à des milliers de groupes d’artisans et de paysans du Sud
d’améliorer leur situation. Ce mouvement a pris de l’ampleur surtout en Europe de l’Ouest où il progresse à un taux de 5% par année1.

Pour qu’un commerce soit considéré comme étant équitable par les différents organismes engagés dans le milieu, le prix payé aux producteurs ou aux artisans doit leur garantir
un niveau de vie décent.

L’achat doit être fait le plus directement possible afin d’éviter la spéculation et les intermédiaires inutiles. Les organismes du Sud doivent aussi avoir accès à un
préfinancement à un taux d’intérêt raisonnable de la part des acheteurs du Nord avec qui ils entretiennent une relation à long terme. Les modes de production doivent être
respectueux de l’environnement et les organismes gérés de manière démocratique.

Comparativement à l’Europe, le commerce équitable demeure relativement marginal en Amérique du Nord. Peu de gens connaissent sa signification et les points de vente
demeurent encore peu nombreux. Les coopératives de café biologique de nos voisins du Mexique ont pourtant été parmi les premières à s’organiser pour vendre leur produit en
Europe à un prix plus élevé que sur le circuit conventionnel.

Afin de mieux comprendre les facteurs qui ont permis des échanges plus justes en Europe et tenter de voir quelles stratégies devraient être adoptées en Amérique du Nord, nous
dressons ici le portrait du commerce équitable sur le vieux continent. Les deux premiers chapitres sont consacrés à l’historique et au processus de certification équitable, suivis
au chapitre trois par quatre études de cas: les Pays-Bas, la Belgique, la Suisse et la France. Une attention particulière est portée sur le café, ce produit étant celui choisi au
Canada pour ouvrir la porte aux échanges plus justes. Le chapitre quatre est consacré à une analyse des facteurs qui semblent avoir été les plus décisifs pour l’essor du
commerce équitable. Il propose également quelques éléments sur lesquels il serait avantageux de mettre l’accent en Amérique du Nord. La liste et les coordonnées des
intervenants européens se trouvent à la fin du rapport.



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